NP-LTDLI

Nat Pinkerton est un personnage littéraire né en 1907 de la plume d’auteur(s) allemand(s) afin de naviguer sur le succès de deux séries provenant des É.-U. : « Nick Carter » et « Buffalo Bill ».
Sachant que les deux séries citées ont été distribuées dans toute l’Europe par les éditions Eichler (puis Sobelli quand celle-ci a racheté tout le catalogue de la précédente), il n’y a rien d’étonnant que « Nat Pinkerton » utilise le même moyen de transport.
Nat Pinkerton est un savant mélange entre les deux séries phares de l’époque. Bien que policier (détective), Nat Pinkerton s’attache moins au milieu urbain que son confrère Nick Carter et se rapproche en cela, parfois, des grands paysages de Buffalo Bill. De même que ce dernier, Nat Pinkerton tente de capitaliser sur une figure emblématique de l’Histoire de l’Ouest, le fameux Allan Pinkerton, créateur de l’Agence de détectives Pinkerton.

« La tête de l’inconnu » est un fascicule de 16 pages publié aux éditions Sobelli en 1931. Il contient un récit indépendant de 10 000 mots.

LA TÊTE DE L’INCONNU

Un vol a eu lieu, durant la nuit, dans une banque new-yorkaise.

Aucune serrure ni des portes ni des coffres n’a été forcée, laissant supposer que le ou les coupables étaient en possession d’un jeu de clés.

Mais M. Bickson, le directeur de l’établissement l’assure, ses employés sont au-dessus de tous soupçons.

Quand l’inspecteur chargé de l’enquête suggère de faire appel au grand détective NAT PINKERTON, Bickson est réticent, prétextant que la réputation de celui-ci est surfaite.

Malheureusement pour lui, un petit vieux a assisté à cette scène.

Sous l’apparence du curieux chenu se cache le fameux NAT PINKERTON

Une banque a été cambriolée en pleine nuit sans que les voleurs n’aient fracturé ni les portes ni les coffres-forts. Ils ont dû utiliser un jeu de clés, mais tous ceux qui en possèdent un sont au-dessus de tous soupçons, selon Mr Bickson, le directeur de la banque.

L’inspecteur de police chargé de l’enquête étant dans le flou, décide de faire appel au grand détective Nat Pinkerton, au grand dam du directeur qui ne porte pas le détective en haute estime.

Mais, soudain, on repère un petit vieux qui a suivi l’enquête depuis le début ainsi que la conversation actuelle. L’inspecteur se tourne vers lui pour lui demander ce qu’il fait là : surprise, il s’agit de Nat Pinkerton déguisé.

Encore une aventure de Nat Pinkerton (qui en a vécu des centaines) qui n’apportera pas grand-chose à la littérature.

Effectivement, malgré la concision du format (10 000 mots) on pourra regretter que les intrigues soient toujours simples, voire simplistes.

Comme beaucoup de ses confrères de l’époque et du format, Nat Pinkerton fait avancer ses enquêtes soit par la chance soit par son instinct infaillible, ce qui est pratique quand on n’a pas beaucoup d’espace à offrir à l’enquête.

Et ce n’est pas du côté de la plume que le lecteur pourra trouver son plaisir, celle-ci est fade à souhait, une fadeur que l’on peut mettre sur le double compte de l’écriture et la traduction rapide.

Mais, contrairement à Nick Carter, qui peut pâtir des mêmes défauts de plume, ici, point de rythme, d’actions pour attraper le lecteur en cours de route.

Au final, un épisode fade, à l’image de la série, qui n’a d’autre utilité que de remplir une heure de lecture sans se prendre la tête (à défaut de celle du fameux inconnu)…