GM16

Plus on avance et plus on arrive proche de la fin. Cet axiome vaut aussi bien pour les voyages que pour la vie, mais également pour les séries.

Cela s’applique donc également à « Daniel Marsant contre le Grand Maître » une « série » fasciculaire publiée à la toute fin des années 1930 au sein de la collection de fascicules de 64 pages « Police et Mystère » des éditions Ferenczi.

Je dis « série », mais, à l’origine, les 17 aventures contant la lutte acharnée entre Daniel Marsant, un agent du Deuxième Bureau et le Grand Maître, un génie du crime, l’homme aux mille visages et aux cent noms (ou l’inverse) très inspirée de Fantômas sont disséminées au sein de la collection policière parmi plusieurs centaines de titres signés de différents auteurs.

C’est seulement en lisant les titres de cette collection signés Claude Ascain, que l’on se rend compte que l’auteur développe pour l’occasion les aventures de deux personnages. Tout d’abord Jack Desly, un gentleman cambrioleur inspiré par Arsène Lupin ; puis, les fameuses aventures de Daniel Marsant.

Quant à Claude Ascain, derrière ce pseudonyme se cache le prolifique Henry Musnik (1895 - 1957), né au Chili, mais devenu, en France, journaliste sportif et auteur de très nombreux fascicules principalement policiers, mais également d’aventures signées de nombreux pseudonymes tels que Claude Ascain, donc, mais aussi Pierre Olasso, Alain Martial, Gérard Dixe, Pierre Dennys, Jean Daye et bien d’autres…

« Hors de combat », paru en 1940, est la 16e aventure de Daniel Marsant et, donc, l’avant-dernière, l’ultime étant titrée « La capture du Grand Maître », laissant présager de la fin de la série.

HORS DE COMBAT

Le millionnaire américain William Drake s’est installé dans une propriété isolée proche du Cher afin d’échapper aux menaces du Grand Maître.

Une nuit, sa fille Lisbeth est réveillée par des bruits étranges avec la sensation que quelque chose se meut dans sa chambre.

Même si personne n’a rien découvert de suspect dans la pièce, M. Drake, sur les conseils de son ami Spencer Dillwood, contacte l’agent du Deuxième Bureau, Daniel MARSANT, afin qu’il assure sa protection.

Le soir même de son arrivée, Daniel MARSANT décide de prendre la place de la jeune femme sans se douter de l’horreur qui va survenir durant son sommeil…

Le millionnaire américain William Drake subit les menaces et le chantage du Grand Maître. Pour se protéger, il décide de fuir en France et de se cacher dans une propriété isolée au bord du Cher.

Mais, une nuit, sa fille, Lisbeth, entend du bruit dans sa chambre et a l’impression que quelque chose est tombé sur son lit. Bien que personne ne trouve rien son inquiétude suffit à son père pour suivre les conseils de son ami Spencer Dillwood et de contacter Daniel Marsant, l’ennemi juré du Grand Maître.

Arrivé sur place, Daniel Marsant, aidé par Bill Morfing, le détective embauché par Drake pour le protéger, tente de comprendre ce qui a pu se passer et décide de prendre la place de Lisbeth, dans sa chambre, pour la nuit.

Heureusement pour lui, Daniel Marsant est demeuré éveillé, car une chose horrible va arriver…

On retrouve donc Daniel Marsant dans son avant-dernière aventure.

On note immédiatement que l’auteur change un peu son système narratif pour cet épisode.

Effectivement, généralement, les épisodes débutent par un premier chapitre contant un méfait (meurtre, vol, incendie…) d’aspect ordinaire, mais que Daniel Marsant, qui débarque dans la foulée, impute irrémédiablement au Grand Maître.

Ici, point de crime avant l’arrivée de Daniel Marsant, juste un évènement relativement anodin, avec la frayeur nocturne de la jeune femme.

Pour le reste, Claude Ascain reprend son schéma préférentiel à coups de suspects, de tentatives de meurtre sur la personne de Marsant, d’enquête, d’action, de réflexion, de compréhension et d’explications de toute l’affaire dans un ultime chapitre, la plupart du temps par Marsant lui-même.

S’en suit la fuite du Grand Maître dans les dernières lignes.

Ici, donc, l’auteur reprend peu ou proue la même structure à ceci près que Daniel Marsant et le Grand Maître ne se retrouveront pas une seule seconde face à face…

Rien de bien innovant, donc, dans cet épisode, pas plus que dans la série, pourtant j’ai tendance à penser que cet avant-dernier épisode est d’un peu meilleure facture que les précédents et se lit plus plaisamment sans parvenir à en déterminer les raisons. Est-ce parce que je suis de bonne humeur ? Sûrement pas, je ne suis jamais de bonne humeur, paraît-il.

Au final, un agréable avant-dernier épisode, probablement la dernière fois que le Grand Maître échappe à Daniel Marsant.