TA28

Après une petite pause (assez longue), je replonge dans la Première Guerre mondiale et dans les missions de Thérèse Arnaud, alias l’agent C. 25 du Deuxième Bureau et de ses fidèles lieutenants.

Pour rappel, les aventures de « Thérèse Arnaud, espionne française » est une série de 64 fascicules de 32 pages, double colonne, contenant des récits indépendants d’environ 12 à 15 000 mots et nous contant les diverses missions de Thérèse Arnaud (inspirée probablement de l’espionne Marthe Richard) et de ses affidés : Malabar, colosse et chauffeur ; Languille, acrobate ; Friquet, jeune et débrouillard titi parisien et Marcel, le scientifique de l’équipe. Ils sont chargés de lutter contre les espions allemands qui ont infiltré le pays.

L’auteur de cette série publiée en 1934 est l’énigmatique Pierre Yrondy.

De lui, on ne sait désormais plus grand-chose si ce n’est qu’il fut probablement directeur de théâtre et comédien et qu’il participa à un rallye à bord d’une vieille automobile.

Ce que l’on sait surtout, c’est qu’il est auteur, en plus de quelques romans, de deux séries fasciculaires : « Thérèse Arnaud, espionne française » et « Marius Pégomas, détective ».

« L’exécution de Friquet » est la 28e mission de Thérèse Arnaud.

L’EXÉCUTION DE FRIQUET

Première Guerre mondiale !

Règlements de comptes dans Paris.

Simultanément, à trois terrasses de différents cafés de la ville, un vendeur ambulant est poignardé, un couple est visé par des tirs et un soldat meurt le crâne fracassé.

Dans deux cas, les coupables se sont enfuis. L’autre s’est suicidé au moment où il allait être capturé.

Ces attentats, Thérèse ARNAUD alias C. 25, la célèbre espionne du Deuxième Bureau, les avait prévus, mais ses fidèles lieutenants, envoyés sur les lieux, n’ont pu les déjouer.

Or, Friquet, le plus jeune de ses affidés, est tout de même parvenu à prendre en chasse l’un des ennemis et à le suivre jusqu’à sa tanière…

Seulement, depuis, Friquet ne donne plus de nouvelles…

Des meurtres ont lieu dans Paris, à la terrasse de café. En même temps, en trois endroits, trois attentats : un vendeur de bigorneaux (ouais, à l’époque, il y avait des vendeurs de bigorneaux ambulants) a été poignardé à mort ; un couple a été visé par des tirs qui les ont loupés et l’auteur de ces tirs s’est suicidé avant d’être arrêté ; un soldat s’est fait fracasser la tête par un autre qui a eu le temps de s’enfuir.

À chaque endroit, Thérèse Arnaud ou certains de ses hommes n’ont pu empêcher les drames.

Mais Friquet est parvenu à se lancer à la poursuite du soldat et a débusqué sa tanière. Malheureusement, il a été capturé par les hommes de Mlle Doktor qui voit là une occasion de se venger de Thérèse Arnaud. D’ailleurs, elle l’a prévenu par message qu’elle contenait exécuter son homme le lendemain, profitant de l’occasion pour faire évader une espionne que Thérèse était parvenue à arrêter.

Pourtant, Thérèse Arnaud ne semble pas énervée ni émue de la situation…

Je retrouve donc avec plaisir toute la fine équipe et la plume si particulière de Pierre Yrondy.

Particulière, dans cette série, puisque l’auteur s’évertue à asséner certaines de ses phrases sans sujet et avec une concision rare tandis que, d’un autre côté, il s’amuse à passer d’une narration au passé à une au présent, histoire de dynamiser son récit.

Jusqu’à présent, ces artifices me semblaient parfois vains, d’autres fois surannés et là, allez savoir pourquoi (peut-être est-ce dû à la fameuse pause dont je parlais), j’ai particulièrement apprécié.

Toute l’équipe participe à la mission menée, comme toujours, de main de maître et de cerveau de génie par Thérèse Arnaud. Friquet fait preuve de jambes en feu, Malabar, de toute sa force, Marcel, démontre une nouvelle fois qu’il peut découvrir le moindre indice sur un papier et Languille n’use pas particulièrement de ses dons d’acrobates.

On retrouve également l’un des ennemis récurrents de Thérèse Arnaud, ici, Mlle Doktor qui, une nouvelle fois, espère mettre un terme à l’activité de la plus dangereuse espionne française.

Je ne sais si j’ai été à ce point happé par l’histoire, qui se lit très vite, normal, elle ne s’étale que sur 14 000 mots, mais j’ai été étonné d’arriver aussi vite à la fin (pourtant, je suis un habitué du format) et j’ai trouvé que l’intrigue, du coup, se résolvait trop rapidement. J’en aurai voulu plus (heureusement, il y a encore plus de 35 épisodes à découvrir).

Au final, de belles retrouvailles, rythmées, dynamiques où tous les protagonistes étaient présents, les bons comme les mauvais.