CR07

Je poursuis et je clos sans doute ma découverte du personnage du commissaire Jean-Marc Rombal né de la plume du journaliste, éditeur, poète et écrivain Élie Louis Richard en 1943 pour la « Collection Rouge » des éditions Janicot.

Dans cette collection de près de 100 fascicules de 16 pages, double colonne, on compte au moins 7 titres dans lesquels apparaît, d’abord, le Brigadier Rombal, ensuite, le commissaire Rombal.

« Denise la secrète » étant le 7e titre que je lis, il semble bien être ma dernière lecture concernant le personnage.

DENISE LA SECRÈTE

Le jeune inspecteur Laurent Dumas pensait obtenir les félicitations de son chef, le commissaire ROMBAL, en arrêtant Denise Duboin, une femme soupçonnée de détention, consommation et trafic d’opium à la solde du « Navigateur », un marin important la drogue d’Orient.

Or, ROMBAL, loin de le congratuler, lui reproche son acte, car il connaît la suspecte pour l’avoir fréquentée lors de l’enquête sur le suicide du frère de Denise.

Le commissaire ROMBAL n’a jamais cru à cette thèse, mais, faute de preuve, il avait dû faire son deuil de la vérité.

Aussi est-il bien décidé à profiter de l’affaire actuelle pour dévoiler les fantômes du passé en forçant Denise Duboin à avouer tous ses secrets…

Lancé sur la piste du « Navigateur » un trafiquant d’opium allant chercher sa marchandise en Orient, le jeune inspecteur Dumas finit par suspecter puis arrêter une femme, Denise Duboin, d’être à la fois consommatrice et affiliée audit Navigateur.

Mais son supérieur, le commissaire Rombal, n’est pas très content de cette décision, car, Denise Duboin, il l’a connue 10 ans auparavant, dans une enquête sur le suicide de son jeune frère qu’elle adorait temps. Et Rombal a toujours été persuadé que le jeune homme ne s’était pas suicidé, mais qu’il s’agissait d’un meurtre. Une affaire qui lui est restée sur la conscience depuis…

Dans cette 7e enquête, on sent qu’Élie Richard ne veut pas déroger à son envie de proposer une certaine ambiance à ses lecteurs.

On a vu dans les précédents épisodes que cette ambition est rarement compatible avec un format très court comme l’est celui-ci et, donc, qu’il est obligé de sacrifier un autre pan du genre (personnages, intrigues) pour espérer tenir sa promesse.

Si on peut louer cette ambition assez rare dans le format fasciculaire, le lecteur lambda peut, lui, être un peu déçu de sa lecture, surtout s’il vient y chercher autre chose que ladite ambiance.

Parfois, les manques inhérents à ce choix sont compensés par une atmosphère rarement proposée dans la littérature fasciculaire.

D’autres fois, l’ambition ne suffit pas ou bien est trop grande pour des récits si courts.

C’est malheureusement le cas ici.

Effectivement, une nouvelle fois l’auteur veut aborder le sujet de la drogue, mais, ici, en se consacrant sur ses conséquences sur une bonne personne. Plus encore, il souhaite probablement évoquer la façon dont le malheur et la tristesse peuvent pousser une personne dans une addiction destructrice.

Si le parti pris, une nouvelle fois, est louable, il n’est malheureusement pas compatible avec le format fasciculaire d’autant que l’auteur aborde à la fois la cause (le suicide du frère) et la conséquence (l’addiction destructrice de la sœur). En doublant les sujets, il réduit d’autant les chances de parvenir à un texte digeste et agréable.

D’autant que, pour rester dans les clous, il décide de traiter toute l’enquête du suicide du frère à travers une confession de Rombal. Une histoire qui est donc totalement relatée par un personnage tiers, à travers un dialogue et qui, donc, perd, du coup, toute possibilité d’ambiance. Le dialogue n’étant pas propice aux circonvolutions littéraires et à la mise en place d’une atmosphère, ce qui est pourtant la volonté de l’auteur.

Avec ce long passage moins digeste, le lecteur que je suis s’est un peu désintéressé de l’histoire d’autant que, par moments, j’ai senti un manque de fluidité dû à des raccourcis trop abrupts ou à des coupes pour ne pas dépasser les limites du format.

Ainsi, la série se clôt sur un épisode en demi-teinte où le récit pèche par un excès d’ambition incompatible avec le format fasciculaire.

Au final, un épisode décevant dans lequel l’auteur a été trop ambitieux dans un format qui ne s’y prête pas.