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Je poursuis ma découverte des aventures de l’Ange, un gentleman cambrioleur né de la plume de Paul Tossel.

Pour rappel, Edward Warency, surnommé l’Ange tout simplement parce qu’il a une bouille d’ange, est une sorte de justicier américain qui dépouille les voleurs pour leur reprendre le fruit de leurs larcins et le restituer à ses propriétaires tout en empochant, souvent, une récompense ou une compensation.

Il apparaît en 1946 dans la collection de fascicules de 32 pages « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi et, durant une dizaine d’années, il vivra plus d’une vingtaine d’aventures disséminées parmi les plus de 500 titres de la collection.

Il fait équipe avec sa compagne Diana Deel et a pour ennemi juré l’inspecteur Kenneth Hartling avec qui il fit une partie de ses études.

Quant à l’auteur, Paul Tossel, il s’agit d’un pseudonyme derrière lequel se cache l’écrivain Louis Roger Pelloussat (1911 - 1980), un auteur de littérature fasciculaire qui destina sa production aux diverses collections policières ou aventures des éditions Ferenczi.

« Documents secrets » est la 3e aventure de l’Ange.

DOCUMENTS SECRETS

Edward Warency, dit « L’Ange », s’intéresse de très près au braquage d’un fourgon postal transportant trois caisses remplies d’anciennes pièces d’or espagnoles en provenance des Philippines.

Quand un importateur chinois fait paraître une petite annonce promettant une forte somme à qui récupérera ce qui a été dérobé, alors, « L’Ange », persuadé que les coffrets recèlent quelque chose d’encore plus précieux que les pesetas, décide de proposer ses services au commerçant asiatique…

Dans cette nouvelle aventure, « L’Ange » croisera la route de son ennemi juré, l’inspecteur Hartling, chargé de retrouver le magot et d’arrêter les voleurs…

Un fourgon postal a été sauvagement braqué par la bande à Sawyers. Alors que l’inspecteur Hartling est dépêché sur les lieux de l’attaque, il y trouve Edward Warency, alias l’Ange, qui semble très intéressé par cette affaire.

Hartling arrête son ennemi juré, mais Diana Deel, la partenaire de l’Ange parvient à faire diversion et à lui permettre de s’échapper.

Quelques heures plus tard, Diana repère dans le journal une petite annonce sous forme de récompense à qui retrouverait le contenu du fourgon. Le commanditaire est un importateur chinois et le montant de la prime ne laisse aucun doute sur le fait que ce qui l’intéresse n’est pas seulement le contenu officiel desdites caisses.

L’Ange décide alors de proposer ses services au chinois…

Quand on se plonge régulièrement dans les aventures d’un gentleman cambrioleur, on retrouve souvent des sujets qui se répètent d’une plume à l’autre.

Parmi ceux-ci, la lutte inextinguible entre le policier et le voleur, mais également des sujets plus vagues ou, tout du moins, plus ponctuels.

Ainsi, chaque gentleman cambrioleur ou presque aura un jour eu à lutter contre un confrère qui aura marché sur ses plates-bandes. On trouvera régulièrement des conflits avec un receleur peu scrupuleux et d’autres broutilles du genre.

Mais quand ces récits sont écrits en période trouble ou dans les années précédant ou suivant les périodes de conflits, il ne faut pas s’étonner qu’à un moment ou un autre, le gentleman cambrioleur fasse preuve de patriotisme et soit mêlé à une affaire d’espionnage.

C’est le cas dans l’épisode du jour et je ne déflore rien, en disant cela, puisque le titre est suffisamment explicite.

Dans ce court épisode qui dépasse à peine 8 600 mots, Edward Warency va donc se mettre au service de la patrie pour retrouver des documents secrets.

Je n’en dirai pas plus, mais c’est un sujet qu’on retrouve depuis Arsène Lupin jusqu’à Théodore Rouma en passant par John Strobbins (qui est plus cambrioleur que gentleman).

Rien de nouveau, donc, sous la plume de Paul Tossel qui nous livre un récit classique, mettant en scène des personnages classiques grâce à une plume tout aussi classique.

Dans un récit aussi court, l’intrigue demeurera simple et linéaire et se contentera d’enchaîner des scènes d’aventures, voire d’action, qui ne demeureront pas dans l’esprit des lecteurs, mais qui rempliront leur office de proposer une lecture agréable.

Une nouvelle fois, le policier sera tourné en ridicule bien que recevant l’aide de son ennemi.

On notera que, bien que publiés à partir de 1946, tous les indices disséminés dans ces trois premiers épisodes laissent à penser qu’ils furent écrits en 1942. Erreur d’interprétation de ma part ? Publication retardée par la guerre ? Réédition de titres plus anciens, mais non identifiés ? Réécriture de certains textes pour en faire une nouvelle série et mettre en place un nouveau personnage ? Difficile de le dire tant toutes ces astuces furent souvent utilisées par des auteurs de littérature fasciculaire, Henry Musnik étant le spécialiste du genre.

Au final, un petit récit d’aventures policières teintées d’espionnage qui ne renouvelle pas le genre, mais qui demeure plaisant à lire.