GM15

J’approche doucement de la fin de la lutte entre Daniel Marsant, agent du Deuxième Bureau et le Grand Maître, l’Homme aux cent masques, aux mille noms, un Génie du mal, chef d’une organisation criminelle internationale, avec cette antépénultième confrontation entre les deux hommes.

Pour rappel, à l’origine, les lecteurs purent suivre cet affrontement en lisant les fascicules de la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi, pendant les années 1930.

Cette collection, entre 1932 et 1941, proposa plus de 400 fascicules de 64 pages, contenant des récits indépendants d’environ 18 000 mots signés de différents auteurs.

Dans le lot, un nombre de rééditions augmentées de fascicules de la collection « Le Roman Policier » des mêmes éditions durant les années 20. Mais également, et surtout, des textes inédits.

Parmi ceux-ci on découvre plusieurs dizaines de titres signés Claude Ascain, un pseudonyme du très prolifique Henry Musnik contant les aventures de deux héros.

L’un est Jack Desly, un personnage inspiré d’Arsène Lupin, l’autre, Daniel Marsant et, surtout, du Grand Maître, des personnages inspirés de Fantômas et de l’inspecteur Juve.

Les deux personnages se menèrent une lutte à mort pendant 17 épisodes, à partir de 1939.

« Le Grand Maître à Monte-Carlo » est le 15e et avant avant-dernier épisode de cette confrontation. Il est paru sous la forme d’un fascicule de 64 pages en 1940 et contient un récit de 17 700 mots.

LE GRAND MAÎTRE À MONTE-CARLO

Daniel MARSANT, l’agent du Deuxième Bureau, est installé incognito dans un hôtel de Monte-Carlo afin de sécuriser une importante entrevue secrète entre un politicien français et un diplomate norvégien.

L’espion envisage tous les aléas qui pourraient empêcher la tenue de l’entretien.

Or, il en est un qu’il n’a pas prévu : son ennemi juré, le Grand Maître, l’homme aux cent masques et aux mille noms, se trouve également dans la principauté, sous une fausse identité.

Et ce dernier, depuis qu’il a appris d’un de ses affidés que Daniel MARSANT vient de quitter Paris, se méfie de tout nouvel arrivant sur les terres monégasques.

De son côté, Daniel MARSANT est intrigué par le jeune Edwin Marshall, un Anglais éminemment sympathique, mais trop collant pour être honnête…

Daniel Marsant, sous l’identité de M. Lemoret, est descendu à Monte-Carlo pour sécuriser une entrevue entre un politicien français et un diplomate étranger.

Dans l’hôtel qu’il a choisi, un jeune anglais, M. Marshall, l’intrigue. L’homme est sympathique, mais il semble un peu trop cordial avec lui.

D’un autre côté, le Grand Maître se trouve également à Monte-Carlo et se méfie de tous les étrangers débarquant, car il a appris que Daniel Marsant avait quitté précipitamment Paris.

Alors que Lemoret et Marshall rentrent, par une nuit brumeuse, de La Turbie où ils ont dîné, ils sont arrêtés par des malfrats, ainsi que les autres clients du restaurant, pour les dépouiller. Mais Marshall fait des siennes et se rebelle et, avec l’aide de Lemoret, se débarrasse un peu trop facilement des bandits…

Décidément, quelque chose se trame en terre monégasque. Normal, puisque le Grand Maître est à Monte-Carlo.

As-tu vu Monte-Carlo ? Non j’ai vu monter personne, mais j’ai vu descendre le Grand Maître, semble nous raconter Henry Musnik sous son pseudonyme de Claude Ascain.

Blague mise à part (blague éculée autant que peu drôle), Claude Ascain nous livre encore une fois une intrigue construite sur le même schéma que les précédents épisodes de la série à ceci près que la scène d’ouverture durant laquelle se déroule un crime intègre directement Daniel Marsant alors que, d’habitude, il débarque pour résoudre ledit crime.

Autre particularité, dans la scène précédent le grand final, ce n’est plus Daniel Marsant qui raconte à ses amis tout ce qu’il a compris de l’affaire, mais un personnage tiers qui le fait à sa place tout comme il lui a révélé, auparavant, la vérité.

Pour le reste, peu ou proue les mêmes rebondissements avec, encore une fois, le Grand Maître qui capture Daniel Marsant et qui, trop bavard ou trop sûr de lui, préfère tergiverser au lieu de se débarrasser immédiatement de son ennemi.

En retour (retour de politesse), Daniel Marsant laisse filer (involontairement, je vous rassure) son némésis au moment où il pensait l’arrêter.

L’histoire change, mais le scénario reste le même peut-être afin de respecter la série ayant inspiré celle-ci (les aventures de Fantômas, donc). Je ne saurais dire n’ayant, quel affront, pas encore plongé mes yeux dans une aventure du personnage créé par Marcel Allain et Pierre Souvestre, ce qui est incompréhensible pour un amoureux, comme moi, de littérature populaire policière. (ceci dit, il a fallu que j’attende la série Lupin avec Omar Sy pour m’intéresser aux aventures d’Arsène Lupin. Et puis, j’ai été très déçu par un autre classique, les aventures de Rouletabille, aussi, je préfère me concentrer sur des littératures moins plébiscitées.).

Si le canevas ne change pas, le rendu non plus puisque le plaisir de lecture est le même malgré le fait que la redondance du schéma narratif a tendance à altérer un peu ledit plaisir.

Heureusement, j’espace suffisamment les lectures de ces aventures pour que la redondance ne devienne pas indigeste.

Au final, un épisode dans la veine des précédents, même schéma narratif, mêmes personnages, mêmes rebondissements, même plaisir de lecture (mais il ne faut pas en abuser).