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René Jadfard (1889-1947) est un écrivain et homme politique né en Guyane d’une mère guyanaise et d’un père martiniquais et mort en Guyane dans un accident d’hydravion peu de temps après sa députation.

S’il écrivit de la prose et des pièces de théâtre, c’est avant tout pour ses romans policiers qu’il est connu en littérature.

Effectivement, René Jadfard est l’auteur de trois romans policiers publiés dans la mythique collection « Le Masque » entre 1939 et 1941 sous le pseudonyme de Marie-Madeleine Allemand et réédités chez le même éditeur sous le pseudonyme de George Madal.

Mais l’auteur a également écrit quelques autres titres pour des éditeurs de Toulouse, où il fit ses études ainsi que d’autres textes non policiers. 

DRÔLE D’ASSASSIN

Le riche homme d’affaires Richard Welter est assassiné dans sa chambre, d’un coup de poignard dans la poitrine, la nuit suivant une grande réception donnée dans sa propriété.

L’inspecteur RALPH, surnommé « l’Anglais » pour son impassibilité légendaire et son côté taiseux, est chargé de l’enquête.

Les nombreux interrogatoires menés par le policier lui apprennent tout ce qu’il a à savoir du meurtre… sauf l’essentiel : l’identité du coupable et son mobile.

Durant ses investigations, l’inspecteur RALPH va se rendre compte que les apparences sont souvent trompeuses et que son flegme ne résiste pas à toutes les épreuves et toutes les révélations…

Le riche homme d’affaires Richard Welter est assassiné, d’un coup de couteau dans la poitrine, la nuit qui suit une réception donnée chez lui.

C’est l’inspecteur Ralph qui est chargé d’une enquête délicate dans laquelle il lui sera difficile de trouver l’indice pouvant le guider au meurtrier.

Car, bien qu’après de nombreux interrogatoires, il sache tout sur l’affaire, au final, ne connaissant ni le mobile ni l’identité du tueur il ne sait rien.

Heureusement, pour lui, parfois, les apparences sont trompeuses !

Malheureusement, pour lui, parfois, les apparences sont trompeuses !

Et l’impassibilité légendaire de l’inspecteur Ralph va être mise à très rude épreuve durant l’enquête.

René Jadfard, sous les pseudonymes de Marie-Madeleine Allemand et Georges Madal, signa au moins deux romans policiers mettant en scène le personnage de l’inspecteur Ralph.

Le premier se nomme « L’assassin joue et perd ».

Le second est intitulé, donc, « Drôle d’assassin ».

Ce second récit, nettement plus court que le premier, propose une intrigue faussement complexe, mais en réalité assez simple, rondement menée par l’auteur et un peu moins par le policier et qui a pour principal défaut, l’une de ses qualités premières à l’époque où il fut écrit.

Effectivement, le problème d’axer son intrigue sur un détail technique moderne est, qu’avec le temps, celui-ci perd de sa modernité et donc de son intérêt et de sa crédibilité.

Cependant, il faut bien reconnaître que, malgré ce détail (qui n’en est pas un) le récit est bien maîtrisé, que l’auteur nous propose un style plutôt alerte, une narration agréable, des personnages, certes, manichéens, mais plutôt intéressants avec, en tête, le fameux inspecteur Ralph.

L’impassibilité légendaire qui vaut à l’inspecteur le surnom de « L’Anglais » ne peut passer inaperçue tant l’auteur rabâche, au début, ce trait de caractère.

Si cet abus est un peu lassant, il se comprend tant il participe à expliquer la charge émotionnelle nécessaire à faire perdre ses moyens à un tel homme.

En ce qui concerne l’intrigue, donc, elle perd évidemment énormément à l’aulne des connaissances des lecteurs de notre époque, tant dans l’identité du meurtrier que dans la construction de l’enquête.

Les lecteurs habitués aux séries policières détaillant le travail des enquêteurs ne peuvent qu’être surpris que le fameux inspecteur Ralph ne soupçonne pas un personnage évident à qui profite le crime.

Mais, il y a 80 ans, on peut douter que les lecteurs étaient aussi perspicaces que désormais.

De même, donc, pour les détails techniques.

Par contre, pour le déroulé du récit, le style de l’auteur, on doit admettre que René Jadfard savait mener sa barque parvenant à alterner agréablement les passages dialogués des divers interrogatoires avec ceux des moments d’actions ou de descriptions.

On notera également quelques passages au présent pour dynamiser et rendre le récit plus trépidant.

Un dynamisme qui est d’ailleurs présent pendant toute la lecture.

Et si les révélations finales sont désormais désuètes, jusqu’à ce moment, ou, tout du moins, pendant une bonne partie du récit, le mystère est entier et assez prenant.

Au final, un roman policier qui souffre des différences cultures et techniques qui séparent les lecteurs de l’époque à ceux d’aujourd’hui, mais qui se révèle très agréable à lire, notamment grâce à la plume et à la maîtrise du genre de l’auteur…

P.S. On notera que l’illustration de la couverture du roman publié dans la collection Le Masque n’a pas grand rapport avec l’histoire (où j’ai loupé un passage).