51g-0Mle6SL

« Premier sang » est un très court roman de Gilles Milo-Vacéri publié en 2020…

Ceux qui me lisent régulièrement savent combien je suis attaché au genre policier en général et aux personnages récurrents en particulier.

Une série policière, forcément, cela va m’attirer.

Pourtant, je n’avais jamais entendu parler de Gilles Milo-Vacéri, ni de son enquêteur récurrent Gabriel Gerfaut.

Aussi, quand j’appris l’existence de l’un et de l’autre, la question était de savoir par où débuter ma découverte.

Par le début, me direz-vous !

Effectivement, quoi de plus naturel et c’est généralement mon réflexe quand j’ai l’occasion de me plonger dans l’enquête liminaire d’un personnage.

Oui, mais voilà, la première enquête de Gabriel Gerfaut, « Que son règne arrive » a été publiée en 2014.

Alors, pourquoi lire, en premier lieu, « Premier sang ».

Pour deux principales et uniques raisons.

La première, c’est que ce très court roman fait 17 500 mots.

17 500 mots, c’est peu pour développer une intrigue, mais c’est probablement assez, pour un auteur, pour démontrer ses capacités littéraires et présenter un personnage.

Ensuite, et enfin, parce que ce titre, bien que paru en 2020, après 8 enquêtes de Gabriel Gerfaut, est un prequel à la série. En clair, cet épisode amène le lecteur au début de la carrière de Gabriel Gerfaut et est censé permettre aux aficionados de la série de mieux comprendre le personnage.

Bon, du coup, comme un court roman, s’il est mauvais, prend moins de temps à lire qu’un mauvais pavé, je me suis dit que c’était l’occasion de faire connaissance et avec le personnage et avec la plume de l’auteur.

Premier sang :

24 décembre 1999
Fraîchement émoulu de l’école de police où il a excellé, le lieutenant Gabriel Gerfaut a choisi la prestigieuse Brigade Criminelle de Paris pour y faire carrière. Depuis quatre mois, sous les ordres du capitaine André Gramont, alcoolique et déjà aigri, il ronge son frein en préparant le café ou en tapant les Procès-Verbaux interminables de son supérieur. En cette veille de Noël, quand le commissaire divisionnaire Gustave Marcelli débarque dans le service, son destin va basculer…
Les premiers pas du célèbre commandant Gabriel Gerfaut au 36 Quai des Orfèvres,
le héros à l’origine de la série best-seller.
Ce court roman explique pourquoi Gerfaut est devenu un spécialiste des tueurs en série, d’où lui viennent ses fameux petits tiroirs et comment sa méthode d’investigation, très éloignée du Code de procédure, a vu le jour. Un bond dans le passé, au moment où Gabriel Gerfaut a quitté l’armée et entre dans la police, à la Brigade Criminelle.

Gabriel Gerfaut veut faire carrière à la Brigade Criminelle. Aussi prend-il son mal en patience quand son capitaine ne lui réserve que des tâches administratives et sans intérêt. Mais une enquête va bientôt tout changer pour lui…

Bon, à la lecture de la 4e, on se doute bien que cet épisode est destiné aux fans de la série, une façon d’occuper le terrain littéraire, et de proposer un nouveau titre à moindres frais (de mots, seulement 17 500).

Le prétexte du prequel permet alors à l’auteur de faire court et à l’éditeur de vendre à plus de moitié prix (10 euros le livre papier, 4 euros le livre numérique) par rapport aux autres épisodes qui doivent faire 4 ou 5 fois cette taille.

Bref, c’est un peu le principe, dans la chanson, de l’album de reprises avec deux inédits pour à la fois chercher des euros dans la poche des fans qui ont déjà toute la discographique de leur chanteur ou chanteuse préférées et dans celles des autres qui se disent que c’est là l’occasion de découvrir l’artiste.

Donc, j’ai découvert (et pas en argent) Gabriel Gerfaut et la plume de Gilles Milo-Vacéri.

Que dire ?

Que la 4e fait des promesses que le roman de tient pas.

Par exemple, le lecteur n’apprendra pas d’où vient à Gerfaut ses « petits tiroirs ». Il apprendra juste qu’il a cette faculté de ranger des informations aussi minimes soient-elles, dans des cases de sa mémoire et de les ressortir à la demande.

Mais bon.

Gabriel Gerfaut, malgré cette capacité d’observation et surtout, de mémoire, n’a rien de bien particulier. Beau gosse, courageux, intelligent, solitaire, rebelle à l’autorité… il lui manque juste d’être un peu dépressif et d’être brisé par un passé mystérieux pour entrer dans le moule de la plupart des enquêteurs de « Thriller » à succès. En même temps, je dis ça, mais peut-être que dans les autres romans, on apprend qu’il est dépressif et qu’il a un passé qui le hante…

Je ne m’étendrais pas sur l’intrigue.

En 17 500 mots, ce qui est la taille des fascicules de 64 pages que j’affectionne et dont je parle beaucoup, je sais qu’un auteur n’a pas le temps de poser une réelle intrigue.

Aussi, je pardonnerai les approximations, les erreurs colossales du tueur qui permettent de le faire prendre aussi rapidement et aussi facilement, ainsi que le manque de professionnalisme de Gerfaut et de son chef pour arrêter le tueur.

Enfin, je dis que je pardonne, mais qu’un grand policier comme celui qui prend Gerfaut sous son aile interpelle de loin, en l’appelant, un assassin sanguinaire, alors qu’il peut s’approcher discrètement et le ceinturer sans qu’il ne puisse réagir… bref.

Du coup, intrigue pas convaincante (mais excusable), personnage pas très original, ni même attachant… il ne me reste plus que le style de l’auteur à décortiquer…

Et je ne sais pas quoi en penser.

Je n’ai rien trouvé de particulier dans cette plume. Ni de grands défauts, mais surtout pas de grandes qualités.

Alors ? Gilles Milo-Vacéri s’épanouit-il uniquement dans le long format ?

Son personnage et son style ne prennent-ils de l’ampleur que dans des enquêtes longues ?

L’auteur aurait-il bâclé ce prequel ? L’aurait-il écrit pour de mauvaises raisons, sans passion ?

Au final, je ne suis pas plus avancé avant qu’après lecture et ne sais pas si je vais me plonger dans la suite, c’est-à-dire les précédents titres.