NOB13

Je poursuis ma découverte des aventures de Mister Nobody, l’Homme au masque de satin, un gentleman cambrioleur né de la plume d’Edward Brooker et m’approche doucement de la fin avec cette 13e aventure : « Concurrence déloyale ».

Pour rappel, la série « Mister Nobody, l’Homme au masque de satin », publiée en 1946, comporte 16 fascicules de 16 pages, double colonne, contenant des récits indépendants d’environ 12 000 mots.

Mister Nobody, dont on ne connaît pas la véritable identité, est aidé par son domestique, Jonas Cobb, alias Froggy parce qu’il a une tronche de batracien. Si le premier est irrésistiblement attiré par les belles blondes, le second préfère les boissons ambrées.

Quant à Edward Brooker, de son vrai nom Édouard Ostermann, né en 1904, on ne sait pas grand-chose de sa vie si ce n’est qu’il signa, avant la Seconde Guerre mondiale, un roman policier par mois et que, durant la guerre, il se tourna vers l’écriture de séries fasciculaires.

On perd toute trace de l’auteur après 1947.

CONCURRENCE DÉLOYALE

Mister NOBODY, le gentleman cambrioleur, est las de sa nouvelle vie d’honnête travailleur.

Certes, son agence de détectives privés « Pipps and C° » remporte un franc succès et lui assure de confortables revenus. Cependant, il rêve de voyages, de paysages tropicaux, d’une existence faite d’imprévus et d’aventures.

Pourtant, quand Mr Patterson vient solliciter son aide pour le débarrasser de fantômes tapageurs, faisant de ses nuits un cauchemar, Mister NOBODY qui a toujours été attiré par les maisons hantées, mais que les ectoplasmes n’ont cessé de fuir, accepte de se rendre dans sa vieille bicoque…

Mister Nobody s’ennuie. S’il avait ouvert une agence de détectives dans le but d’approcher plus facilement les riches et leurs fortunes, son activité, suite à son succès, est devenue par trop honnête pour le divertir encore. Aussi, a-t-il prévu de partir en croisière, de changer de vie.

Pourtant, il accepte l’affaire proposée par Mr Patterson, un client venu lui demander de le débarrasser de fantômes qui perturbent les nuits dans sa vieille bicoque.

Toujours attiré par les maisons hantées, Mister Nobody n’a jamais eu l’occasion de croiser de fantômes, aussi, espère-t-il remédier à ce manque.

Pourtant, ce ne sera pas encore pour cette fois même si l’aventure va prendre un tournant inattendu pour lui et Jonas Cobb.

On retrouve Mister Nobody toujours détective au sein de son agence Pipps et C°, qu’il avait ouvert dans le précédent épisode.

Pour cette aventure, l’auteur nous convie à une confrontation entre deux « confrères » comme le laisse entendre le titre.

Le sujet n’est pas nouveau, car, depuis Maurice Leblanc (et certainement avant), tous les célèbres cambrioleurs finissent invariablement par devoir se confronter avec un autre cambrioleur.

Rien de bien original, donc, mais l’originalité n’est pas le propre de la série. Pourtant, le récit se lit plutôt agréablement et facilement et, s’il ne délivre aucun suspens, aucune surprise, il remplit correctement son office de distraire le lecteur pendant un peu plus d’une heure.

La surprise est d’autant moins grande que le lecteur assidu et aguerri, à partir du titre et d’une information donnée en début d’aventure, comprendra très vite ce qui va se dérouler par la suite.

Pas très grave.

Une nouvelle fois, c’est par Jonas Cobb que passeront les touches d’humour, même si, cette fois, il paiera un tribut presque physique à la blague.

Au final, un épisode sans grande surprise, mais plaisant à lire et on n’en demande pas plus à la série.