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Chacun ses tares, chacun ses malédictions !

Moi, je suis un rigolo !

Que voulez-vous, cet adjectif sonne plutôt sympathiquement aux oreilles du quidam, mais dans la vie de tous les jours, voilà un état de fait difficile à assumer.

Si difficile que cela ? Non, pas vraiment, mais en tous cas, un trait de caractère qui pose des soucis… surtout lorsque l’on veut être sérieux.

Sérieux, je ne le suis. Jamais, en aucun cas, dans aucune circonstance, ou presque.

J’aime la gaudriole, l’humour, la plaisanterie, la galéjade, les calembours et autres joyeusetés qui rendent la vie moins triste.

Je ne peux m’empêcher de tout tourner à la dérision, la vie, la mort, ma mort, celle de mes proches… encore plus celles des personnes que je ne connais pas.

Le boulot ? Pfff, trop chiant de passer un tiers de sa vie à bosser si on n’aime pas son travail (heureusement, moi, j’adore le mien).

La famille ? Se retrouver à deux pour gérer des soucis que l’on n’aurait pas si l’on était seul ? Bon, je suis un peu masochiste, donc…

Des enfants ? Des petits moi, c’est-à-dire des échantillons de casse bonbons, jamais contents, jamais satisfaits, toujours à discuter les ordres, les conseils, et qui, en plus, chient et pissent dans leurs couches, vous mettant en face de ce qu’il vous arrivera à vous dans quelques années, mais sans avoir une bouille trognonne… et qui, en plus, vous coûtent les deux bras parce que, maintenant, un gamin, ça veut des smartphones, des consoles, des télés hd, des abonnements à tout un tas de trucs et des fringues de marques pour faire comme leurs petits copains qui, en plus, prennent exemple sur eux ???

Non merci. La vie est trop courte et trop sérieuse quand on a trop de responsabilités.

Moi, je déteste les responsabilités, je ne suis pas sérieux, je suis un rigolo.

La preuve, même quand j’ambitionne d’écrire un roman « sérieux », avec un sujet « sérieux » et des personnages « sérieux », ça finit toujours par partir en sucette et à plonger dans l’humour, même quand cela ne devrait pas, surtout quand cela ne devrait pas.

Dernière expérience en date (les premières ne sont jamais parues… trop sérieuses) : « Détective par intérim ».

« Détective par intérim » est né d’une volonté d’écrire enfin un vrai Thriller, sombre.

Quoi de mieux, dans le genre, qu’une intrigue mêlant assassinats, politique, complot, mystère, dangers...

Comment faire plus sérieux qu’en s’inspirant d’un vrai drame qui excite encore les médias des décennies après son déroulement ?

En m’appuyant sur cette pierre liminaire, il me fallait tisser une intrigue qui tienne la route tout en proposant son lot de suspens.

Quand on est habitué à écrire des conneries, à ce que vos personnages déjantés vous dictent leurs actions et l’avancement de l’histoire dans laquelle ils sont plongés, il est alors délicat d’imaginer un scénario de toutes pièces et indépendant des caractères de vos héros.

Cela m’a pris du temps.

Beaucoup de temps.

Plus que d’habitude.

Car, quand tu écris des bêtises, tu peux te permettre d’avoir un scénario un peu tiré par les cheveux. Personne ne viendra dire qu’un détail cloche dans un roman humoristique déjanté.

Mais, dans un thriller, un seul indice bancal et tout est discrédité. Et, comme ce genre de roman nécessite que le lecteur croie à l’histoire…

Bref.

J’ai donc pris mon temps pour imaginer et mettre en place le scénario dans ses moindres détails.

Oui, je sais, rien d’extraordinaire, c’est le lot de tous les écrivains de romans à suspens.

Sûrement.

Mais eux sont habitués à prendre le temps de poser une intrigue.

Rebref.

Certains ont dû me prendre pour un fou à me voir tourner en rond, dans le sable de bord de plage, à ruminer, faire des gestes, en cherchant à emboîter les pièces de mon intrigue, à en trouver des qui s’insèrent avec d’autres, à fignoler tout cela.

Car, oui, je ne pense jamais mes histoires devant ma table, mon ordinateur, mon cahier…

Non, moi, c’est quand je marche, quand je me promène, quand je fais autre chose, des choses à l’apparence normale, mais, surtout, à l’apparence d’autre activité que celle de composer un scénario.

Du coup, mes réactions ne sont pas toujours en adéquation avec mon apparente activité.

Et, quand tu as d’autres réactions que celles attendues, tu passes facilement pour un fou.

Bon.

Je suis fou.

Je m’y suis fait.

Je suis fou et j’aime ça.

Pas la folie furieuse, pas même la folie douce, juste ma folie. Ne cherchez pas, je suis le seul à l’avoir, celle-là… et cela me va parfaitement.

Donc, des gens ont dû me prendre pour un fou alors qu’ils m’ont pris pour moi sans savoir que j’étais fou.

Mais je m’éloigne du sujet.

Comme toujours, quand je veux faire sérieux, je délire.

C’est un peu ce qui s’est passé avec ce roman.

Un roman sérieux qui part un peu dans le délire, mais comme je suis conscient de ma folie, j’ai pu lui conserver les apparences de la normalité, sa folie est ailleurs.

Déjà, dans l’inspiration de base.

Créer un personnage actuel qui serait inspiré d’un autre vieux d’un siècle… il faut être un peu perturbé… ou bien adorer la littérature populaire d’antan (les deux dans mon cas).

Ensuite, l’intrigue…

La thèse du « livre tueur » n’existe que dans les films d’horreur bas de gamme.

Pourtant, je n’ai pas hésité à surfer sur ce thème, mais, rassurez-vous, le livre, tout comme les armes à feu, ne tue pas… ce sont ceux qui s’en servent qui assassinent.

Donc, mon sujet est sérieux, mon personnage est sérieux, et l’histoire dans son ensemble est sérieuse… alors, qu’a-t-il bien pu se passer en cours de route ?

Je ne saurais vous dire.

Chassez le naturel et il reviendra toujours au galop.

Chassez ma folie et elle reviendra toujours en courant.

Mon héros en a fait les frais, cette fois, et, s’il devait mener son aventure avec panache, il le fit, finalement, avec humour qui est souvent la politesse du désespoir. Sauf que je ne suis pas poli, je demeure grossier, comme une pierre non taillée.

Du coup, je me retrouve avec un roman à part, un roman sérieux qui ne l’est pas. Un roman humoristique qui ne l’est pas plus. Un thriller politique qui a des airs d’autre chose tout en étant un thriller politique… mais avec de l’humour… et du désespoir.

Bref.

Le meilleur moyen de se faire un avis sur un roman étant de le lire, je vous invite donc à découvrir ce roman en l’achetant – car toute peine mérite salaire – mais, rassurez-vous, comme je ne cours pas plus après la célébrité que la richesse, je ne vous en voudrais pas si vous le piratez (seule votre conscience vous jugera de retirer le pain de la bouche d’un écrivain qui en mange beaucoup). Mais, au moins, je vous demanderais de prendre le temps d’écrire ce que vous avez pensé de votre lecture, soit sur votre blogue, Twitter, Instagram, Facebook, soit sur un site de lecture (Babelio, Booknode...), soit, en commentaire, ici.

Mais, comme je fais en sorte que le prix de mes livres soit accessible, je préférerais que vous l’achetiez… nombreux… très nombreux… au moins cela m’encouragera à écrire des romans plus sérieux…