ID12

En 1945 paraît, aux éditions S.E.C.M., une collection de 14 fascicules de 24 pages contenant des récits indépendants de 10 000 à 11 000 mots intitulée « Inspecteur Doublet à travers le monde ».

La série est signée Jean Normand, de son vrai nom Raoul Antoni Lematte (1885 - 1956), né à Cherbourg, d’où son pseudonyme.

Raoul Antoni Lematte, après des études de droit, travailla dans l’Administration pénitentiaire en Guyane.

C’est probablement de cette expérience qu’il s’inspira pour ses écrits puisque bon nombre sont des récits d’aventures ayant pour cadre la Guyane et les pays limitrophes. Les intrigues tournent généralement autour des chercheurs d’or et des placers.

Les épisodes de la série « Inspecteur Doublet à travers le monde » mettent également en avant les chercheurs d’or, mais également les Incas ou les galions espagnols et la recherche de trésors.

« Les tueurs de soleil », le 12e épisode, n’échappe pas à la règle. L’intrigue, en effet, mêle trésors, Incas et galions.

LES TUEURS DE SOLEIL

Alors que l’inspecteur Paul DOUBLET excursionne dans les collines au-dessus de Machala, en Équateur, il est témoin d’une agression d’un vieil homme par une troupe d’Indiens.

Paul DOUBLET met en fuite les mécréants et fait connaissance avec celui qu’il a secouru, un important armateur de la région.

Ce dernier lui explique que quelqu’un tente de l’empêcher de sonder les profondeurs des côtes de l’île de Puna où il soupçonne se trouver des galions chargés d’or et de pierres précieuses.

D’ailleurs, deux de ses meilleurs spécialistes des fonds sous-marins ont été kidnappés quelques semaines auparavant sans jamais reparaître.

Paul DOUBLET décide de partir à la recherche des disparus d’autant qu’il a déjà une petite idée sur la piste à suivre…

L’inspecteur Paul Doublet doit faire une escale au Pérou, à Machala, en attendant un bateau pour le Pérou.

Alors qu’il se promène dans les collines au-dessus de la ville, il tire un vieil armateur des griffes d’une bande d’Indiens. L’homme lui explique que, depuis qu’il a décidé de sonder les fonds marins autour de l’île de Puna à la recherche de galions espagnols contenant des trésors, quelqu’un fait tout pour l’en empêcher. C’est d’abord un de ses spécialistes qui fut agressé, avant d’être kidnappé en même temps que son assistant, deux mois auparavant.

L’inspecteur Paul Doublet, persuadé que les Indiens sont derrière tout cela, accepte de se lancer à la recherche des deux disparus. L’armateur met à son service un de ses bateaux et de ses plus fidèles hommes…

Pas grand-chose de nouveau dans cet épisode. Des galions, des trésors, des Incas… que des éléments déjà rencontrés dans la série.

Une nouvelle fois l’intrigue est minimaliste, Doublet trouvant toujours la bonne piste du premier coup.

Comme à chaque fois, on regrette que l’auteur se contente d’enfiler les clichés sur les autochtones, ne cherchant jamais à insuffler à ses histoires une once d’ambiance de reportages sur des sujets et des lieux qui pourtant s’y prêtent à merveille.

C’est d’autant plus étrange et regrettable que l’auteur a débuté sa carrière d’écrivain par romans reportages sur la Guyane, le bagne et compagnie, me semble-t-il.

Une nouvelle fois, dans un genre proche, José Moselli, des décennies auparavant, savait saupoudrer ses récits d’aventures à travers le monde d’informations ou de descriptions (fictives ou non) qui donnaient un peu l’impression aux lecteurs de voyager.

Pour le reste, pas grand-chose à noter, sauf un passage au présent dans un texte narré au passé sans que je n’en saisisse l’intérêt. Peut-être une lubie, qui sait ?

Au final, un récit dans la lignée des autres composant la série. Pas génial, pas immersif, pas exaltant, qui se contente de remplir son office de proposer un petit bout de lecture.