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La « Collection Rouge » des éditions Janicot, une collection de fascicules de 32 pages, double colonne, à partir de 1943, proposa aux lecteurs un peu plus de 100 titres…

Dans cette centaine de titres, on retrouve plusieurs personnages récurrents issus de la plume de plusieurs auteurs : Tancrède Ardant de Frédéric Sipline ; commissaire Mazère, commissaire Machard, le détective A.B.C. Mime de Maurice Lambert ; Doum, reporter de Nevers-Séverin… et quelques autres…

Dans le lot, on peut également croiser le détective Paul Duval et le commissaire Barma, parfois ensemble, parfois séparément, deux personnages nés de la plume de Lucien Van Der Haeghe, un auteur sur lequel on ne sait pas grand-chose si ce n’est que ses collaborations avec l’auteur et éditeur Jean de Marchenelles laissent penser qu’il vivait près de Lille.

« Le corbeau gris » est une enquête du détective Paul Duval dans laquelle apparaît brièvement le commissaire Barma.

LE CORBEAU GRIS

Le détective Marcel Joye rend une visite à son vieil ami, le docteur Magniez.

Il trouve celui-ci, mort, dans son laboratoire.

« Arrêt du cœur dû à l’âge », affirme le médecin mandé pour constater le décès.

Pourtant ni Marcel Joye ni la veuve du scientifique ne sont convaincus par cette conclusion.

Dubitatif, l’enquêteur décide de faire appel à un éminent confrère, le célèbre Paul DUVAL, pour le seconder…

Le détective Marcel Joye profite que son assistant soit malade pour rendre visite à son ami Magniez, un vieux docteur scientifique.

Mais, chez lui, la servante ne parvenant pas à le trouver, l’enquêteur finit par le découvrir dans un laboratoire caché, mort, apparemment d’une crise cardiaque, dixit un médecin mandé pour faire les constatations.

Pourtant, malgré l’âge avancé de son ami, le détective Joye n’est pas convaincu par l’aspect naturel de la mort, aussi, en accord avec la veuve, il décide de mener son enquête et, pour y voir plus clair. Mais, devant la tâche, il va faire appel à son confrère le détective Paul Duval.

Quand ce dernier commence ses interrogatoires, la veuve change alors d’avis et coupe court aux investigations, mais Paul Duval n’est pas du genre à abandonner si facilement.

On retrouve donc ici le détective Paul Duval même s’il n’est pas l’enquêteur liminaire.

On peut également croiser, vers la fin, le commissaire Barma.

Que dire de ce titre ?

Déjà, qu’il est curieux que l’auteur fasse appel à un détective tiers, alors que ce personnage aurait tout aussi bien pu être remplacé directement par Barma.

Ensuite, que l’intrigue est plus que bancale et que les indices censés faire avancer l’enquête sont un peu trop facilement trouvés pour que cela soit crédible.

Enfin, on peut se demander pourquoi le coupable, qui a trouvé une méthode indétectable (sauf pour Duval) pour assassiner Magniez, va s’embêter à empoisonner sa seconde victime au lieu d’utiliser le même procédé.

Certes, on sait que le format fasciculaire n’est pas propice à développer une intrigue digne de ce nom. Les à peine plus de 9000 mots du texte sont évidemment insuffisant pour cette tâche. Mais, malgré tout, sans demander une intrigue ciselée et haletante, j’aurai apprécié que celle-ci tienne un peu plus debout, du moins, que le coupable laisse un peu moins en évidence des preuves contre lui.

Malgré tout, le texte n’est pas déplaisant à lire.

Au final, même s’il souffre un peu trop des défauts de son format, « Le corbeau gris » s’avère un titre agréable à lire, mais moins intéressant que certaines enquêtes précédentes du personnage.