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La littérature populaire, notamment celle du siècle dernier, est peuplée de héros virils, braves, forts, charismatiques, charmants, charmeurs… et surtout assez chanceux pour se sortir de tous les pièges dans lesquels leurs auteurs les font tomber afin de donner du rythme à leurs récits.

Dans le genre, Jim Paterson, agent du F.B.I., est un exemple.

Viril ? Indéniablement !

Brave ? Bougrement !

Fort ? Forcément !

Charismatique ? À voir.

Charmant ? sa femme Betty vous dira que oui.

Chanceux ? Étant donné le nombre de fois où il frôle la mort, difficile d’affirmer le contraire.

Jim Paterson est un personnage apparut dans la collection fasciculaire « Allô Police » des Éditions S.E.G. en 1951, sous la plume de Louis Fournel, un auteur assez mystérieux dont on ne sait pas grand-chose si ce n’est qu’il fut commissaire à Provins durant la Seconde Guerre mondiale et qu’il usa d’un très grand nombre de pseudonymes pour signer un nombre incroyable de fascicules pour S.E.G. et les éditions Ferenczi.

Jim Paterson, surnommé Mister Silence, pour sa capacité à se déplacer sans bruit pour exterminer du nazi, a vécu, tout d’abord, 6 aventures qui contaient sa lutte contre une organisation criminelle dirigée par La Main Jaune.

Quelques mois plus tard, le revoilà, en compagnie de Betty, une jeune femme rencontrée durant l’aventure et qu’il épousa.

Cette fois-ci, il vivra plus de 80 aventures, signées, désormais, du pseudonyme de Louis de la Hattais.

« Tiens-toi à carreau, Paterson ! » est la 11e aventure de Jim Paterson, la 5e de la seconde salve.

TIENS-TOI À CARREAU, PATERSON !

Alors… C’est simple ! grogna Paterson. Betty et moi nous rentrons à New York, hier soir. Nous ramenons derrière nous un citoyen peu orthodoxe que je suis obligé de confesser à grands coups de tatanes, et qui nous avoue que Betty devait être enlevée et conduite par lui dans un hot-dog de Canersie, nommé « Jamaïca Salt »…Le type nous file entre les pattes in extremis. Mais j’ai son nom, il s’appelle Ranleigh, et son adresse. D’ailleurs, il a oublié sa main droite quelque part et l’a remplacée par un crochet de fer. Nous réintégrons donc nos pénates, Betty et moi, et Betty m’annonce qu’elle va acheter une boîte d’allumettes. Tu vois ce que c’est ? Ça fait une heure et demie qu’elle est partie. Voilà…

Après s’être débarrassé de Hamed, un trafiquant d’armes et détruit son rayon Oméga, capable d’abattre un avion en plein vol, Jim Paterson débarque enfin à New York avec Betty où celle-ci est accueillie par un homme de Hamed, comme ce dernier l’avait prévu au départ. Mais Jim Paterson n’est pas prêteur et il le fait savoir au manchot (il a un crochet à la place d’une main), mais celui-ci parvient à s’enfuir.

Une fois de retour à la maison, Betty décide de sortir acheter de quoi préparer à manger, mais elle tarde à revenir, laissant penser à Jim qu’elle a été enlevée. Comment réagir ? Jim ne le sait pas trop, et demande son avis à son ami détective Jurry. Puis, comme toujours, quand Jim ne sait comment réagir, il fonce dans le tas, une méthode risquée, mais efficace qui va se révéler, cette fois-ci, très risquée…

Et on reprend les aventures de Jim Paterson là où on les avait laissées dans l’épisode précédent.

Après avoir affronté une nouvelle et dernière fois Hamed, il va cette fois-ci être confronté à un scientifique fou et, surtout, à Bill Dug, un tueur d’un sang-froid incroyable qui va s’avérer être un adversaire de taille, au moins suffisamment pour survivre pendant trois épisodes puisque le suivant du suivant de celui-ci est titré « Fais des bulles… Dug ! ».

Louis Fournel, logiquement, utilise les mêmes ingrédients que dans les épisodes précédents (puisque, souvent, les épisodes forment une suite) à grand renfort d’action, de coups donnés, de coups reçus, d’ennemis trop bavards au moment de buter Paterson…

Effectivement, Louis Fournel ne fait toujours pas dans la finesse, du moins, dans son intrigue, mais ce n’est pas ce que l’on attend d’une série telle que celle-ci.

Cependant, l’écriture est fluide et si les personnages sont manichéens à souhait et les rebondissements prévisibles, le tout s’enchaîne sans temps mort à un rythme suffisant pour éviter que le lecteur se pose trop de questions et ne s’ennuie.

Une nouvelle fois, le seul rôle féminin, Betty, l’épouse de Jim, ne joue pas les potiches comme trop souvent dans ce genre de série et, au contraire, s’avère très prompte à dégainer et à flinguer à tout va.

Dans cet épisode, elle s’avérera même plus vicieuse et dangereuse que son mari, et pas uniquement envers ses ennemis.

Au final, pas la plus subtile des séries, mais une série rythmée où l’action ne manque pas et où le héros a décidément bien de la chance pour échapper aussi souvent à une mort annoncée.