NOB10

Tout le monde l’attendait (enfin… moi) et il revient enfin : Jonas Cobb alias Froggy, le fidèle serviteur et ami de Mister Nobody, le gentleman cambrioleur né de la plume d’Edward Brooker.

Pour rappel, « Mister Nobody, l’Homme au masque de satin » est une série de 16 fascicules de 16 pages, double colonne contenant des récits indépendants d’environ 12 000 mots parus en 1946.

Le héros est un ersatz d’Arsène Lupin, comme il en existe tant dans la littérature populaire de l’époque. Personnage moins flamboyant, moins complexe, disposant de moins de moyens humains et financiers que celui de Maurice Leblanc (format court oblige).

Edward Brooker est un écrivain dont on sait peu de choses. Un nom : Édouard Ostermann ; une année de naissance : 1904 ; sa production : des romans policiers ou d’espionnage avant la Seconde Guerre mondiale, des séries fasciculaires durant la guerre.

Parmi ces dernières, « Mister Nobody, l’Homme au masque de satin ».

« Le retour de Froggy » est la 10e aventure du cambrioleur.

LE RETOUR DE FROGGY

Mister NOBODY, le gentleman cambrioleur, tente d’oublier ses déboires amoureux dans la chaleur égyptienne.

Dans un palace du Caire, il est abordé par Mrs Harriet Wookey, une imposante femme d’un certain âge.

D’abord convaincu que la grosse dame est éprise de lui, Mister NOBODY en vient rapidement à soupçonner qu’une autre raison l’a poussée à l’accoster et à se montrer si empressée à son égard.

Laquelle ?

Pour répondre à cette question, il sera bientôt aidé par son ancien serviteur, Jonas Cobb, alias Froggy, qu’il croise, par hasard, dans les rues de la ville, saoul comme une bourrique…

Après sa désillusion avec Évelyne, Mister Nobody s’en est allé au soleil, au Caire. Dans un palace, une vieille et grosse femme l’aborde et tente de lier amitié.

Mister Nobody pense d’abord lui avoir tapé dans l’œil, mais les façons de la dame finissent par lui laisser supposer qu’elle a d’autres raisons que celles du cœur pour ainsi s’accrocher à lui.

Alors qu’il tente de résoudre ce mystère, il tombe miraculeusement sur son ancien serviteur, son ami Jonas Cobb, alias Froggy, qui débambule dans les rues de la ville, ivre mort. Celui-ci tente d’oublier, dans l’alcool, le décès de sa femme, la vieille et riche Mrs White, qu’il avait rencontrée lors d’une croisière.

Tous deux… enfin, surtout Mister Nobody… ils vont tenter de comprendre ce que cherche la grosse dame du palace…

Après trois épisodes délaissant un peu l’ambiance du début de la série pour se concentrer sur la romance entre Mister Nobody et Évelyne, on était en droit d’espérer, après le départ de la belle, que la série retrouve ses marques.

Certes, ce n’est pas encore tout à fait le cas dans ce 10e épisode, mais le retour de Froggy laisse espérer que l’humour revienne.

Il ne manquera plus, aux deux amis, de retourner à Londres pour se replonger dans les affaires, afin que les choses reviennent à la normale.

L’histoire se partageant entre le mystère de cette vieille dame et le retour de Froggy, on comprend que 12 000 ne suffisent pas à tout développer (déjà que cela ne suffit pas pour proposer une réelle intrigue…).

Aussi, l’auteur va proposer une intrigue assez simple et linéaire et, il faut bien l’avouer, relativement prévisible.

Le lecteur se doute bien avant Mister Nobody là où veut en venir la vieille dame, mais là n’est pas un gros problème dans ce genre de format court.

Pour le reste, le plaisir de retrouver Jonas Cobb est bien présent (aussi bien pour Mister Nobody que pour le lecteur), même s’il n’a pas le temps d’apporter la touche d’humour usuelle.

On espère que cela sera le cas dans le prochain épisode.

Au final, un épisode un peu charnière, remettant la série dans le droit chemin.