LC07

« Le piège infernal » est une aventure de Léonce Capoulin, journaliste à l’Étincelle, un personnage créé par Amaury Kainval pour la collection « Le Roman Policier » des éditions Ferenczi, une collection de fascicules de 32 pages (parfois 48) débutée en 1916.

Léonce Capoulin apparaît dès 1919 et vivra, dans cette collection, 6 aventures.

Ces 6 aventures seront rééditées, au début des années 1930, dans la collection « Police et Mystère » des mêmes éditions Ferenczi, dans des versions augmentées d’un tiers pour convenir au format 64 pages de la collection. Dans cette collection, on trouvera une 7e aventure, celle de « Le piège infernal », parue en 1933.

En 1947, l’auteur, sous son véritable nom, Émile Quintin (1885-1966), mettra en place une collection intitulée « Les aventures fantastiques de Léonce Capoulin » regroupant trois romans.

LE PIÈGE INFERNAL

Le célèbre Léonce CAPOULIN, journaliste à l’Étincelle, fait une nouvelle fois preuve de ses talents d’observation et de déduction en démêlant une affaire de meurtre en apparence banale.

Un usurier a été abattu, le soir, chez lui, d’une balle de revolver en pleine tête.

Le commissaire Bourdaud était persuadé d’avoir pincé le coupable. Le suspect, arrêté alors qu’il s’enfuyait de la scène du crime, était en relation avec la victime et l’arme a été retrouvée non loin, dans des fourrés.

Pourtant, Léonce CAPOULIN se soucie peu des évidences sachant trop bien que plusieurs événements peuvent avoir la même conséquence et va démonter, lentement, les rouages d’un piège infernal que n’auraient pas renié les grands maîtres du roman policier…

Un crime a été commis, c’est en tous cas ce dont est persuadé le brigadier Rigoulet qui, au poste, reçoit l’appel effrayé d’un homme qui appelle au secours et n’a que le temps de crier son numéro d’appel avant qu’un fracas et un râle se fassent entendre puis que la ligne se coupe.

Après avoir appelé le Central, il obtient l’adresse de l’appelant et envoie des hommes sur place. Léonce Capoulin, qui passait par là, décide d’aller également sur les lieux et a le privilège d’être le premier à pouvoir inspecter la scène de crime pendant qu’un suspect s’étant enfui est rattrapé par les forces de l’ordre.

Le commissaire Bourdaud, qui est chargé de l’enquête, ne tarde pas à faire diriger tous les indices vers le suspect, mais Léonce Capoulin, lui, ne croyant pas à la culpabilité de celui-ci va se lancer dans tout un cas de calculs et d’expérience pour tenter de comprendre ce qu’il s’est réellement passé durant cette dramatique soirée…

Tout comme on avait déjà pu le constater dans l’épisode précédent, l’auteur cherche à glisser dans les pas des grands maîtres du roman policier en délivrant une intrigue en apparence simple, mais qui, en réalité, cache une affaire bien plus complexe.

D’ailleurs, Amaury Kainval ne cache pas son inspiration, allant jusqu’à citer, par exemple, du S.S. Van Dine, et, notamment, « The Green Murder Case/La série sanglante » de 1928 parue en France en 1931.

Cette simple citation permet de conclure que cette aventure, contrairement aux précédentes, n’est pas une réédition d’un titre paru au début des années 1920 (ou alors, très remanié).

Car l’intrigue, en plus de s’inspirer d’une enquête de Philo Vance (le récurrent de S.S. Van Dine) cherche également à flirter avec le crime en chambre close et l’une de ses variantes, abordées par plusieurs écrivains dont, notamment, John Dickson Carr, dans une enquête de Gideon Fell, Jules Lermina avec son Maurice Parent, ou encore Alfred Mortier et son inspecteur Mic.

Mais, si Amaury Kainval poursuit sur la même ambition que son récit précédent (qui, du coup, précède de dix ans), « On frappe dans l’ombre », il le fait, ici, avec plus de réussite et, notamment, grâce à une narration moins répétitive et, du coup, moins indigeste.

Certes, on pourra lui reprocher que l’histoire est un brin tirée par les cheveux, même si Léonce Capoulin explique tout de A à Z, mais, pour un récit fasciculaire, donc un récit écrit vite et encore plus rapidement publié, il faut au moins lui reconnaître une certaine dextérité et louer le résultat si imparfait qu’il soit.

Malheureusement, on pourra regretter une nouvelle fois que, bien que l’auteur se fende d’une très légère description physique de son héros, le personnage principal soit trop peu esquissé, même si la concision du format ne permet pas de trop s’épancher sur ce genre de détails.

Pour le reste, le style est alerte et l’ensemble se lit très agréablement. Manque, peut-être, par rapport à la précédente aventure, la petite pointe d’humour en supplément.

Au final, Amaury Kainval chausse les bottes des grands maîtres du roman policier en proposant une intrigue ambitieuse dans un format qui ne le permet pas trop. Le résultat, bien qu’imparfait, se révèle agréable et convaincant.