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Jusqu’à présent, dans mon esprit, Pierre Nemours n’évoquait que la rue du même nom sise à Paris et dans laquelle se situe le Théâtre Comédie dans lequel était enregistrée la mythique émission « La Grosse Émission » de la chaîne Comédie de Dominique Farrugia qui, entre 1997 et 2002 révéla notamment la troupe des Robins des Bois, mais également des comédiens tels que Jonathan Lambert, Axelle Lafont, Sören Prévost, Philippe Lelièvre et même Cyril Hanouna (qui était stagiaire sur la chaîne, accessoiriste pour les Robins des Bois et qui, pour les émissions, jouait le rôle du concierge du théâtre dont la spécialité était d’aller faire chier les clients des magasins de la rue, souvent en se promenant à poil)…

Aussi, quand je suis tombé sur « Meurtre en gros plan », signé Pierre Nemours, je me suis dit qu’il était temps de découvrir l’auteur qui avait donné son nom à cette rue…

« Meurtre en gros plan » est un roman publié en 1967 dans la collection « Spécial-Police » des éditions Fleuve Noir et réédité en 2014 en numérique aux éditions « French Pulp »…

Meurtre en gros plan :

Dans le désert andalou, John Baines, metteur en scène hollywoodien réalise un film adapté d’un best-seller français sur la guerre d’Algérie : Le Dernier Point d’Eau. Lors du tournage, l’acteur Richard Falban est exécuté par le peloton d’exécution. Pourquoi assassiner l’acteur principal pendant le tournage du film ? Qui est le coupable du crime parfait déguisé en scène d’action ?
La police espagnole a bien besoin de l’aide du Commissaire Vieljeux pour mener cette enquête au cœur du désert et de l’industrie du cinéma. Mais Vieljeux réussira-t-il à découvrir le meurtrier qui se cache peut-être parmi l’équipe du film ?

L’Andalousie est devenue terre de cinéma, notamment grâce à ses grands espaces désertiques pouvant évoquer, selon les besoins, les plaines du Far West ou le désert Saharien.

Et, justement, une équipe est en train de tourner un film dont l’action est censée se dérouler en Algérie, durant la guerre.

Malheureusement, les rushes de la scène de l’exécution du héros du film, interprétés par la grande vedette, ont été accidentellement endommagés. Il faut alors retourner la scène, au crépuscule.

12 soldats tirent sur le héros attaché au poteau d’exécution. La scène est splendide, l’acteur joue à la perfection… pas étonnant, le comédien ne joue pas, il a réellement été touché d’une balle et est décédé.

Accident ? Probablement. Mais la police espagnole ne parvenant pas à avancer dans cette enquête, elle fait appel au commissaire Vieljeux qui, parlant à la fois la langue du pays et celle (le français) de l’équipe de tournage, aura plus de facilité pour mener les investigations.

Mais très vite, dans l’esprit du policier, l’accident n’est pas concevable. Et si les rushes avaient été volontairement détruits pour obliger l’équipe à retourner la scène fatale ?...

Que dire de ce roman ?

Déjà, que l’intrigue n’est guère originale et que l’on devine assez rapidement le déroulé de l’histoire ainsi que l’identité du principal suspect même si l’auteur nous réserve un rebondissement histoire de complexifier un peu l’ensemble.

Ensuite que l’intérêt principal, au moment de l’écriture, a perdu un peu de son impact au fil du temps.

Effectivement, il semblerait que la volonté première de l’auteur est de décrire un peu l’envers du décor du cinéma, un monde fantasmatique pour les lecteurs des années 1960, mais qui est beaucoup moins mystérieux pour les lecteurs d’aujourd’hui.

Et c’est donc à cela que s’attache l’auteur plus qu’à ses personnages ou à son intrigue.

Une intrigue un peu cousue de fil blanc, d’ailleurs, même si l’auteur nous révèle de petits rebondissements.

Du coup, avec une intrigue un peu légère et des personnages, dont, notamment, le héros, le commissaire Vieljeux, un peu fade, difficile, de nos jours, d’être totalement passionné par un roman qui, sans être mauvais, manque un peu d’intérêt.