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« Pouce cassé » est un fascicule de 64 pages publié en 1951 dans la collection « Allo Police » des éditions S.E.G. et signé Fournel.

Il met en scène l’agent américain Jim Paterson alias Mister Silence et est la suite directe d’une histoire débutée dans les épisodes précédents, « La baignoire de cristal », « Mademoiselle Souris » et « La Main Jaune ».

Louis Fournel, écrivit énormément de fascicules, principalement policiers, sous de très nombreux pseudonymes dont Louis de la Hattais, mais on ne sait pas grand-chose de lui si ce n’est qu’il fut commissaire durant la Seconde Guerre.

Jim Paterson vivra en tout près de 90 aventures.

Louis Fournel mit en scène un autre personnage récurrent : Lew Dolegan, un détective anglais qui mena une trentaine d’enquêtes.

POUCE CASSÉ

Jim PATERSON s’est suicidé au gaz dans un cabanon après avoir dévalisé la Banque d’Alger.

C’est en tout cas ce qu’annoncent les journaux à la demande de la Sûreté algérienne.

Maintenant, Jim PATERSON espère que Lincoln, son ennemi juré qui l’a piégé et laissé pour mort, baissera la garde, lui permettant de remonter sa piste et mettre la main dessus.

Pour cela, il compte bien qu’un des lieutenants de ce terrible adversaire viendra à son enterrement pour vérifier la véracité des informations.

Mais les deux hommes tels des champions d’échecs anticipent plusieurs coups et il est bien difficile de savoir qui remportera ce duel impitoyable…

Jim Paterson alias Mister Silence, est mort !

C’est du moins ce que les journaux clament. Mais Jim Paterson est encore vivant, s’étant sorti miraculeusement du piège tendu par Lincoln, son farouche ennemi. Et Jim Paterson espère bien profiter du relâchement de celui-ci pour lui mettre la main dessus.

Certain que Lincoln va envoyer un de ses hommes à l’enterrement de Paterson pour s’assurer de son décès, il compte le suivre pour trouver le lapin au gîte.

Mais quand deux hommes intelligents s’affrontent, comme les champions d’échecs, chacun prévoit plusieurs coups à l’avance. C’est à qui aura le mieux anticipé des deux…

On retrouve donc Jim Paterson dans sa 4e aventure, suite directe de la précédente, et toujours en conflit avec la Main Jaune, alias Lincoln, qui cherche à lui nuire et à faire du mal à Betty Dawson, la fille du milliardaire, dont il est amoureux.

L’ensemble des épisodes, jusqu’à présent et pas que, se tiennent et doivent se lire comme un roman, un roman qui commence à prendre une belle consistance puisque dépassant les 60 000 mots et, gageons-le, atteindra les 100 000 avant que cette aventure ne soit réellement terminée. En clair, comptez qu’il vous faudra lire les deux épisodes suivants : « La mort par procuration » et « Les caves du Cosmopolite » pour en faire le tour.

Aussi, il est compréhensible que chaque épisode puisse recevoir les mêmes louanges et mes idem reproches.

Récit d’aventures et d’actions, cette lutte entre un ancien agent américain et une organisation criminelle et, surtout, son terrible chef tient en haleine, car dénuée de temps morts. Pour autant on reprochera que les personnages soient un peu caricaturaux et que le héros se laisse un peu trop souvent surprendre, mais qu’il a toujours la chance de s’en sortir.

On regrettera que le seul personnage n’étant pas trop manichéen, le policier Jacquier, soit mis très en retrait de l’histoire.

Pour autant, le récit respecte les passages obligés du genre et s’il ne fait pas dans l’originalité, ni dans les personnages ni dans les rebondissements, il se lit avec un réel plaisir, car l’auteur maîtrise bien le genre et possède une plume alerte et agréable.

Pour le reste, les défauts sont inhérents au genre et à l’époque.

Au final, Jim continue à donner de sa personne dans cet épisode et cela va aller en s’amplifiant.