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Louis Fournel est un auteur de littérature populaire fasciculaire bien mystérieux et, surtout, très prolifique.

On ne sait pas grand-chose de l’auteur, si ce n’est qu’il fut commissaire durant la guerre et qu’il se lança dans l’écriture à la fin de celle-ci.

Ses pseudonymes, du moins ceux qu’on lui attribue, sont très nombreux (Louis de la HattaisJean DelahtLouis DelahtAnne-Marie DelfourAnny DelfourLouise DelfourLuiz DelfourMarie-Louise DelfourJean DelhatLouis DelhatDoleganLew DoleganLew DorsJohn DullJoan DullGoldwin DullerLouise FernelLewis FersonAnne-Marie FervelPeter GreenweyJ. LewrayHarry LiverAndy LoganP. A. LoganAndy SpencerClaire Van Houtte…) et sa production, du coup, l’est encore plus.

S’il écrivit principalement dans le genre policier, pour les éditions S.E.G. et Ferenczi, il s’essaya également aux genres aventures, sentimental, espionnage…

Dans sa bibliographie, on repère au moins deux personnages récurrents : Lew Dolegan, un détective privé anglais et Jim Paterson, alias Mister Silence, un agent secret américain.

Le premier vécu plus de 30 aventures, le second presque 90. Mais tous ces textes furent disséminés au sein de la collection policière « Allô Police » des éditions S.E.G.

« Mademoiselle Souris », un fascicule de 64 pages datant de 1951, contenant un récit de plus de 15 000 mots, met en scène Jim Paterson. Il s’agit de la seconde aventure du personnage et fait suite directe au précédent et premier : « La baignoire de cristal ».

MADEMOISELLE SOURIS

Jim PATERSON, alias « Mister Silence », ancien agent du Bureau Central de Recherches est entré en guerre avec le C.C.C., une organisation criminelle de racket qui a tenté de le compromettre dans un cambriolage puis dans le meurtre d’un directeur d’une banque qui leur servait de couverture.

En retour, Jim PATERSON leur a volé six cents millions de francs.

Mais le conflit est loin d’être terminé, il le sait et le nouveau chef de la bande semble être bien plus dangereux et intelligent que le précédent.

Aussi, quand une belle jeune femme met tout en œuvre pour se faire remarquer par lui, alors qu’il dîne seul, Jim PATERSON décide-t-il de jouer le jeu, de la séduire, de la ramener chez lui pour lui offrir une coupe de champagne.

Tandis qu’il ferme le réfrigérateur, son invitée en profite pour verser quelque chose dans son verre…

Jim Paterson, alias Mr. Silence, est entré en conflit avec le C.C.C., une organisation criminelle qui rackette les commerçants, n’hésitant pas à les tuer en cas de refus.

Alors que le C.C.C. a tenté de le faire accuser de meurtre, Jim Paterson, en retour a volé six millions dans leurs caisses.

Un soir que Jim mange tranquillement en solitaire, il repère une belle jeune femme qui, l’air de rien, fait tout pour attirer son attention. Se doutant d’un piège, il accepte de jouer le jeu et finit par la ramener chez lui où elle tente de le droguer. Mais Jim, prévoyant, à échanger les verres de champagne sans que la femme ne s’en rende compte et, jouant son rôle d’amoureux transit, il en profite pour lui déclamer sa flamme, laissant qu’il possède six millions dans son coffre à mettre à ses pieds.

Au réveil de la demoiselle, celle-ci prétend à un malaise que Jim fait semblant d’accepter.

Le lendemain, Simone, la femme en question, l’appelle pour lui donner rendez-vous le soir dans un restaurant. Jim sait alors que le C.C.C. va tenter de récupérer le trésor en son absence et décide de leur tendre un piège.

On retrouve donc Jim Paterson, alias Mister Silence, dans une autre aventure qui n’est que la suite de la précédente et qui se poursuivra probablement dans le prochain épisode.

Le chef du C.C.C. s’est quelque peu dévoilé, mais démontre une ingéniosité et une férocité sans bornes.

Une nouvelle fois, le récit est très largement dévolu à l’action plus qu’à l’investigation et l’on comprend bien que ce sera le lot de tous les épisodes de la série.

En effet, Louis Fournel a décidé de proposer des aventures à mi-chemin entre celles des détectives hard boiled à l’américaine (ceux des romans noirs) et celui du récit d’espionnage d’action.

Si les personnages sont manichéens, et assez dépourvus d’originalités, il faut pourtant bien reconnaître que l’auteur maîtrise à la fois son format (aidé par une narration s’étalant sur plusieurs épisodes) et surtout le genre.

Étonnant, pourtant, pour un ancien policier, de constater sa prédilection pour l’action plutôt que pour l’enquête.

Alors, certes, il ne faut pas être allergiques aux héros charmants et charmeurs, courageux et téméraires, chevaleresques, chanceux et dur à cuire. Il ne faut pas non plus détester que tous les personnages féminins soient forcément jeunes et beaux et que ces femmes soient vénéneuses ou adorables pour le héros.

On acceptera que Jim Paterson se jette la tête la première sans trop réfléchir pour, ensuite, devoir se sortir des pièges dans lesquels il est tombé.

Mais une fois accepté tout cela, de ce qui est le lot de ce genre de littérature, on ne peut qu’apprécier une lecture qui, à défaut de nous surprendre, nous emballe, nous fait passer un excellent moment, voire, nous emballe et, surtout, nous donne envie de plonger dans l’aventure suivante.

C’est ce qu’il faudra de toute façon faire si on veut connaître la fin de la lutte entre Jim Paterson alias Mister Silence et le chef des C.C.C. alias La Main Jaune… c’est du moins ce que prétend le titre de l’épisode suivant : « La Main Jaune ».

Au final, le second épisode confirme les sentiments laissés par le premier : une série où se mêle action, un brin de romance, policiers, violences… mais qui est dénuée de temps morts.