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« Onde de choc sur Gruissan » est un roman paru en 2016 chez T.D.O. Éditions. Il est signé Claude Depyl et s’inscrit dans une série développée autour du personnage du lieutenant Constantin Grégorio et fait suite au premier titre : « Du sang dans les embruns ».

Je précise cette dernière information, car je pense que le fait que je n’ai pas lu le premier opus et pour quelque chose dans le fait que je n’ai pas aimé ce roman (mince, j’ai révélé la fin de mon article).

Claude Depyl, bien que né à Lille, est installé, au moins depuis sa retraite en 2008, à Gruissan.

Rien d’étonnant, donc, que certains (la plupart) de ses récits se déroulent dans cette région.

Onde de choc à Gruissan :

La découverte fortuite du cadavre d’une journaliste parisienne dans le massif de la Clape bouleverse la quiétude de Gruissan. Le SRPJ de Montpellier envoie ses meilleurs hommes sur le terrain pour résoudre au plus vite cette enquête et rassurer la population. Mais quand un second cadavre est déniché non loin de là, le lieutenant narbonnais Constantin Grégorio et ses équipiers comprennent qu’ils ont affaire à un tueur en série. Onde de choc sur Gruissan est un roman policier qui conduit le lecteur des chalets de Gruissan à l’abbaye de Lagrasse, en passant par la nécropole wisigothe du Minervois. Ce volume est la seconde aventure mettant en scène l’inspecteur Grégorio, faisant suite à Du sang dans les embruns.

Le corps d’une femme sans tête est retrouvé par des promeneurs dans les massifs autour de Gruissant, alors que l’été approche. Dans le même temps, le lieutenant Constantin Grégorio s’apprête à reprendre du service après un congé nécessaire à se remettre d’une enquête précédente durant laquelle il avait dû arrêter la femme qu’il aimait. Bientôt, on retrouve la tête de la victime, en compagnie de la tête d’un homme, dans un tombeau wisigoth situé sur le Moural des morts près de Carcassonne…

Je n’en dirais pas plus dans mon résumé… puisque je ne le pourrais point, n’ayant pas lu au-delà, un au-delà qui représente tout de même presque un tiers du roman.

Je me suis lancé dans cette lecture par goût de découvrir un peu plus les romans policiers publiés par un éditeur de ma région que je connais un peu : T.D.O. Éditions.

Mais aussi parce que le fait de découvrir un policier poète allait me changer des flics brutaux, alcooliques, dépressifs, dont la littérature policière contemporaine regorge.

Malheureusement, le côté poète du personnage, je n’ai pas vraiment eu le temps de le rencontrer.

Il faut avouer que la présentation de Constantin Grégorio, après une première scène sur la découverte du corps, s’étend un peu, voire, s’étire, revenant sans cesse sur des évènements ayant eu lieu dans le précédent roman.

Remettre un personnage dans son contexte, pour le cas où le lecteur n’aurait pas lu les épisodes précédents, est certes une nécessité évidente, mais aussi difficile à mettre en place. Rappeler sans lasser, sans donner l’impression de se répéter, pour les lecteurs qui ont eu la bonne idée de débuter la série dans l’ordre, voilà qui n’est pas aisé. Mais, dans les deux cas, il faut savoir le faire avec concision, sans lourdeur, sans donner l’impression au lecteur qui découvrirait le personnage, qu’il a bien eu tort de ne pas lire le premier épisode.

C’est malheureusement un peu le cas ici. Les allusions incessantes au précédent épisode, même si les détails ne sont pas nécessaires à la compréhension de l’histoire, ne cessent de mettre le lecteur que je suis devant sa faute (débuter une série par un autre épisode que le premier). Je n’aime pas que l’on me mette face à mes torts. Une fois, j’admets, j’accepte. Ensuite, cela a tendance à m’agacer.

Ensuite, le second point qui m’a fait abandonner, c’est que l’enquête met beaucoup de temps à démarrer. D’ailleurs, j’ai stoppé ma lecture avant même que l’enquête ait réellement démarré, c’est peu dire.

Or, quand l’auteur s’attarde, avant de se lancer pleinement dans le sujet du livre, il faut qu’il soit fort doué pour conserver mon attention. Tout le monde n’a pas cette capacité à raconter de façon captivante des futilités.

Enfin, ce qui a fini de me convaincre de refermer le livre avant la fin, ce sont les joutes verbales entre Constantin et Rita, une jeune femme rencontrée sur la plage et que Constantin reverra par la suite (mais je ne sais pas combien de fois puisque je me suis arrêté à la seconde rencontre) durant lesquelles les deux personnages sont censés flirter d’une façon un peu railleuse et piquante. Des dialogues, donc, dont on attend à la fois de l’humour, du rythme et de la répartie à défaut de quoi ceux-ci tomberont à plat et deviendront rapidement rébarbatifs. Bon, pour moi, ils sont vite devenus rébarbatifs.

Avec tous ces défauts, il aurait fallu une sacrée plume à l’auteur pour me retenir. Un style incomparable, éblouissant, qu’il n’a malheureusement pas (en tous cas, pas pour moi).

Car j’ai trouvé la plume un peu fade, les circonvolutions littéraires manquaient de rondeurs, d’humour et tout simplement d’intérêt.

Au final, peut-être aurais-je apprécié ce roman si j’avais débuté par le premier titre de la série, mais au vu des défauts autres que les références à l’épisode liminaire, j’ai un peu de mal à le penser sincèrement.