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Mister Silence est un personnage apparu en 1951 dans la collection « Allo Police » des éditions S.E.G.

Les lecteurs le découvrir dans un fascicule de 64 pages signé Louis Fournel : « La baignoire de cristal ».

Cette aventure fut suivie de 5 autres relatant la lutte entre Jim Paterson, un agent du F.B.I. surnommé Mister Silence pour sa propension à se déplacer sans bruit durant la guerre pour éliminer les nazis.

Une quinzaine de mois après le dernier épisode de cette lutte, Jim Paterson réapparaissait, toujours dans la même collection, dans le titre « Monsieur Paterson nous mène en gondole », cette fois signé Louis de la Hattais.

Pas besoin de chercher bien loin que, derrière Louis de la Hattais, se cachait Louis Fournel. D’ailleurs, l’écrivain, ancien commissaire à Provins durant la guerre, se planquait derrière un nombre incroyable de pseudonymes pour signer une production plus qu’honorable.

Ses pseudonymes les plus notables furent donc Louis de la Hattais, mais également Lew Dolegan, Andy Logan et P. A. Logan sur la presque trentaine qu’il utilisa.

La majeure partie de sa production fut destinée aux éditeurs S.E.G. et Ferenczi.

On notera au moins deux personnages récurrents, le fameux Jim Paterson alias Mister Silence qui vécut plus de 90 aventures, mais également le détective Lew Dolegan qui en vécut une trentaine.

« Monsieur Silence parle d’or » est la suite directe du précédent titre « Monsieur Paterson nous mène en gondole ».

MONSIEUR SILENCE PARLE D’OR

Jim PATERSON alias « Mister Silence » est embarqué, un peu contre son gré, par son ami Lucky, afin d’assurer ses arrières dans une transaction délicate durant laquelle il doit livrer des armes à un dangereux trafiquant.

Quand Jim PATERSON se rend dans la chambre de celui-ci pour en savoir plus sur l’affaire, il reçoit un coup sur le crâne et s’écroule.

À son réveil, il découvre Lucky, mort, étranglé sur son lit…

Il avait beau avoir des occupations répréhensives, il n’en demeurait pas moins un frère d’armes qui lui avait sauvé la peau à plusieurs reprises pendant la guerre.

Aussi Jim PATERSON décide-t-il d’appliquer sa propre loi du talion qui est autrement exigeante qu’un simple « œil pour œil, dent pour dent » !...

Jim Paterson et sa femme Betty sont à bord du Galatée, le paquebot de Lucky, un compagnon d’armes de Jim Paterson qui lui a demandé son aide pour une livraison d’armes qu’il doit effectuer.

Son double rôle est d’assurer la sécurité de Lucky et, le cas échéant, de livrer au F.B.I. l’homme à qui il doit livrer les armes pour se partager ensuite la prime.

Lucky avait bien raison de se méfier, la preuve, son bras droit l’a étranglé durant la nuit pour assurer lui-même la livraison et toucher le pactole. Mais Jim Paterson ne compte pas le laisser s’en tirer ainsi, Lucky lui avait sauvé la vie deux fois durant la guerre, la moindre des choses est donc de le venger.

Moindre des choses ? Peut-être, mais pas la plus facile ni la moins risquée, Jim Paterson va vite s’en rendre compte…

On retrouve donc Jim Paterson dans une nouvelle aventure qui n’est que la suite de la précédente.

Même histoire, même format, forcément, même schéma narratif et mêmes tics d’écritures.

Si le style est plaisant, pour peu que l’on aime les récits d’action, il faut bien reconnaître que les histoires pèchent par une certaine facilité que n’auraient pas reniée Léo Malet et son Nestor Burma.

Car, si Burma avec l’habitude de se faire casser la gueule durant ses enquêtes, il n’est qu’un petit joueur comparé à Jim Paterson.

En rugby, après un choc à la tête, le protocole commotion veut qu’un joueur de rugby se repose pendant 6 jours au moins et en cas de commotions répétées, le temps s’allonge.

Si tel était le cas avec Jim Paterson, celui-ci aurait raccroché les crampons depuis belle lurette, car, dès le premier chapitre, ce n’est pas moins de deux K.O. qu’il se tape et ce n’est que de la petite bière avec ce qui suivra.

Pour un agent du F.B.I. ayant survécu à la guerre et à de nombreuses affaires, il faut qu’il en ait de la chance étant donné sa propension à tomber dans tous les pièges et ne jamais assurer ses arrières.

Mais peut-on reprocher à Jim Paterson ce que l’on accepte de San Antonio ou d’autres ? Bien évidemment non, même si l’auteur place la barre très haut en la matière.

Si l’on adhère donc à ce parti pris, il faut bien reconnaître que les aventures de Jim Paterson sont très agréables à lire du fait d’un rythme soutenu, dénué du moindre temps mort, d’une accumulation de scènes d’actions (à défaut de réflexion) le tout porté par un personnage certes caricatural, mais également par une plume plutôt alerte et de dialogues parsemés de noms d’oiseaux peu courants de nos jours (même si l’auteur a tendance à mettre de mêmes insultes dans des bouches par trop différentes. Chaque personnage se doit d’avoir son langage).

Arrivé à la fin, on n’est pas surpris qu’il ne s’agisse pas réellement de la fin de l’histoire, même si, cette fois-ci, au lieu d’être un récit à suivre, il s’agit plutôt d’une fin annonçant l’histoire à venir un peu comme le faisait José Moselli à la fin d’une enquête de l’un de ses détectives.

Au final, on ne s’ennuie pas à lire les mésaventures de Jim Paterson, car, si elles manquent de subtilités, elles ne manquent jamais d’action.