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Difficile de trouver de nouvelles choses à dire ou d’autres façons de formuler les mêmes informations à propos d’un auteur que j’ai déjà tant de fois abordé : Henry Musnik.

Car Henry Musnik, bien que né au Chili en 1895, fut l’un des grands pourvoyeurs de la littérature populaire fasciculaire française.

Sous son nom ou plus souvent sous divers pseudonymes (Alain Martial, Jean Daye, Pierre Dennys, Gérard Dixe, Pierre Olasso, Claude Ascain… et bien d’autres), il signa un nombre impressionnant de récits dont la plupart furent publiés sous la forme de fascicules pour intégrer des collections d’aventures, jeunesse, policière…

Mais c’est avant tout et surtout dans ce dernier genre que l’auteur, ancien journaliste sportif, se distingua.

En la matière, difficile d’établir une liste exhaustive parfois artificiellement gonflée à coups de rééditions ou de réécritures (même histoire, noms de personnages différents, signature avec un autre pseudonyme, publié dans une autre collection, chez un autre éditeur)…

Dans ce lot impressionnant de titres et d’histoire, on retrouve souvent des personnages récurrents, mais des personnages, dont les aventures sont noyées parmi celles d’une collection policière quelconque.

Ainsi, dans la collection de plus de 400 titres, « Police et Mystère », des éditions Ferenczi, à la fin des années 1930, on peut déceler 25 titres mettant en scène Jack Desly, un gentleman cambrioleur (l’auteur en a fait vivre plusieurs) assisté par son fidèle serviteur annamite, Nan-Dhuoc.

« Le secret du Coin Tranquille » est la 15e aventure de Jack Desly.

LE SECRET DU « COIN TRANQUILLE »

Jack DESLY, gentleman cambrioleur, en a assez de la vie parisienne et de ses inconvénients. Aussi a-t-il loué la villa « Coin Tranquille » sise à La Varenne, au bord de la Marne.

Mais, la propriété porte plutôt mal son nom.

Effectivement, après avoir refusé de céder sa place à un homme négociant à bourse délier pour le convaincre, voilà que ses aîtres sont victimes de dévaliseurs.

Et quand il se rend chez son propriétaire pour demander l’autorisation de changer toutes les serrures, il apprend que celui-ci a disparu…

Pour Jack DESLY, il n’y a plus de doute, le « Coin Tranquille » cache un secret qu’il est bien déterminé à découvrir…

Décidément, Jack Desly en a marre de l’exiguïté de son appartement parisien, de la surveillance incessante d’hommes de l’inspecteur Arthème Ladon, son ennemi juré, de devoir ranger sa voiture dans un garage éloigné… aussi a-t-il décidé de louer la villa Coin Tranquille, dans le village de La Varenne.

Mais à peine installé, l’agent immobilier vient le voir pour lui proposer une autre villa, car un client très généreux désire ardemment louer le Coin Tranquille. Mais Jack Desly refuse la proposition.

Un soir, alors qu’il s’apprête à partir avec Nan-Dhuoc en « mission », une panne de voiture l’oblige à rentrer à la villa plus tôt que prévu. Il y surprend un cambrioleur qui parvient à s’échapper non sans avoir assommé Nan-Dhuoc.

Aucune trace d’effraction, le voleur devait avoir des doubles. Aussi, Jack Desly décide de rendre visite à son propriétaire pour demander l’autorisation de changer les serrures. Mais celui-ci est absent et sa femme semble très soucieuse. Jack Desly parvient à apprendre que son mari a disparu…

Aucun doute, le cambriolage et la disparition sont liés et Jack Desly va tout faire pour trouver le secret du Coin Tranquille.

En lisant en parallèle deux séries de l’auteur, « Daniel Marsant contre le Grand Maître » et « Jack Desly, gentleman cambrioleur », je constate combien mon plaisir de lecture est bien différent de l’une à l’autre alors que les formats sont les mêmes (fascicules de 64 pages, des récits d’environ 18 000 mots).

Mais le genre, lui, est différent. La première s’inspire des aventures de Fantômas, la seconde, plutôt de celles d’Arsène Lupin.

Puis, les personnages aussi diffèrent. Dans un cas, un agent secret, de l’autre, plutôt un duo, Jack Desly et Nan-Dhuoc.

Et si le héros est Jack Desly, il faut bien avouer que c’est le personnage de Nan-Dhuoc qui apporte cette petite touche d’humour qui fait la différence et également la sympathie du lecteur.

Alors, bien sûr, étant donné la concision inhérente au format, on se doute que l’intrigue sera simple et elle l’est. Mais peu importe, ce n’est pas cela qui compte.

Pour le reste, on apprécie que Nan-Dhuoc soit plus présent que dans certains autres épisodes. On retrouve également l’inspecteur Arthème Ladon, toujours le dindon de la farce.

Comme toujours, Jack Desly s’avère perspicace.

Au final, un épisode dans la lignée des précédents, agréable à lire avec un petit peu plus de Nan-Dhuoc que d’ordinaire.