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Poursuivons la découverte des enquêtes de l’inspecteur Girard (ou Gérard selon les récits), un personnage créé par l’auteur André Charpentier.

On retrouve ce personnage dans près d’une vingtaine de fascicules de 64 pages, dans diverses collections des éditions Ferenczi de la seconde moitié des années 1930 et le début des années 1940. Mais pas que, puisque je l’ai repéré dans « Le billet de mille », un texte publié par les éditions Tallandier.

Quant à l’auteur, André Charpentier (1884-1966), on peut dire que c’est un journaliste écrivain spécialisé dans la littérature fasciculaire policière bien qu’il ait également écrit quelques textes pour la jeunesse.

On notera qu’il fit un hommage au célèbre personnage de Loufock Holmes, de l’humoriste Cami, en écrivant pour le magazine « Pêle-Mêle », « Les disciples de Loufock Holmes »…

« Le duel du IIIe acte » est un titre paru en 1939 dans la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi sous la forme d’un fascicule de 64 pages.

LE DUEL DU IIIe ACTE

Sur les planches du Théâtre Montpensier, durant la représentation de la pièce « Jalousie », au IIIe acte, comme chaque soir, lors de la scène du duel, l’acteur Simon Sablan s’écroule.

Cette fois-ci, il ne se relèvera pas une fois le rideau tiré, il a été touché en plein cœur par une véritable balle.

Accident ? Sabotage ? Meurtre par procuration ?

Telles sont les questions auxquelles devra répondre l’inspecteur GIRARD, chargé de l’enquête.

Mais, au fil de ses investigations, les interrogations se feront plus nombreuses et les suspects défileront au fur et à mesure des révélations…

Lors d’une représentation théâtrale lors de la scène de duel entre deux prétendants du premier rôle féminin, l’un des deux acteurs s’écroule, comme tous les soirs, mais ne se relèvera pas, une balle lui ayant transpercé le cœur.

L’inspecteur Girard est chargé de découvrir s’il s’agit là d’un simple incident dû à une erreur du machiniste devant chargé l’arme ou bien s’il y a eu intentionnalité, auquel homicide volontaire et si oui, par qui et pourquoi.

Bien vite, l’intrigue s’enroule autour de l’actrice jouant le rôle principal et ayant eu une relation intime avec les deux acteurs jouant les duellistes.

Mais l’inspecteur Girard va bientôt se rendre compte que le drame ne se noue pas qu’autour de sentiments…

On retrouve donc l’inspecteur Girard sur une nouvelle enquête.

Une nouvelle fois, le voici qui monte sur les planches pour résoudre un meurtre.

Et ce n’est pas étonnant puisque le lecteur assidu se rendra compte que l’auteur réutilise un pan de l’intrigue qu’il a déjà développée pour une enquête précédente : « Le drame de la loge bleue ».

Heureusement, l’emprunt, s’il est suffisant pour être remarqué, ne l’est pas au point de nuire à cette enquête ni d’en faire une pâle copie de la précédente ni d’un plagiat éhonté.

Cependant, il manquera un point fort dans cette enquête, si ce n’est dans la forme, du moins dans le fond, pour la démarquer des autres. Ici, point de crime en chambre close, de meurtre impossible ou ce genre de mystère qui, même s’il a dû mal à prendre toute son ampleur dans un récit si court, n’en met pas moins l’eau à la bouche des lecteurs férus de romans policiers.

Pas de gros mystère, donc, pas de grosse intrigue, donc pas de grosses révélations. Uniquement une enquête qui tient sur les interrogatoires et sur les filatures, et, bien évidemment, sur le hasard, comme toute bonne enquête de 17 000 mots seulement, comme celle-ci.

Pour autant, le récit n’est pas déplaisant à lire et André Charpentier remplit correctement son rôle pour rendre l’ensemble agréable à défaut de mémorable.

On regrettera, comme à chaque enquête de l’inspecteur Girard, que celui-ci soit si peu esquissé, voire pas du tout et que l’on ne sache strictement rien sur lui, ni description physique, ni description de caractère, pas même un prénom ou une information sur sa vie ou son passé.

Au final, une enquête qui se lit vite et bien avec un petit air de déjà lu, du moins pour une toute petite partie de l’intrigue.