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Je poursuis la découverte des aventures de Jim Paterson, alias Mister Silence, agent des Bureaux de Recherches américains en disponibilité en France pour prendre du repos.

« La Main Jaune » est un fascicule de 64 pages paru en 1951 aux éditions S.E.G., signé Louis Fournel, contenant un récit de 17 500 mots environ.

Il s’agit là de la troisième aventure du personnage, prolongation des deux précédentes.

Louis Fournel fut un auteur de littérature populaire fasciculaire très prolifique, plutôt attiré par le genre policier, aventures, action. Il fut commissaire à Provins durant la Seconde Guerre mondiale. Mais on ne sait guère autre chose de lui que ses très nombreux pseudonymes (Louis de la HattaisJean DelahtLouis DelahtAnne-Marie DelfourAnny DelfourLouise DelfourLuiz DelfourMarie-Louise DelfourJean DelhatLouis DelhatDoleganLew DoleganLew DorsJohn DullJoan DullGoldwin DullerLouise FernelLewis FersonAnne-Marie FervelPeter GreenweyJ. LewrayHarry LiverAndy LoganP. A. LoganAndy SpencerClaire Van Houtte).

On notera un autre personnage récurrent de l’auteur : Lew Dolegan, apparut dans la même collection « Allô Police » que celles de Jim Paterson, et dont les aventures furent signées… Lew Dolegan.

LA MAIN JAUNE

Jim PATERSON, agent des services secrets américains en disponibilité en France, est entré en conflit avec une organisation criminelle. Celle-ci n’a eu de cesse de l’impliquer dans des vols et des meurtres pour que la police les en débarrasse.

Jim PATERSON est parvenu à identifier le chef de la bande, mais ce dernier s’est échappé miraculeusement.

Depuis, la peur que le bandit se venge sur le banquier Dawson à qui il voulait extorquer la fortune le hante. D’autant que Jim est très épris de Betty, la fille du riche homme.

Ses craintes se vérifient malheureusement le soir de la grande fête donnée dans la villa des Dawson pour les vingt ans de Betty.

Durant la nuit, un coup de feu éclate dans le bureau du millionnaire. Sur place, pas de corps, juste, des traces de sang et une main jaune apposée sur la porte.

Une nouvelle fois, divers indices guident les autorités vers Jim PATERSON.

Fuir les forces de l’ordre, ses ennemis, retrouver le papa de sa bien-aimée, la mission de Jim PATERSON ne sera pas de tout repos…

Jim Paterson est toujours en lutte contre le C.C.C., une organisation criminelle et plus précisément contre Lincoln, son terrible chef.

Il croyait l’avoir abattu, mais celui-ci n’avait apparemment pas été touché et s’était enfui, laissant croire à Dawson, un riche banquier, ancien patron de Lincoln et à qui ce dernier envoyait des lettres de menaces signées « La Main Jaune » pour lui extorquer de l’argent. Dommage, car Jim est amoureux de Betty Dawson, la jeune fille du riche homme. Il craint d’ailleurs pour la vie de celle-ci et est soulagé d’apprendre que la famille Dawson va monter à bord du yacht familial pour retourner aux É.-U.. Mais avant le départ, lors de la fête d’anniversaire de Betty, des coups de feu retentissent dans le bureau de Dawson. La police ne trouve que des traces de sang et une main jaune apposée sur la porte. Dans le coffre-fort, un talon de chèque de dix millions au nom de Jim Paterson. Il n’en faut pas plus à la police pour se convaincre que Jim Paterson a abattu Dawson pour encaisser ensuite le chèque tranquillement.

Mais Jim Paterson, en pénétrant silencieusement dans la villa, durant une nuit, découvre que le crime n’est qu’une mise en scène et que Dawson a probablement été enlevé. Il promet à Betty de le retrouver, mais la tache est loin d’être facile et va se révéler dangereuse et douloureuse.

Étant donné que le récit de ce fascicule fait suite au précédent, qui lui-même faisait suite à son précédent et que, déflorons un peu le suspens, il se prolonge dans le suivant, il n’y a rien d’étonnant que les atouts ou défauts de ce récit soient peu ou prou les mêmes que les autres.

En défaut on notera le manque d’originalité des personnages, le manichéisme usuel de ce genre de récit et la propension du héros à plonger tête baissée dans les pièges et à s’en sortir avec quelques bosses supplémentaires.

Pour les atouts : le rythme, l’action, une plume qui se marie bien au genre et un auteur qui respecte à la fois les codes et les impératifs de ce style de littérature.

Certes, Jim Paterson n’est pas un héros original, mais il devient tout de même attachant par son opiniâtreté et son courage, mais aussi pour sa résistance physique et mentale. L’auteur adoucit un peu son récit avec une touche de romantisme avec cette relation sentimentale qui se noue entre Betty et Jim.

Si l’on ajoute une pointe d’humour, une narration maîtrisée, une intrigue certes simple et linéaire, mais pas ingeste pour autant, on obtient un cocktail savoureux et énergique que l’on dévore en se demandant dans quel piège va encore tomber Jim Paterson, comment il va s’en sortir, en notant les blessures qui lui seront infligées et les verres de whisky qu’il devra ingurgiter pour se remettre.

Au final, rien de nouveau sous le soleil, certes, mais de quoi éclairer de bons moments de lectures.