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Et je m’approche doucement, mais sûrement de la fin des aventures de Jack Desly, le gentleman-cambrioleur né de la plume de Henry Musnik (alias Claude Ascain) avec « La vieille demoiselle », 21e aventure sur 25 du personnage.

Pour rappel, Jack Desly apparaît pour la première fois en 1937 dans la collection policière « Police et Mystère » des éditions Ferenczi, composée de plusieurs centaines de fascicules de 64 pages signés divers auteurs de l’époque.

Le titre et les suivants de la « série » est signé Claude Ascain, un des nombreux pseudonymes de Henry Musnik (1895-1957) un auteur prolifique de la littérature fasciculaire française, bien que né au Chili. Il fut également journaliste sportif.

Musnik sous son nom ou ses pseudonymes (Claude Ascain, Alain Martial, Pierre Dennys, Gérrd Dixe, Pierre Olasson, Jean Daye… et bien d’autres) signa un nombre impressionnant de textes et d’articles.

Certes, pour ses fascicules, il gonfla sa production (et sa rémunération) en réutilisant certains de ses textes et en changeant les noms des personnages et le pseudonyme avec lequel il le signait.

Sa production est également accrue avec les diverses rééditions de collection en collection chez un même éditeur et, surtout, chez Ferenczi…

Mais, même sans ces artifices, le nombre de textes originaux écrits par l’auteur demeure incroyable.

Dans le lot, Musnik fit vivre plusieurs personnages de gentlemen-cambrioleurs dont Robert Lacelles, Mandragore et… Jack Desly.

Jack Desly est épaulé par son fidèle serviteur annamite, Nan-Dhuoc.

« La vieille demoiselle » a été publié en 1938.

LA VIEILLE DEMOISELLE

Alors que Jack DESLY attend dans le hall de sa banque pour effectuer son retrait mensuel sur son compte, il aperçoit une vieille demoiselle outrageusement fardée qui demande à descendre à son coffre.

Quelques minutes plus tard, les cris de la douairière attirent le personnel de l’établissement, ainsi que Jack DESLY, au sous-sol.

La cliente est au bord de l’évanouissement, elle vient de trouver le gardien, M. Hoyau, inanimé dans un réduit…

Ce dernier révèle avoir été assommé sans savoir par qui ni pourquoi.

Quand le directeur des lieux constate la disparition de trois millions de francs, le mobile de l’agression devient évident si agression il y a eu, car tout semble prouver la culpabilité de M. Hoyau…

Mais, Jack DESLY, persuadé de l’innocence du pauvre homme, décide de tout faire pour la démontrer. Après tout, n’y a-t-il pas trois millions à gagner dans l’affaire ?...

Jack Desly est à la banque, non pas pour la cambrioler, mais pour faire un retrait légal sur son compte.

Mais, pendant qu’il attend, les cris d’une vieille cliente descendue à son coffre retentissent. La foule rapplique dont Jack Desly qui se charge de rassurer la vieille dame tout affolée d’avoir trouvé le gardien des coffres inanimé dans un réduit.

Jack Desly se charge de raccompagner la pauvre vieille chez elle tout en imaginant qu’il s’est passé quelque chose. Après tout, on n’assomme pas un gardien sans raison.

Le lendemain, le directeur de la banque se rend compte que trois millions ont disparu du coffre de la banque et Arthème Ladon est chargé de l’enquête.

Le policier ne tarde pas à suspecter le gardien, mais celui-ci a déjà disparu, Jack Desly s’est chargé d’aller le récupérer…

Une nouvelle fois, Jack Desly tombe par hasard sur une affaire mystérieuse et qui s’annonce fructueuse.

Dans ce récit de 18 300 mots, l’auteur livre une intrigue classique, sans son genre et dans sa construction.

Effectivement, Jack Desly va une nouvelle fois être confronté à son ennemi juré, l’inspecteur Arthème Ladon.

Mais, là encore, il va tout de même l’aider en lui livrant les coupables, sans oublier, au passage, de se payer pour sa peine.

Et, dans un ultime chapitre, il va conter, cette fois-ci à sa compagne Gladys, la façon dont il a tout compris et comment il s’y est pris pour résoudre l’affaire.

C’est une structure usuelle dans les récits de l’auteur et notamment et surtout dans la série « Daniel Marsant contre le Grand Maître » dont tous les épisodes sont construits sur le même canevas.

Donc, rien de neuf, le lecteur est en terrain connu, donc pas de surprise, mais pas de mauvaise surprise même si on peut regretter la quasi-absence du personnage de Nan-Dhuoc, personnage par lequel passent la plupart des traits d’humour des épisodes précédents.

C’est dire que l’humour est un peu délaissé ici, ce qui est franchement dommage, car la présence Nan-Dhuoc est assurément un petit plus de la série.

Pour le reste, du convenu avec un Jack Desly qui s’en sort avec brio quand Arthème Ladon se trouve encore être le dindon de la farce.

Au final, épisode classique, mais qui perd un peu de par l’absence du vecteur d’humour qu’est le personnage de Nan-Dhuoc, le fidèle serviteur de Jack Desly.