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Dans l’immensité de la littérature fasciculaire policière, un éditeur fit office de leader : Ferenczi.

L’un des premiers ou le tout premier à se lancer dans le genre avec les aventures de Marc Jordan, un clone du Nick Carter américain, Ferenczi enchaîne avec un nombre impressionnant de collections policières fasciculaires, depuis « Le Roman Policier » illustré par Gil Baer jusqu’à « Mon Roman Policier » illustré par Georges Sogny et « Le Verrou » et « Feux Rouges », l’une des toutes dernières.

Ajoutées les unes aux autres, c’est un catalogue de plusieurs milliers de titres (malgré les nombreuses rééditions) signés de plusieurs dizaines (centaines ?) d’auteurs.

Dans la jungle des plus de 500 titres de la collection de fascicules 32 pages, « Mon Roman Policier », on retrouve des auteurs phares de l’éditeur comme Henry Musnik sous plusieurs pseudonymes, René Poupon, Louis Roger Pelloussat, Marcel Priollet, Paul Dargens, ALbert Bonneau et bien d’autres.

Mais, dans le lot apparaissent des titres signés d’auteurs inconnus tels J. H. Gilbert qui ne signa, d’ailleurs que deux titres dans cette collection en 1954.

Est-ce un auteur plus réputé, plus prolifique, sous pseudonyme ? Je ne sais pas.

Toujours est-il que « Le spectre tue à onze heures » est le second de ces titres.

Le spectre tue à onze heures :

M. de Saint-Bavan a été retrouvé mort dans sa bibliothèque. Le suicide ne fait aucun doute pour la police, l’homme tenait encore dans sa main le pistolet qui lui grilla la cervelle et la pièce était fermée de l’intérieur.

Pourtant, Madeleine, sa nièce, n’arrive pas à croire au suicide et se rend chez le détective Randeau pour lui demander de se faire passer pour un ami de son feu père pour passer quelques jours au château des Saint-Bavan afin de mener sa propre enquête.

Mais Randeau, un petit homme falot, ne correspond pas du tout à l’image que l’on peut se faire d’un enquêteur de renom.

Pourtant, il va se montrer très efficace, mais, comme il le dit lui-même, la vérité et la vengeance coûtent parfois fort cher.

Un meurtre ou un suicide, en chambre close, dans le château des Saint-Bavan. Le propriétaire s’est-il fait griller la cervelle ou bien a-t-il été victime d’un assassinat ?

C’est ce que veut savoir la nièce du défunt et, pour cela, elle demande l’aide d’un détective à la piètre allure, mais qui va se révéler efficace...

Le récit commence de belle manière (pour un fascicule de 32 pages) en présentant un personnage de détective loin des clichés du genre.

Malheureusement, il se poursuit de manière bien plus classique avec une intrigue à la fois simple et très usitée que l’on retrouve depuis des lustres dans le genre policier et également dans la même collection.

Un château, un faux spectre, des passages secrets, des attaques, des poursuites, un rebondissement final attendu, le lecteur se retrouve en terrain connu… un peu trop.

Dommage, car la plume n’était pas désagréable et le personnage principal laissait augurer d’un récit plus intéressant.

On notera que l’image du héros dépeinte par l’illustrateur Georges Sogny ne correspond pas à la description du même personnage dans le texte.

Au final, un titre pas désagréable à lire, mais qui ne tient pas toutes les promesses que les premières lignes avaient fait naître.