GM14

Je poursuis ma lecture des aventures de l’agent Daniel Marsant du Deuxième Bureau en lutte contre le Grand Maître, le génie du crime, l’homme aux cent masques et aux mille noms, son ennemi juré qu’il poursuit dans le monde entier.

Pour rappel, les aventures de Daniel Marsant comportent 17 épisodes qui sont initialement parus sous la forme de fascicules de 64 pages contenant des récits indépendants d’environ 18 000 mots dans la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi (certains ont été réédités au début des années 1950 dans la seconde série de la même collection).

Ces 17 aventures sont signées Claude Ascain, un des nombreux pseudonymes de l’un des piliers de la littérature fasciculaire : Henry Musnik (1895-1957).

Sous divers pseudonymes (Pierre Olasso, Alain Martial, Gérard Dixe, Jean Daye, Pierre Dennys, Florent Manuel…), l’auteur signa un nombre impressionnant de titres, pour beaucoup dans le genre policier, pour le compte de nombreux éditeurs.

S’il gonfla artificiellement sa production et, surtout, ses contrats, en reprenant certains de ses textes en changeant le nom des personnages et son pseudonyme, pour les proposer à d’autres éditeurs, sa production demeure une des plus importantes dans ce domaine.

Probablement pour écrire plus vite, l’auteur utilisa plusieurs personnages récurrents dont la plupart représentaient soit un policier ou un détective classique de l’époque ou bien s’inspiraient très fortement de héros de la littérature connus de tous comme Arsène Lupin et, dans le cas présent : Fantômas.

Car la lutte entre Daniel Marsant et le Grand Maître n’est pas sans rappeler celle entre l’inspecteur Juve et Fantômas dans les aventures signées Marcel Allain et Pierre Souvestre.

« Le Groupe du Serpent Noir » est la 14e aventure de Daniel Marsant.

LE GROUPE DU SERPENT NOIR

À Londres, le détective John Armstrong est sollicité par Minh-Yô pour protéger son petit-fils que « Le Groupe du Serpent Noir » cherche à enlever pour l’échanger contre une forte rançon.

Selon Minh-Yô, la bande s’est récemment alliée à une organisation criminelle internationale dirigée par un homme de race blanche.

Aussi, quand Armstrong voit débarquer chez lui son ami Daniel MARSANT, agent du Deuxième Bureau, il comprend immédiatement que le nouvel associé du Groupe du Serpent Noir n’est autre que le Grand Maître, l’ennemi juré de Daniel MARSANT, et qu’ils vont devoir faire à nouveau équipe pour contrer les plans du redoutable génie du mal…

Le détective John Armstrong, de Londres, est mandé par son riche ami chinois, Minh-Yô. Celui-ci lui demande de protéger son petit-fils débarqué en Angleterre après une tentative d’enlèvement de la part d’une association criminelle chinoise : « Le Groupe du Serpent Noir ».

Il le prévient que le Serpent Noir vient de s’associer avec un Blanc dirigeant une puissante organisation criminelle internationale.

Quand sa domestique lui apprend, à son retour chez lui, qu’un français à chercher à le joindre depuis un hôtel, Armstrong comprend que celui-ci est venu à Londres, car il pense que le Grand Maître, le génie du crime, l’homme aux cent masques et aux mille noms, y est également et donc, il comprend immédiatement qu’il est l’homme qui s’est associé au Serpent Noir.

Dès lors, les deux amis vont à nouveau faire équipe pour contrer les plans du terrible Grand Maître.

On retrouve donc ici le personnage de John Armstrong, déjà croisé dans des épisodes précédents.

L’épisode, on ne s’en étonnera pas, est construit sur la même structure que les précédents avec une scène d’introduction présentant une affaire n’ayant rien à faire, en apparence, avec le Grand Maître, on croise, ensuite, Daniel Marsant, ce qui permet de relier ladite affaire au génie du mal.

Comme souvent, Daniel Marsant fait équipe avec un enquêteur local, John Armstrong en Angleterre, l’agent Spencer Dillwood aux É.-U., etc. afin de contrer les plans du Grand Maître.

À nouveau, Daniel Marsant parviendra à faire capoter les plans du Grand Maître, mais celui-ci, au moment où l’agent français pensera le tenir, se fera la malle permettant à l’auteur de mettre en place un nouvel épisode.

Et, enfin, le récit se clôturera sur une scène dans laquelle Daniel Marsant expliquera à ses interlocuteurs comment il a tout compris et/ou comment le Grand Maître lui a échappé.

La structure des épisodes est à ce point commune à toute la série que la lecture peut vite devenir redondante tant la surprise ne fonctionne plus, surtout lorsque l’on connaît le nombre d’épisodes de la série (qui, à l’origine, n’en était pas réellement une car les épisodes étaient mélangés à d’autres titres d’autres auteurs au sein de la même collection de plus de 400 titres) et, surtout, quand on connaît le titre de l’ultime épisode : « La capture du Grand Maître ».

Si, malgré tout, la lecture des aventures de Daniel Marsant n’est pas désagréable, la redondance et le manque d’originalité des récits font que cette série n’est pas ma préférée de l’auteur, loin de là. Effectivement, je lui préfère largement les aventures de Jack Desly ou de Mandragore, deux gentlemen cambrioleurs.

Pour le reste de l’histoire, l’auteur met en scène la communauté asiatique dans tout ce qu’elle a de plus cliché, dans le genre qui se faisait à l’époque, du « Jaune » dans toute sa splendeur, autant dans ses qualités que dans ses défauts.

Au final, un épisode dans la droite ligne des précédents, qui reprend exactement la même structure, les mêmes codes, les mêmes éléments, ce qui permet au lecteur de se sentir en terrain connu, mais qui donne aussi une impression de redondance.