NP-LFI

Nat Pinkerton est un personnage littéraire créé par un ou des auteurs allemands pour surfer sur le succès de la série Nick Carter dont les traductions déferlaient avec succès sur toute l’Europe du début du XXe siècle.
Traduite et diffusée en France par le même éditeur que Nick Carter (Eichler, puis Sobelli), la série reprend les mêmes caractéristiques à peu de chose près (fascicule de 32 pages, simple colonne, là où les Nick Carter proposent 32 pages, double colonne. Du coup, un texte moitié moindre d’environ 10 000 mots).
Le traitement de l’éditeur est le même, même format, même genre de couvertures…
Mais là où Nick Carter œuvre dans les grandes villes et dans les bas-fonds, Nat Pinkerton travaille, lui, plutôt dans les grands espaces, offrant un aspect moins moderne, plus « Western » à la série qui se rapproche plus, dans l’esprit, de la série fasciculaire « Buffalo Bill » de la même époque.

« Les faux Indiens » fut publié au tout début des années 1900, aux éditions Eichler, n° 160 de la collection.

LES FAUX INDIENS

Des Indiens ont attaqué la ferme de John Everton. Ils ont abattu son ami Fred Barnes qui s’était interposé et volé l’argent résultant de la vente des récoltes…

Les recherches et les battues n’ayant rien donné, John Everton se rend à New York pour solliciter l’appui du grand détective NAT PINKERTON

Arrivé sur les lieux du drame avec son fidèle lieutenant, NAT PINKERTON se fait expliquer l’agression en détail.

Très vite, il est persuadé qu’il ne trouvera pas les coupables au sein des Peaux-Rouges que la population haineuse désigne pourtant du doigt…

Des Indiens ont pillé la ferme des Everton, dérobé l’argent de la vente des récoltes et tué un ami de la famille présent sur place. Criant vengeance, Everton fait appel au grand détective Nat Pinkerton. Mais ce dernier contrairement aux apparences (peut-être a-t-il lu le titre et vu l’illustration de couverture) est rapidement persuadé qu’il s’agit de faux Indiens et va chercher qui se déguise pour commettre des crimes et faire retomber la culpabilité sur les Peaux-Rouges.

Autant le dire tout de suite, la série « Nat Pinkerton » ne fait pas dans la subtilité. Pas le temps, me direz-vous, quand on propose un récit sur seulement 10 000 mots. Mais, tout de même…

Ainsi, les intrigues sont minimalistes et les enquêtes le sont encore plus. Effectivement, en une explication, quelques détails, le maître détective (et le lecteur) sait déjà qui est le coupable. Reste plus alors qu’à le confondre et l’arrêter, ce qui est toujours fait sans subtilité, car le méchant tombe toujours dans un piège grossier. Là où le gentil est intelligent et courageux, le méchant et bête et fourbe.

D’un point de vue littéraire, on ne retirera pas plus que du côté histoire. Quant aux personnages, ils sont manichéens à souhait et donc très peu fouillés (là aussi, pas le temps).

Alors, que peut-on attendre d’une telle lecture ? Juste qu’elle remplisse un petit moment sans se prendre la tête. Et, avec Nat Pinkerton, on passe un petit moment et on ne se prend pas la tête. Rien de plus, rien de moins.

Au final, un épisode dans la veine des autres de la série, à lire et à oublier aussitôt.