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Et voilà ! j’approche lentement mais sûrement de la fin d’une autre série de Henry Musnik, signé de l’un de ses pseudonymes, Claude Ascain : « Jack Desly » avec la 24e aventure sur 25 du gentleman cambrioleur : « La mystérieuse cachette ».

Pour rappel, Henry Musnik (1895-1957), né au Chili fut journaliste sportif en France, mais, surtout, l’un des principaux piliers de la littérature fasciculaire entre 1930 et son décès.

En moins de 30 ans, il écrivit un nombre considérable de récits fasciculaires, pour la plupart dans le genre policier, mais pas que, signant les divers titres de nombreux pseudonymes tels que Claude Ascain, Pierre Olasso, Jean Daye, Alain Martial, Pierre Dennys et j’en passe et j’en passe.

Pour s’assurer plus de revenus et concocter plus rapidement des titres à proposer à divers éditeurs, il n’hésita pas à réutiliser certains de ses textes soit dans leurs intégralités en changeant le nom des personnages, en les signant avec un autre pseudonyme pour les fournir à un autre éditeur, soit par morceau, tels que ou réécris, pour les intégrer dans d’autres récits…

Malgré toutes les astuces de l’auteur, sa production demeure immense.

Pour la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi, il développa plusieurs personnages récurrents souvent inspirés de héros de la littérature populaire.

Entre 1937 et 1938, le lecteur, au milieu des centaines de titres de la collection, titres signés par différents auteurs, put découvrir 25 aventures de Jack Desly, un gentleman cambrioleur souvent épaulé par son fidèle serviteur annamite Nan-Dhuoc.

Comme tout bon personnage du genre, il est sans cesse poursuivi par un policier borné, ici, l’inspecteur Arthème Ladon.

« La mystérieuse cachette », parue fin 1938 sous la forme d’un fascicule de 64 pages, est la 24e et avant-dernière aventure de Jack Desly.

LA MYSTÉRIEUSE CACHETTE

Pour une fois, Jack DESLY envisage d’acquérir légalement une bague pour l’offrir à sa compagne et complice Gladys.

Tandis que celle-ci est occupée à faire son choix dans une bijouterie, elle surprend une discussion entre le secrétaire de lord Plushing, un riche anglais, et le propriétaire.

Les deux hommes planifient une présentation des plus belles pièces de l’établissement dans la chambre d’hôtel qui recevra sous peu lord Plushing, de passage incognito à Paris.

Connaissant les détails du marché, Jack DESLY décide de profiter de l’occasion pour mettre la main sur le magot.

Installé dans le hall du palace, à l’heure à laquelle un employé du joaillier doit arriver, Jack DESLY attend vainement ce dernier.

Le lendemain, dans les journaux, il apprend que celui-ci a été agressé et dévalisé sur le trajet.

Le gentleman cambrioleur mène une enquête parallèle à celle de son ennemi de toujours, l’inspecteur Arthème Ladon. Seulement, son but n’est pas de rendre la justice, mais de s’approprier le butin…

Alors que Gladys, la compagne et complice de Jack Desly, choisit, dans une bijouterie, une bague que Jack veut lui offrir, elle surprend la conversation entre le patron de la boutique et le secrétaire d’un riche lord anglais. Ce dernier est là pour organiser une présentation des plus riches pièces du joaillier, dans la chambre d’hôtel qu’a réservé incognito son patron de passage à Paris.

Jack, apprenant l’affaire de la bouche de la jeune femme, décide de la suivre de près, mais l’employé chargé d’apporter les joyaux à l’hôtel est attaqué et dévalisé en chemin…

On retrouve donc Jack Desly pour une avant-dernière aventure.

Dans ce récit de presque 19 000 mots, Jack Desly va une nouvelle fois se confronter avec des confrères qui l’auront devancé dans un coup qu’il avait préparé. Il devra, en parallèle, se défier d’Arthème Ladon qui sera chargé de l’enquête.

Rien de nouveau, une nouvelle fois, dans le monde de Jack Desly où, quand il n’a pas à rendre justice pour aider un jeune homme ou une jeune femme en détresse, se charge de délester des confrères moins scrupuleux que lui de leur butin.

Henry Musnik, sous le pseudo de Claude Ascain, mène son récit sur le même schéma que les précédents tant dans l’histoire que dans la narration.

Pourtant, le récit se lit avec plaisir d’autant que Nan-Dhuoc, le personnage par lequel passe l’humour dans la série, est un peu présent et fait tourner l’inspecteur Ladon en bourrique.

Certes, le lecteur difficile pourra se plaindre du manque d’originalité de l’intrigue et de la plume de l’auteur, mais un lecteur difficile se tournera-t-il vers ce genre de littérature qui n’a d’autre but que d’occuper agréablement un petit moment de lecture ?

Et si vraiment un lecteur difficile s’essayait à la littérature fasciculaire, choisirait-il un texte d’Henry Musnik ? Je n’en suis pas certain.

Car il faut bien avouer que, malgré le plaisir que je trouve à lire la plupart des textes de l’auteur, celui-ci est revu à l’aulne du genre, du format et de l’auteur.

Dans le genre policier et le format fasciculaire, si je devais chercher à tout prix de réelles qualités, je me pencherais de préférence vers des auteurs tels Maurice Lambert, Charles Richebourg ou J. A. Flanigham plutôt que vers Henry Musnik.

Pour autant, il ne faut pas bouder la production de l’auteur et encore moins les aventures de Jack Desly qui, dans sa bibliographie, est ce qui se fait de plus sympathique avec la série « Mandragore » un clone de Jack Desly…

Au final, une série sympathique avec un personnage secondaire, Nan-Dhuoc, attachant et des aventures qui se lisent avec plaisir.