NOB15

J’arrive bientôt à la fin de la série « Mister Nobody, l’Homme au masque de Satin », une série publiée, à l’origine, en 1946, sous la forme de 16 fascicules de 16 pages, double colonne, contenant des récits indépendants d’environ 13 000 mots.

L’auteur en est Edward Brooker, de son vrai nom Édouard Ostermann, né en 1904 et dont on perd toute trace après 1947.

Edward Brooker, avant la Seconde Guerre, signa un grand nombre de romans policiers et d’espionnages puis s’exerça, durant le conflit, aux séries fasciculaires dont, notamment, celle qui nous intéresse aujourd’hui.

Mister Nobody, pour rappel, est un gentleman cambrioleur londonien, ayant pour ami et complice son fidèle serviteur Jonas Cobb, surnommé Froggy du fait de sa face de batracien.

 

MRS CHANDLEY JOUE DU TROMBONE

Mister NOBODY est bien décidé à prendre du repos, en compagnie de son fidèle serviteur Jonas Cobb, alias Froggy, loin de la ville de Londres, en s’installant dans une villa calme et isolée, non loin de la plage.

Isolée ? Elle le serait si Mrs Chandley ne vivait point dans le charmant cottage voisin.

Calme ? Encore faudrait-il que Mrs Chandley, toutes les nuits, ne soufflât pas dans un trombone au sein d’un groupe de jazz formé de ses invités.

Mais, quand on est aussi mauvais musiciens, on doit avoir un bon motif, autre que le goût des harmonies, pour orchestrer une telle cacophonie.

Et Mister NOBODY se fait fort de découvrir la raison pour que, chaque soir, Mrs Chandley joue du trombone…

Après sa déconvenue italienne, Mister Nobody a décidé de se reposer au bord de la mer, à Clacton-on-sea. Les locations étant prises d’assauts, il ne trouve qu’un cottage un peu isolé, mais voisin d’une autre propriété.

Mais le calme est de courte durée, la voisine, Mrs Chandley, chaque soit, joue du trombonne au sein d’un orchestre de jazz avec ses invités. Mais, mon Dieu ! Ils sont tous de mauvais musiciens et, au lieu d’une musique entraînante, ils interprètent plutôt une cacophonie assourdissante.

Pourquoi s’entêter à jouer aussi mal, et, surtout, pourquoi Mrs Chandley s’improvise-t-elle chef d’orchestre et souffel-t-elle dans un trombone ?

C’est ce qu’est bien décidé à découvrir Mister Nobody en participant, à sa façon, à la fête…

On retrouve donc pour l’avant-dernière fois le duo que forment Mister Nobody et Jonas Cobb.

Pour l’occasion, l’auteur livre une intrigue d’une simplicité extrême, à l’intérêt et à la crédibilité discutables.

Certes, 13 000 mots ne suffisent pas à mettre en place une histoire digne de ce nom, mais on est en droit d’attendre un tout petit peu mieux, à moins que l’auteur ne livre une plus-value dans un autre domaine (personnage, ambiance, style, humour…), ce qui n’est pas le cas ici.

D’ailleurs, la petite touche d’humour délivrée, souvent, par la présence de Froggy, est quasi inexistante.

Que reste-t-il alors ? Juste un petit récit qui se lit sans déplaisir, mais qui ne marquera pas le lecteur, la faute, probablement, à la concision exigée par le format, mais aussi, assurément, à un manque d’ambition de l’auteur.

Au final, une série qui décline lentement et dont on espère que le dernier opus relèvera un peu le niveau.