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Je poursuis ma découverte de la production de l’écrivain Marcel Priollet (1884-1960) un des piliers de la littérature fasciculaire de son époque, principalement connu pour ses nombreux titres policiers ou sentimentaux…

L’œuvre de Marcel Priollet, je commence à bien la connaître, puisque je dois presque atteindre les 100 titres lus (ce qui n’est qu’une partie infime de sa production, mais je me contente de la part policière de celle-ci)…

Dans le genre policier, on le retrouve, sous son nom ou le pseudonyme de Marcelle-Renée Noll (parfois aussi sous ceux de Henry de Trémières et René Valbreuse) principalement dans ses séries « Old Jeep et Marcassin » ou « Monseigneur et son clebs », ou dans les collections « Le Roman Policier » des éditions Ferenczi ou « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes.

« Le décapité vivant » est un texte publié en 1921 dans la collection de fascicules de 32 pages « Le Roman Policier » en 1921 et réédité, comme beaucoup de textes de cette collection, par le même éditeur et quelques années plus tard dans la collection de fascicules de 64 pages « Police et Mystère »…

LE DÉCAPITÉ VIVANT

Le détective Lavalette est soulagé après l’exécution de Birbarit, le sanguinaire assassin du marquis de Lautière, que les indices récoltés durant son enquête permirent de faire condamner à mort.

Au bout de quelques jours, un journaliste de ses amis lui assure avoir croisé, dans les rues, Birbarit bien vivant. Ce dernier se serait enquis de l’adresse du policier.

Lavalette pense alors que le reporter a été victime d’hallucination.

Mais il ne tarde pas à changer d’avis quand un homme sonne chez lui pour demander à le voir. Le visiteur n’est autre que le terrible Birbarit…

Le détective Lavalette a fait son boulot en arrêtant le meurtrier du marquis de Lautière, un dénommé Birbarit et en découvrant les preuves de sa culpabilité. Aussi n’est-il pas fâché quand Birbarit passe à la guillotine. Il pense ne plus entendre parler de celui dont certains affirmaient l’innocence.

Pourtant, quelques jours après l’exécution, il reçoit la visite d’un ami journaliste qui lui affirme avoir croisé Birbarit dans la rue et même lui avoir parlé. Ce dernier cherchait l’adresse à laquelle demeure le détective.

Lavalette pense que son ami a été victime d’hallucination. Pourtant, il ne tarde pas à recevoir la visite d’un inconnu qui n’en est pas un puisqu’il s’agit de Birbarit…

Qu’il est bon de replonger dans les premières productions de l’auteur (ou dans les dernières) surtout quand on s’est concentré pendant quelque temps sur celle destinée à la collection « Les Grands Détectives ».

Effectivement, pour cette collection, Marcel Priollet, pris par le temps (probablement) et par la concision inhérente au format voulu par l’éditeur (textes de 8 000 mots ou moins) a rarement été capable de livrer le meilleur de lui-même.

Ici, fort des presque 15 000 mots du récit, Marcel Priollet a le temps de placer son histoire et de laisser un peu aller sa plume.

D’ailleurs, à travers un prologue sous forme de retranscription du « journal » du détective Lavalette, Marcel Priollet propose une mise en place de l’intrigue très agréable et plante un mystère intéressant même si, les lecteurs actuels, contrairement à ceux d’hier, se doutent un peu du rebondissement final.

Effectivement, celui-ci a été moult fois utilisé depuis, dans les films, les séries et les romans. Mais je ne m’étendrais pas en détail pour ne pas déflorer l’histoire.

Cependant, même si on se doute de la révélation à venir, cela n’entache pas le plaisir de lecture qui tient autant à la qualité de la plume de Marcel Priollet qu’à l’histoire elle-même.

Certes, les personnages ne sont guère originaux et, d’ailleurs, assez peu décrits, mais l’auteur déroule son histoire de manière fluide et intéressante. Et même si, encore une fois, on se doute de la fin, on n’en prend pas moins de plaisir à suivre les péripéties du détective Lavalette…

Au final, avec un prologue fluide et efficace, Marcel Priollet parvient à accrocher le lecteur sans jamais le perdre par la suite malgré une révélation finale un peu convenue… à notre époque.