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Marcel Priollet… Oui, je sais, je vais me répéter, mais comme tout le monde ne lit pas toutes mes chroniques, certains d’entre vous ignorent encore peut-être qui est Marcel Priollet.

Donc, Marcel Priollet (1884-1960) fut un des principaux piliers de la littérature populaire française et plus particulièrement celle fasciculaire (comme Henry Musnik, Paul Dargens, Albert Bonneau, Rodolphe Bringer, Max-André Dazergues, Marcel Allain et quelques autres).

Sa production fut immense et principalement dirigée, mais pas que, vers deux genres : le policier et le sentimentalo-dramatique.

D’un côté, des policiers ou des détectives ; de l’autre, des jeunes femmes éplorées ou amoureuses (voire les deux en même temps).

Mais, comme je ne m’intéresse qu’au genre policier, je me suis penché vers cette part de sa production.

Avant d’écrire, au milieu des années 1940, deux séries pour les éditions Tallandier (« Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs »), Marcel Priollet fit vivre plusieurs enquêteurs récurrents dont la plupart, pour la collection de fascicules 24 ou 32 pages, « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes.

Sur la centaine de titres que compte la collection, il en écrivit presque les 9/10 ème et il mit en scène pas moins de 4 récurrents : l’inspecteur de la Brigade Mondaine Bob Rex, le détective Radiesthésiste Claude Prince, l’inspecteur principal François Pessart et le détective Sébastien Renard.

Parfois, certains se croisaient dans un titre, l’un étant le héros, les autres faisant des apparitions. D’autres fois, ils parvenaient presque à se partager la vedette, ce qui est le cas ici.

En effet, dans « Casaque orange, toque blanche », Sébastien Renard et l’inspecteur Pessart vont se partager l’enquête autour de la disparition d’un cheval et de son jockey.

CASAQUE ORANGE, TOQUE BLANCHE

L’inspecteur principal François PESSART et le détective Sébastien RENARD assistent ensemble, à l’hippodrome de Longchamp, au Grand Prix du Conseil Municipal.

Quand tous les participants sont dans les stalles, leurs yeux sont rivés sur la pouliche « Banane » sur laquelle ils ont parié.

À l’entrée du petit bois, « Banane » mène et réussit à prendre la corde, rendant les deux amis optimistes quant à l’issue de la course.

Contre toute attente, leur favori ne réapparaît pas à la sortie du rideau d’arbres, contrairement aux autres concurrents…

Une chute malheureuse, probablement !

Mais, lorsqu’ils arrivent au pesage pour se renseigner, ils apprennent que le cheval et le jockey ont mystérieusement disparu sans laisser de traces…

Lors d’une course hippique, l’inspecteur Pessart et le détective Sébastien Renard ont parié sur « Banane », le favori. Ils assistent alors à la course et sont étonnés qu’après avoir mené celle-ci, Banane ne réapparaisse pas à la sortie du bois qui masquait la vue des chevaux au public.

Après la course, alors que tous les chevaux sont rentrés au pesage, toujours aucune nouvelle de Banane et son jockey. D’ailleurs, ils apprennent du propriétaire que le cheval et le jockey ont proprement disparu sans laisser de trace.

Marcel Priollet nous convie à une course hippique dans ce court récit de 8 000 mots qui met en vedettes l’inspecteur Pessart et le détective Sébastien Renard.

Qui dit petite enquête dit petite énigme et coupable qui avoue rapidement.

Ce sera le cas dans cette histoire qui sera rondement menée principalement par le détective Sébastien Renard, l’inspecteur Pessart n’étant pas désigné officiellement sur l’affaire.

Rien d’extraordinaire, donc, mais rien d’étonnant à cela puisque l’on sait que l’auteur a dû écrire beaucoup et très vite et qu’il n’avait pas assez de place en 8 000 mots pour laisser totalement s’épanouir sa plume et son inspiration.

On se retrouve donc souvent face à des textes ne proposant qu’un minimum syndical (parfois moins), c’est-à-dire des textes qui n’ont d’autre but que de remplir un petit moment de lecture sans laisser de traces pérennes.

Dommage, car l’on a pu constater, sur des textes plus amples, que Marcel Priollet pouvait offrir mieux à ses lecteurs.

Mais, comme le travail de l’éditeur, les Éditions Modernes, était exécrable, on se dit que l’auteur a bien fait de ne pas trop se fouler la rate.

Mais enfin, sans être extraordinaires, presque tous ces textes sont appréciables pour ce qu’ils sont même si l’on ne s’en relèvera pas la nuit.

Au final, petite enquête, petit moment de lecture, petit plaisir, pas coupable, mais pas inoubliable.