NOB16

La série fasciculaire « Mister Nobody, l’Homme au masque de satin » fut publiée en 1946 pas les Éditions et Revues Françaises (E.R.F.) sous la forme de 16 fascicules de 16 pages, double colonne, contenant des récits indépendants d’environ 13 000 mots.

Elle conte les aventures d’un gentleman cambrioleur londonien et de son fidèle valet Jonas Cobb alias Froggy du fait qu’il a une face de batracien.

Le premier ne résiste jamais aux belles jeunes femmes blondes et le second à l’alcool.

Les textes sont signés Edward Brooker, de son vrai nom Édouard Ostermann, né en 1904 et dont on perd la trace à partir de 1947.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Edward Brooker signe un nombre important de romans policiers et d’espionnages (un par mois à une époque). Durant la guerre, il se lance dans la série fasciculaire avec, entre autres, « Pao Tchéou, le maître de l’invisible » et « Mister Nobody ».

« Le supplice des Danaïdes » est la 16e et dernière aventure du cambrioleur. Dernière ? À voir ! 

 LE SUPPLICE DES DANAÏDES

Mister NOBODY, le gentleman cambrioleur, rentre chez lui, de nuit, dans sa voiture pilotée par son fidèle valet, Jonas Cobb alias Froggy.

Le fog londonien rend la conduite à ce point périlleuse que le véhicule ne tarde pas à s’encastrer dans un réverbère.

Obligés de se déplacer à pied, les deux comparses, en traversant un pont, empêchent une jeune femme de se jeter à l’eau pour en finir avec la vie.

Dans un bistrot voisin dans lequel le trio se réchauffe, la demoiselle leur explique comment son patron, après l’avoir charmée, s’en est débarrassé en portant plainte contre elle pour vol.

Mister NOBODY, ne supportant pas l’injustice, décide de venger sa petite protégée…

Mister Nobody vient de perdre 2000 livres au jeu. En rentrant, en voiture, dans le fog, son chauffeur, Jonas Cobb, encaster un réverbère. Les malheures allant toujours par trois, Mister Nobody se demande ce qu’il va encore lui arriver en rentrant à pied chez lui. Sur un pont, il aperçoit une silhouette s’apprêtant à se jeter dans l’eau. Jonas et lui sauvent le « suicidé » qui s’avère être une belle jeune femme.

Dans un bistrot proche où les deux hommes l’emmènent pour se réchauffer devant un verre, celle-ci leur explique qu’elle a voulu en finir à cause d’un homme, son patron, qui, après l’avoir séduite, a voulu la rejeter et l’a accusé de vol.

Mister Nobody décide alors de rencontrer ce fâcheux personnage sans se douter encore de ce que celui lui rapportera…

Dernière aventure donc pour Mister Nobody et son fidèle Froggy.

Une aventure simple et qui fonctionne comme souvent autour d’une belle jeune femme dont Mister Nobody va s’éprendre et chercher à aider.

Intrigue simpliste, donc, comme d’habitude dans cette série. Si le format court explique un peu ce parti pris, on peut penser que le manque d’ambition de l’auteur et, probablement, la vitesse à laquelle il doit écrire sont également responsables de ce choix.

Rien de neuf, donc, ni dans les personnages, ni dans l’histoire et le récit se termine un peu rapidement et étrangement pour un ultime épisode.

Mais était-ce bien un ultime épisode ? La dernière page nous donne une réponse puisqu’elle invite le lecteur à lire le prochain épisode « Le Défi », un épisode qui n’est jamais sorti. Pourquoi ? Difficile de répondre tant la pratique fut courante dans la littérature fasciculaire. Manque de succès ? Décès de l’auteur ? Problèmes financiers de l’éditeur ? Ou autre raison ? Impossible de le savoir.

Cependant, ce titre ayant été publié au premier trimestre 1947 et que l’auteur n’avoir signé aucun texte par la suite et que certaines informations laissent penser qu’Edward Brooker ait décidé de partir en Australie en 1947…

Pourtant, comment imaginer que l’auteur soit parti avant de terminer l’écriture d’épisode qu’il s’était apparemment engagé à livrer et qu’il devait avoir déjà écrit, ou, du moins, tracé une première trame pour en tirer un titre...

Toujours est-il que Mister Nobody ne reviendra plus et que l’on perd ensuite la trace de son auteur.

Clap de fin un peu terne pour une série pas très exaltante, certes, manquant d’originalité et d’ambition, mais qui, pourtant, s’avérait agréable à lire.

Au final, un dernier épisode qui ne relève pas le niveau de la série qui se lit agréablement, mais se termine d’autant plus bizarrement qu’il laisse supposer une suite.