GM13

Henry Musnik fut un des principaux fournisseurs de récits fasciculaires entre 1930 et la moitié des années 1950.

Son immense production (principalement dans le genre policier, mais pas que), il la signa de nombreux pseudonymes dont Claude Ascain, Jean Daye, Pierre Dennys, Alain Martial, Pierre Olasso, et bien d’autres encore.

S’il a gonflé sa bibliographie en reprenant certains de ses récits en changeant le nom des personnages et en les signant d’un autre pseudonyme pour les proposer à d’autres collections chez d’autres éditeurs, le nombre de ses récits originaux demeure impressionnant, d’autant qu’il écrivit également des articles pour des journaux et des magazines.

Pour écrire vite et court (les fascicules de 32 pages contiennent des récits de 10 à 12 000 mots et les 64 pages environ 18 000 mots), Henry Musnik a souvent fait vivre des personnages inspirés de héros connus de la littérature policière. Principalement le policier ou le détective de romans noirs américains ou des gentlemen cambrioleurs à la Arsène Lupin.

Dans le cas de Daniel Marsant, agent du Deuxième Bureau, en lutte contre le génie du crime, le Grand Maître, le chef d’une organisation criminelle internationale qui a l’habitude de prendre de multiples personnalités sous de nombreux déguisements, l’inspiration est indéniablement à retrouver du côté de Fantômas.

Les deux protagonistes vécurent 17 aventures, sous le format fasciculaire de 64 pages qui parurent à la fin des années 1930, début des années 1940, au sein de la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi, une collection réunissant plus de 400 titres d’auteurs différents.

Ces aventures étaient signées Claude Ascain.

« Un prince a été enlevé » est la 13e confrontation entre les deux ennemis.

UN PRINCE A ÉTÉ ENLEVÉ

Daniel MARSANT, agent du Deuxième Bureau, est envoyé à Nice pour retrouver un prince de la cour Royale de Baroniast enlevé durant le Carnaval.

Mais, alors que Daniel MARSANT débute à peine son enquête, le tuteur du disparu reçoit une lettre écrite par le Dauphin expliquant qu’il a fait une fugue pour rejoindre une jeune femme rencontrée pendant la soirée et qu’il refera surface dans quelques jours.

Pourtant, Daniel MARSANT décide de rester sur place pour s’intéresser à une tout autre affaire, celle d’un homme poignardé dans la nuit…

Le jeune prince d’un pays imaginaire a disparu de sa chambre d’hôtel, à Nice, en pleine nuit. Son garde du corps a été assommé et chloroformé et son tuteur fait appel à la police pour le retrouver, tout en exigeant la discrétion la plus absolue.

Daniel Marsant est envoyé sur place pour retrouver le disparu, mais, bientôt, le tuteur reçoit une lettre du prince lui apprenant qu’il a fugué pour retrouver une jeune femme et passer quelques jours de liberté et de bonheur à ses côtés avant de rentrer docilement reprendre sa place.

Pourtant, Daniel Marsant décide de poursuivre son enquête et, pour se faire, s’intéresse au cas d’un jeune homme poignardé la même nuit dans un coin sombre de la ville…

Pas grand-chose à dire de plus sur cet épisode que sur les précédents tant Claude Ascain reprend exactement les mêmes ingrédients, dans le même ordre.

Effectivement, l’épisode débute par un fait divers plus ou moins banal (ici, deux, en fait, la fugue et l’agression) fait divers qui, bien sûr, implique le Grand Maître, le génie du mal, l’ennemi juré de Daniel Marsant.

Après moult déguisements de la part de l’un et de l’autre, un peu de chance, Daniel Marsant retrouvera la piste du Grand Maître. Le Grand Maître le capturera, mais Marsant, avant de mourir, s’échappera et, au moment où il pensera enfin arrêter le Grand Maître, celui-ci s’évaporera.

Bon, c’est comme toujours.

Toujours beaucoup de chances d’un côté (pour trouver les pistes, les indices et pour s’échapper des griffes du Grand Maître).

Toujours des atermoiements de l’autre, car, plutôt que d’abattre Marsant dès que possible, le Grand Maître lui laisse toujours du temps pour pouvoir s’échapper.

Rien de bien nouveau, donc, mais une recette que l’on accepte, si on enchaîne les épisodes, mais qui peut se montrer un peu lassante à force (raison pour laquelle il ne faut pas les enchaîner trop vite).

L’intrigue, bon, passe au second plan puisque l’on sait dès les premières lignes que le Grand Maître est derrière tout cela et qu’il parviendra à s’échapper à la fin.

Les personnages sont donc manichéens à souhait, comme voulu par le genre (le sous-genre) abordé et comme le veut la référence à Fantômas et consorts.

Dans le dernier chapitre, comme à l’accoutumée, Daniel Marsant expliquera à ses auditeurs comment il a fait pour tout comprendre et ce qu’il s’est réellement passé.

Au final, un épisode dans la lignée des précédents, ni meilleur ni plus mauvais.