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Il y a quelques années, je découvrais la plume de Sophie Hénaff à travers « Poulets grillés », un roman policier très drôle, mais pas que.

J’ai un peu tardé à replonger dans les aventures du commissaire Anne Capestan et toute son équipe de bras cassé, ayant tant d’auteurs, de romans, de personnages à découvrir.

Mais c’est avec plaisir que je replonge dans une enquête déjantée à la sauce de la brigade des Innocents.

Pour petit rappel, le commissaire Anne Capestan est mise au placard après une bavure, mais un placard bancal et poussiéreux puisqu’elle est mise à la tête d’une nouvelle brigade chargée des Cold Case, c’est-à-dire des vieilles affaires non résolues.

Et, pour former cette brigade, on lui octroie la lie de la profession, les hommes et les femmes dont chaque service veut se débarrasser, mais qu’on ne peut virer.

Alcoolo, joueuse compulsive, chat noir, grande gueule, homosexuel…

Rester groupés :

Ça bouge au 36 quai des Orfèvres. De nouvelles recrues rejoignent les rangs de la brigade maudite du commissaire Anne Capestan, dont Saint-Lô, sorti de l’hôpital psychiatrique dans la peau de d’Artagnan et Ratafia, rat policier. Sale affaire pour l’équipe de bras cassés : trois assassinats éparpillés sur le territoire. Un point commun : le tueur a prévenu ses victimes. Cerise sur le gâteau : l’ex beau-père de Capestan est l’une d’elles.

Le commissaire Anne Capestan, bien que dirigeant une brigade de pestiférés, est chargée, en collaboration avec deux autres services, de l’enquête sur l’assassinat du commissaire Serge Rufus.

Nul doute pour Capestan qu’elle n’a été conviée à l’enquête que parce qu’elle est la belle-fille de la victime… ancienne belle-fille puisque séparée du fils Paul Rufus…

La petite guéguerre entre services est toujours effective, mais encore plus quand la brigade des Innocents (leurs bureaux donnent sur la Fontaine des Innocents) est de la partie.

Pourtant, rapidement, Anne Capestan parvient à trouver une piste qui a échappé aux autres, celle d’une autre personne morte un peu dans des circonstances similaires…

On retrouve donc les fameux poulets grillés du premier opus.

Et il faut dire que, plusieurs années après les avoir découverts, j’ai eu un peu de mal à tous les resituer, car j’ai toujours du mal quand les personnages principaux sont trop nombreux.

Bien évidemment, Torrez le chat noir, flic qui porte la poisse et que tous ses confrères fuient comme la peste, restait en ma mémoire. Tout comme Anne Capestan.

Pour les autres, j’ai mis un peu de temps à remettre un nom sur une description. Qui la romancière à succès, qui la joueuse compulsive, qui l’homosexuel, qui l’alcoolo…

Et cela a probablement nui un peu au début de lecture.

Peut-être aurait-il été plus judicieux, de la part de l’auteur, de faire une présentation concise, mais pertinente de chacun des membres de la brigade.

Cependant, malgré cela, la plume de l’auteur, toujours aussi fluide et agréable, l’humour, toujours présent (parfois un petit trop) et l’intrigue, emportaient le lecteur que je suis.

Car, effectivement, le roman, la série, est basé sur l’humour et le décalage apportés par ces laissés pour compte, ces bras cassés déclassés, mais l’auteur n’oublie pas, comme pour la première enquête, de proposer une réelle intrigue à son histoire.

Et, de fait, le déroulement de l’enquête, en plus d’apporter son lot d’humour, propose également un brin de suspens qui n’est pas négligeable.

Petit à petit, me refamiliarisant avec les divers personnages, mon attention se portait davantage sur l’intrigue.

Alors, certes, cette intrigue perd un peu d’efficacité en cours de route du fait qu’une fois les tenants et les aboutissants de l’enquête bien cernés, le reste devient un peu trop classique et prévisible.

Mais on pourra rire de la séquence d’affrontement entre la brigade et les supporters de Chelsea venus en découdre avec ceux du PSG (même si les passages avec Ratafia, le rat, bien que drôles, sont exagérés, mais l’auteur n’est pas à cela près).

Et on se délectera de ces aventures jusqu’à la fin avec une dernière séquence tout aussi déjantée et une ouverture sur l’épisode suivant…

En plus, la brigade s’agrandit avec Saint-Lô, surnommé D’Artagnan, un policier se pensant né au XVIe siècle et, vers la fin, de Diament, un hercule métis.

Au final, si la surprise ne fait plus effet, par rapport au premier opus, puisque le lecteur sait où il met les pieds, le plaisir de retrouver chaque membre de cette brigade fonctionne toujours et l’histoire se suit sans déplaisir.