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« L’homme du Nebraska » est un fascicule de 32 pages publié en 1952 dans la collection « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi qui compte plus de 500 titres signés d’auteurs divers.

Mais « L’homme du Nebraska » est aussi un titre signé par Paul Tossel, un pseudonyme de Louis Roger Pelloussat (1911-1980), un auteur prolifique de la littérature populaire dont l’entièreté de la production sous son nom ou les pseudonymes de Paul Tossel et Gabriel Gay fut destinée aux collections aventures et policières des éditions Ferenczi.

Mais, surtout, « L’homme du Nebraska » est une aventure d’Edward Warency, surnommé L’Ange, de par sa bouille d’ange et sa chevelure bouclée, un gentleman cambrioleur new-yorkais d’un genre particulier puisqu’il ne vide les poches que des brigands et voleurs afin de les délester de leur butin.

Il a pour ennemi juré l’inspecteur Hartling, un ancien collègue de collège, qui a juré de l’arrêter.

« L’homme du Nebraska » est la 6e aventure de L’Ange (sur 23 aventures disséminées dans la collection « Mon Roman Policier) .

L’HOMME DU NEBRASKA

Edward Warency, alias « L’Ange », est invité, par téléphone, à un étrange rendez-vous dans un bouge quelconque.

Sur place, qu’elle n’est pas sa surprise de voir apparaître l’inspecteur Hartling, son ennemi juré !

Mais son étonnement est à son comble lorsque ce dernier lui demande son aide pour retrouver un yacht sur lequel se sont embarqués les dirigeants véreux d’une importante compagnie maritime non sans oublier d’emporter avec eux des caisses de lingots d’or et des documents de première importance.

Edward Warency refuse de travailler à vil prix à l’avancement d’Hartling, mais dans son for intérieur, sa décision est d’œuvrer pour son propre compte… en banque. Exactement la réaction sur laquelle comptait le policier…

L’Ange est sollicité par l’inspecteur Hartling pour mettre la main sur la cargaison de lingots d’or, de bank-notes et de documents importants du yacht Rex Jackson sur lequel se sont enfuis les dirigeants véreux d’une grande compagnie maritime.

Si Edward Warency refuse la proposition, il décide cependant d’agir à son compte et de retrouver ladite cargaison pour se renflouer un peu.

C’est exactement ce sur quoi misait l’inspecteur Hartling en lui parlant de l’or. Il ne lui reste plus qu’à surveiller L’Ange pour espérer retrouver les fuyards, le trésor et les documents.

Mais Edward Warency n’est pas homme que l’on file facilement…

Encore un épisode qui navigue dans l’espionnage avec cette recherche de documents importants en plus de l’or et de l’argent.

La série ne cesse d’aborder le sujet depuis ses débuts une inspiration née du contexte historique d’un récit écrit dans les années qui suivirent la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Au passage, on peut être surpris par le rythme de publication des aventures de L’Ange, du moins pour ces premiers épisodes, puisque les 3 premiers se suivent à un trimestre d’écart, environ, alors que le 4e n’est publié que plus de 3 ans après le précédent et que les deux suivants sont espacés d’environ un an…

Ceci s’explique par le fait que Paul Tossel ne signe pas que des aventures de L’Ange pour cette collection Ferenczi et entre deux aventures d’Edward Warency, sont publiés parfois plusieurs récits de l’auteur dénué de son personnage récurrent.

D’ailleurs, Paul Tossel mettra presque 10 ans pour faire publier les 23 aventures de L’Ange.

Petit épisode que celui-ci, 8 500 mots, dont l’intrigue est forcément simple et linéaire (comme dans tous les fascicules de 32 pages ou presque), mais dans lequel l’auteur n’hésite pas à faire quelques descriptions légères des différents personnages et, surtout, à présenter L’Ange, également et surtout dans sa ligne de conduite pour les lecteurs qui auraient loupé les épisodes précédents.

Pour le reste, du classique, dans lequel on retrouve plus du John Strobbins de José Moselli que du Arsène Lupin de Maurice Leblanc, car, si Edward Warency n’est pas dénué de classe et qu’il peut naviguer dans les hautes sphères, il est plus souvent confronté à la lie de la société.

Rien de neuf, donc, mais un récit maîtrisé, respectant les codes du genre et mené d’une plume fluide et agréable.

Une nouvelle fois, même si elle est un peu en retrait, Diana Deel, la partenaire de L’Ange, a un rôle fort et important qui tranche avec la place usuelle de la femme dans la littérature populaire policière de l’époque qui s’avérait foncièrement machiste.

Au final, épisode court et agréable qui, une nouvelle fois, ne révolutionne pas le genre, mais qui remplit allègrement son office…