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« Que son règne vienne » est le premier (si je ne dis de bêtises) roman de l’auteur Gilles Milo-Vacéri et également le premier opus de la série consacrée aux enquêtes du Gabriel Gerfaut, expert en tueurs en série…

La plume de l’auteur ainsi que son personnage récurrent, je les ai découverts à travers un court prequel à la série : « Premier sang », un récit censé expliquer les origines des capacités du policier.

Bref, après lecture de ce prequel, je n’étais convaincu ni par la plume de l’auteur ni par son héros.

Aussi, ai-je décidé de retenter ma chance avec le premier roman publié en 2013, afin de me faire un avis plus tranché.

Que son règne vienne :

Décembre 2012, Bretagne.
Un nouveau meurtrier sévit au pays des contes et des sombres légendes, des vents qui malmènent les cœurs et de la brume qui étouffe les âmes. Un meurtrier sans pitié, un meurtrier sacrilège. Un meurtrier qui s’en prend à la source même de la vie : les femmes enceintes. Quatre ont été retrouvées éventrées, le fœtus arraché à leurs entrailles et porté disparu.
Réquisitionné pour diriger cette sordide enquête, le commandant Gabriel Gerfaut de la Brigade Criminelle de Paris se rend à Guingamp pour tenter d’élucider ces crimes. Des crimes odieux qui le mènent bientôt sur la piste d’une mystérieuse confrérie extrêmement puissante qui, murmure-t-on, serait au service du grand Maître de l’Enfer : le Diable lui-même…
Que Son règne vienne est la première enquête du commandant Gabriel Gerfaut.
En Bretagne, des femmes enceintes sont retrouvées, à quelques heures d’intervalle, éventrées et leur bébé a disparu. On envoie alors le commandant Gabriel Gerfaut, spécialiste des tueurs en série, pour épauler la police et la gendarmerie locales…
Que dire de ce roman ?
Déjà que, dès les premières lignes, quelques détails m’agacent.
Bon, que Gerfaut soit beau, charismatique, intelligent, courageux… bref, ça je le savais déjà par l’intermédiaire du prequel que j’avais lu.
Mais, Gerfaut va être épaulé par une jeune flic, Adriana Guivarch qui, vous vous doutez bien, est Bretonne, mais en plus, est forcément belle, charmante…
Que de gens beaux dans les romans… alors qu’ils sont si vilains dans la réalité (la preuve, moi, mais je ne suis pas policier).
Quant au reste ???
Je demeure dubitatif à la fin de ma lecture.
J’ai l’impression que l’auteur, en bon élève qu’il voulait être, a tenté de respecter bien les codes, mais d’une façon gentillette et sans jamais y apporter sa sauce, un peu de sa personnalité.
L’intrigue, déjà.
Pour un premier thriller sanglant, s’appuyer sur une secte satanique est une tentation compréhensible, mais qui annihile l’esprit d’innovation.
D’ailleurs, on comprend très rapidement la motivation se cachant derrière ces meurtres, ce qui gâche un peu le plaisir du lecteur d’autant qu’il a alors de l’avance sur le Grand Gabriel Gerfaut (triple G).
Si l’auteur a le bon goût de ne pas s’engluer dans des descriptions glauques des crimes (il n’est pas donné à tout le monde de s’en sortir avec les mains propres), en contrepartie, il peine à instiller cette angoisse, ce malaise nécessaire à plonger le lecteur dans une telle affaire.
Et quand Gilles Milo-Vacéri arrive à proposer une scène vraiment prenante, comme celle de l’interrogatoire du méchant, l’enthousiasme est immédiatement douché par une autre que le lecteur venait bien trop venir (contrairement au triple G).
On regrettera également les passages concernant l’écrivain spécialiste des mythes bretons, qui, si on y réfléchit, ne sert pas à grand-chose, tant le but des criminels est évident, si ce n’est à prolonger un peu un roman qui, sans cela, n’aurait pas respecté la taille d’un Thriller comme elle se doit d’être dans l’esprit des auteurs et d’une bonne partie des lecteurs qui ont oublié que, comme dans beaucoup d’autres domaines, la taille ne fait rien à l’affaire.
Quant à la conclusion du roman… naïve est le mot qui me vient à l’esprit. Naïve de la part de l’auteur (qui approchait le demi-siècle au moment de l’écriture), et plus encore, de celle de triple G…
Au final, un thriller gentillet, respectant les codes, mais qui ne bouleverse rien, ni le genre, ni lesdits codes et, surtout pas, le lecteur que je suis.