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« Monsieur Paterson nous mène en gondole » est un fascicule de 64 pages signé Louis de la Hattais et publié en 1952 dans la collection « Allo Police » des éditions S.E.G.

On découvre dans ce premier titre de Louis de la Hattais, le personnage de Jim Paterson, un ancien agent du F.B.I..

Mais le découvre-t-on réellement ?

Pas tout à fait.

Effectivement, Jim Paterson n’est autre que Mister Silence, le surnom qu’on lui donnait durant la Seconde Guerre mondiale, pour la discrétion dans laquelle il se déplaçait pour aller tuer l’ennemi (les nazis).

Et ce Mister Silence, les lecteurs de la collection « Allo Police » l’ont déjà croisé, dans la même collection, une quinzaine de mois auparavant, mais sous la plume de Louis Fournel, cette fois-ci.

Bien évidemment, Louis Fournel et Louis de la Hattais ne sont qu’un seul et même auteur puisque le premier est le véritable patronyme de l’auteur, un écrivain prolifique, mais dont on ne sait désormais plus grand-chose si ce n’est qu’il fut commissaire à Provins pendant la Seconde Guerre mondiale et qu’il écrivit principalement des récits policiers et d’espionnage, notamment pour S.E.G. ou Ferenczi, en se cachant sous de très nombreux pseudonymes (Louis de la Hattais, Jean Delaht, Louis Delaht, Anne-Marie Delfour, Anny Delfour, Louise Delfour, Luiz Delfour, Marie-Louise Delfour, Jean Delhat, Louis Delhat, Dolegan, Lew Dolegan, Lew Dors, John Dull, Joan Dull, Goldwin Duller, Louise Fernel, Lewis Ferson, Anne-Marie Fervel, Peter Greenwey, J. Lewray, Harry Liver, Andy Logan, P. A. Logan, Andy Spencer, Claire van Houtte…).

« Monsieur Paterson nous mène en gondole » bien que publié près d’un an et demi après les titres signés Louis Fournel, reprend l’histoire de Paterson peu ou proue l’a où l’auteur l’avait laissé : après son mariage avec Betty, la jeune femme découverte dans « Mademoiselle Souris ».

Pourtant, pas besoin de lire les 6 aventures de « Mister Silence contre la Main Jaune » pour lire cet épisode même si, comme dans toute série, il est préférable de la débuter par l’histoire liminaire.

MONSIEUR PATERSON NOUS MÈNE EN GONDOLE

Jim PATERSON alias « Mister Silence » et Betty, son épouse, sont en voyage de noces à Venise.

Par une nuit claire, lors d’une promenade en gondole sur la lagune, le couple aperçoit une embarcation abandonnée.

Intrigué, Jim PATERSON demande au batelier de s’approcher du frêle esquif pour monter à bord. Dans la cabine, il découvre une inconnue poignardée à mort. À côté d’elle, un carton à chapeau renfermant… une tête de femme… en cire.

Jim Paterson est voyage de noces à Venise. Alors qu’il se balade en gondole avec sa douce Betty, il aperçoit une gondole abandonnée sur la lagune. Il demande au gondolier de s’approcher pour aborder l’esquif et découvre, à l’intérieur, une femme assassinée d’un coup de poignard et, à côté d’elle, un carton à chapeau. Dans ce carton, une tête de femme affichant un horrible rictus… une tête en cire. Curieux de se balader sur la lagune avec une tête en cire dans un carton à chapeau. Intrigué, Jim Paterson décide d’éclaircir un peu ce mystère et de se rendre chez l’artiste ayant sculpté et signé la fameuse tête en cire…

On retrouve donc Jim Paterson où on l’avait abandonné sous la plume de Louis Fournel, après son mariage avec Betty. D’ailleurs, après un premier voyage de noces mouvementé (voir les épisodes précédents) le couple a décidé de renouveler la chose de façon plus douce, à Venise. Mais les choses ne vont pas se révéler si calmes qu’espéré.

Dans ce récit d’un peu moins de 17 000 mots, Louis de la Hattais reconduit son personnage de Mister Silence, dans une aventure aussi remuante que les précédentes.

Pourtant, il propose, comme point de départ un mystère (cette tête en cire) dont l’explication sera un peu tirée par les cheveux (de la tête) et pas forcément super crédible. On pardonnera puisque le but d’une telle série et d’un tel format n’est pas tant de développer un récit à suspens, mais plutôt un récit d’action et, dans les aventures de Jim Paterson, il ne manque jamais d’action.

Alors, on pourra reprocher à l’auteur d’utiliser les mêmes rebondissements d’un épisode à un autre, afin de plonger son héros dans les mêmes problèmes et lui permettre de les résoudre un peu de la même façon. Ceci dit, pour sa défense, c’est souvent le cas dans les séries de ce genre.

Ainsi, le héros aura la fâcheuse tendance à commettre une petite bourde, erreur, ou omission permettant à ses ennemis de lui tomber dessus. De la même façon, il s’en débarrassera toujours un peu de la même manière, soit en leur plongeant dans les jambes, soit en leur ruant dans le bide.

Soit.

Mais il faut bien reconnaître que ces aventures ne manquent pas de rythmes et sont même totalement dénuées de temps morts.

Puis il faut également souligner que, pour une fois, le personnage féminin, Betty, donc, n’est pas du genre à être toujours en retrait et toujours le maillon faible (même si c’est un peu le cas ici).

Car Betty sait aussi se montrer utile et forte, ce qui change de la plupart des séries de l’époque mettant en scène un couple.

Pour le reste, rien de nouveau sous le soleil de Venise, pas même la fin qui, comme dans les premiers épisodes signés Louis Fournel, est ouverte directement sur le prochain récit invitant ainsi le lecteur à retrouver son héros s’il veut connaître la suite de l’histoire. En espérant que cela ne dure pas les 80 épisodes qu’il reste, sinon, ce serait un peu lassant.

Au final, Jim Paterson est fidèle au personnage découvert dans « Mister Silence contre la Main Jaune » est Louis de la Hattais reprend les mêmes bonnes recettes qu’il avait utilisées sous son nom de Louis Fournel.