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Ayant apprécié « Chewing-gum et spaghetti », la première enquête du commissaire Roméo Tarchinini de Charles Exbrayat, c’est tout naturellement que je me suis immédiatement tourné vers « Le plus beau des bersagliers », la seconde enquête du commissaire Véronais.

Pour rappel, Charles Exbrayat (1906 - 1989) est un scénariste et écrivain français ayant principalement versé dans le polar et dans l’humour.

La série « Les enquêtes du commissaire Tarchinini » comporte 8 titres publiés en 1959 et 1983 dans la collection « Le Masque ».

Le plus beau des bersagliers :

À Turin, Nino Regazzi, bersaglier dans l’armée italienne, est surtout connu pour son physique avantageux. Et il en brise des cœurs, Nino. Mais à trop jouer de son pouvoir de séduction, il attise jalousies et rancœurs.
Aussi personne n’est surpris quand les agents découvrent son cadavre pendant une de leurs rondes. Le plus beau des bersagliers avait beaucoup d’ennemis et les pistes sont nombreuses.
La police piétine, mais que le coupable ne se réjouisse pas trop vite, car Roméo Tarchinini, le célèbre commissaire véronais, est de passage à Turin… Au risque de passer pour caricatural, Tarchinini est le héros italien par excellence : bon vivant, exubérant, sentimental… Voilà un commissaire qui déteste la violence, voue une passion à sa femme Giulietta et pense que tous les crimes sont passionnels. Pour un Italien, en effet, pourquoi tuer si ce n’est par amour ?

Le commissaire Tarchinini est envoyé à Turin pour une sorte de stage et on lui adjoint l’inspecteur Zampol, un flic veuf, aigri et misogyne.

Un jour, trois jeunes femmes viennent au commissariat pour demander ce qu’elles risqueraient si elles tuaient un jeune homme qui les a trompées les unes avec les autres. Tarchinini les dissuade d’un tel acte et n’y pense plus jusqu’au lendemain où le corps dudit jeune homme est retrouvé poignardé dans la rue, proche de sa caserne. C’est qu’il était beau, le bersaglier, et il le savait, draguant toutes les belles filles du village, passant de l’une à l’autre.

Du coup, les suspects ne manquent pas. Outre les trois jeunes femmes, Tarchinini doit compter également dans le lot le frère d’une autre tombée enceinte et qui a menacé le soldat de mort s’il ne l’épousait pas… et d’autres encore.

On retrouve donc le commissaire Roméo Tarchinini fidèle à lui-même.

Désespéré par la départ de sa fille Giulietta, aux É.-U., avec son mari, rencontré dans le premier opus, Roméo, en plus, est séparé de sa première Giulietta, sa femme, puisqu’il est en mission à Turin.

Si, dans le premier épisode, l’auteur opposait deux hommes, deux méthodes, deux cultures… en les personnes de l’italien et celui de l’américain, ici, le lecteur a de nouveau le droit à une opposition entre deux hommes, deux caractères et deux cultures : celle d’un Véronais, en la personne de Tarchinini, et celle d’un Turinois, en celle de l’inspecteur Zampol.

Aussi, le roman fonctionne un peu sur le même principe que le précédent avec cette opposition entre deux visions du métier et des choses.

Le commissaire Roméo Tarchinini, s’il était le chantre de l’amour dans le premier épisode, prend encore du galon dans le second en se muant en entremetteur cherchant à caser son collègue en qui il devine un grand manque affectif.

En ce qui concerne l’intrigue, tout comme dans le premier épisode, celle-ci est simple (même si les suspects sont nombreux) et tourne (ou semble tourner) autour de l’amour.

Ce n’est effectivement pas le suspens qui passionnera le lecteur (l’identité du coupable ne peut être devinée à l’avance puisque l’auteur ne donne pas toutes les informations), mais bien une ambiance à l’italienne et un humour omniprésent.

On pourra regretter l’omniprésence du tic de langage « eh ? » que les protagonistes, quels qu’ils soient, ne cessent de clamer pour ponctuer leurs phrases.

Pour le reste, un épisode dans la lignée du précédent et qui ravira ceux ayant apprécié la première aventure de Roméo Tarchinini.

Cependant, comme toutes sucreries, je ne suis pas certain qu’on ne risque pas une indigestion à déguster les épisodes à la file les uns des autres.

Au final, un roman drôle autour d’un personnage sympathique et attachant.