MSCMJ05

Jim Paterson est un personnage créé par Louis Fournel, un auteur énigmatique de la littérature populaire dont la production, immense, se dirigea principalement vers le genre policier. Le fait qu’il fut commissaire de police durant la Seconde Guerre mondiale y est probablement pour quelque chose.

Dans sa bibliographie, on notera la présence de deux personnages récurrents : Lew Dolegan, un détective anglais et Jim Paterson, alias Mister Silence, un ancien agent américain.

Le premier vécut une trentaine d’aventures dans les années 1960, le second près de 90 dans les années 1950. Toutes ont été disséminées dans la collection « Allo Police » des éditions S.E.G., une collection de fascicules de 20 à 64 pages très difficile à cerner.

Si la plupart des titres mettant en scène Jim Paterson sont signés Louis de la Hattais, un pseudonyme de l’auteur, on retrouve, auparavant, en 1951, six titres signés Louis Fournel dans lesquels apparaît le personnage.

Ces six épisodes, de 15 à 18 000 mots chacun, forment une histoire complète et content la lutte entre Mister Silence et la Main Jaune, l’énigmatique et cruel chef d’une organisation criminelle internationale...

MORT PAR PROCURATION

Jim PATERSON, alias « Mister Silence », et son épouse, sont des miraculés. Survivre à l’explosion de l’avion qui les ramenait aux États-Unis, être repêché en plein milieu de l’océan par un cargo de passage… cette chance a de quoi faire enrager la Main Jaune, le terrible chef d’un groupe criminel, qui a juré la perte du couple.

Les mariés trouvent du réconfort chez Mister Bradley, le tuteur d’une amie d’enfance de Betty, qui organise un bal masqué pour changer les idées à la jeune femme.

Mais, alors que la fête bat son plein et que Jim PATERSON s’inquiète de ne plus voir sa dulcinée, les lumières se coupent brutalement et, quand elles se rallument, un cri atroce retentit…

Jim Paterson et sa jeune épouse Betty, se sont retrouvés en plein océan après que l’avion qui devait les amener aux USA ait explosé en plein vol.

Une fois encore, la Main Jaune, le terrible ennemi de Jim, ratait son coup. Repêchés par un navire, Jim et Betty trouvent refuge dans la demeure d’un ami espagnol de Jim. Mais, alors que Paterson revient au bercail après avoir mené des recherches, il tombe sur un homme en train d’étrangler Betty. Il fait fuir l’assassin à temps. Betty est une nouvelle fois sauvée. Mais, ne sachant plus en qui faire confiance, il décide de se tourner vers un jeune noir qu’il a sauvé, sur la route, des griffes de deux ivrognes qui voulaient le pendre. Celui-ci est le frère de Heaven Father, un prêcheur de Harlem que tout un peuple vénère. Mais, même avec toute cette armée derrière lui, Jim Paterson pourra-t-il enfin se débarrasser de la menace qui pèse sur sa femme et lui ???

Décidément, Jim Paterson a la peau dure. Il ne fait pas bon, pour lui et Betty, de voyager.

Suite directe du précédent titre, « Pouce cassé » on comprend très vite, en cours de lecture, que cette histoire se poursuivra (et se terminera) dans le suivant, « Les caves du Cosmopolite ».

Là encore, les 6 épisodes ne formant qu’une seule histoire, on comprendra que les mêmes critiques s’appliquent à chacune d’elles, aussi, je ne vais pas me répéter ici.

On notera, par contre, que cet épisode est un témoignage de son époque et du racisme ordinaire que subissaient certains êtres, notamment les noirs. Effectivement, les propos et les pensées de Jim Paterson, envers le jeune noir à qui il sauve la vie, bien qu’émis par une personne non raciste (Jim, donc) et bienveillante, seraient désormais totalement conspués. Je vous laisse alors imaginer quels pouvaient être les propos des véritables xénophobes de l’époque.

Pour le reste, encore un épisode sans temps mort, même si on reprochera au récit quelques grosses ficelles difficilement crédibles, comme le fait d’être rescapés de l’explosion de l’avion, le sauvetage en pleine mer… mais également la propension des méchants à toujours être trop bavards et de chercher toujours des façons de tuer leur adversaire en lui laissant toujours le temps et l’espoir de s’en sortir (mais c’est un défaut inhérent au genre et aux séries).

Au final, l’histoire se poursuit de façon agréable et rythmée et devrait prendre fin dans le prochain épisode…