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Si vous lisez toutes mes chroniques, ce qui est une preuve de bon goût, vous dirais-je, ou de masochisme littéraire, vous assureront certains, vous devez connaître l’écrivain Henry Musnik (1895-1957), un auteur de littérature fasciculaire dont l’immense production abreuva de nombreuses collections policières ou aventures de divers éditeurs. Il usa pour cela de très nombreux pseudonymes tels Claude Ascain, Alain Martial, Pierre Olasso, Jean Daye, Pierre Dennys, Gérard Dixe…

Effectivement, je vous ai déjà parlé d’un nombre considérable de ses récits appartenant aux séries « Inspecteur Gaspin », « Yves Michelot, détective », « Robert Lacelle, gentleman cambrioleur », « Jack Desly », « Daniel Marsant contre le Grand Maître » ou, encore « Mandragore »…

Désormais, je m’intéresse à une autre série (du moins, aux fascicules mettant en scène un autre personnage récurrent), « Michel Vaudreuil ».

Le personnage de Michel Vaudreuil apparaît pour la première fois en 1937 dans la collection de fascicules de 64 pages « Police » des éditions Ferenczi.

Jusqu’en 1940, il vivra 28 aventures dans cette collection dont une partie sera rééditée dans la collection « Police et Mystère 2e série » du même éditeur, dans les années 1950.

Michel Vaudreuil est un jeune homme de 26 ans, fils de bonne famille, aisé, élégant, intelligent, beau, courageux, mais qui s’ennuie dans son travail de bureau à l’usine paternelle.

Après avoir rencontré, dans le premier épisode, un ami de régiment qui lui a proposé d’intégrer le service de contre-espionnage français, Michel Vaudreuil est devenu un espion prometteur…

« Le document introuvable » est le second épisode de la série.

LE DOCUMENT INTROUVABLE

Michel VAUDREUIL, un agent du contre-espionnage français, est chargé de retrouver les plans volés d’un avion révolutionnaire.

Les soupçons de son supérieur, le capitaine Lhomet, se portent sur un riche homme d’affaires étranger, Samuel Rodofir. D’après lui, le document doit se trouver en sa possession en attendant qu’il puisse, sans risque, le faire passer à une puissance ennemie.

La mission de Michel VAUDREUIL est de profiter de sa position dans le Grand Monde pour approcher Samuel Rodofir.

Le hasard ne tarde pas à mettre la belle Madame Rodofir sur sa route…

Michel Vaudreuil a une nouvelle mission : retrouver les plans d’un avion révolutionnaire que des espions étrangers ont volés. Ceux-ci n’ayant pu sortir de France grâce à une surveillance drastique, le capitaine Lhomet est persuadé qu’ils se trouvent encore dans le pays, probablement dans le coffre d’un homme d’affaires dénommé Samuel Rodofir.

Michel Vaudreuil est chargé d’approcher Rodofir pour mettre la main sur les plans avant que ceux-ci passent à l’étranger.

Alors qu’il est au volant de sa voiture, son véhicule est accroché par une limousine de luxe, celle appartenant à Samuel Rodofir et dans laquelle se trouve sa charmante épouse. Une occasion rêvée d’être introduit dans les aîtres de sa proie…

Henry Musnik, sous le pseudonyme d’Alain Martial, dans le fascicule original (Claude Ascain, dans la réédition numérique) nous livre un nouveau récit d’espionnage dans lequel Michel Vaudreuil va avoir forte partie pour retrouver un document introuvable…

Dans ce récit de 19 000 mots, l’auteur utilise la chance pour permettre à son personnage d’avancer dans sa mission (et aussi de se sortir des moments difficiles), comme il le fit avec ses autres héros récurrents et comme il est habituel dans le format fasciculaire où la concision oblige les auteurs et les personnages à aller souvent droit au but.

On pourra reprocher ces coïncidences, mais elles sont le lot de tous les récits policiers de ce format et voire même de formats bien plus longs.

Le personnage de Michel Vaudreuil est dans la lignée des héros Musnikien, c’est-à-dire courageux, charmant, intelligent, intègre… un peu lisse, donc.

Malheureusement, contrairement à certaines séries où la platitude du héros est contrebalancée par certains traits de caractères d’un partenaire (Nan-Dhuoc chez Jack Desly, par exemple), ici, Vaudreuil travaillant seul, le lecteur n’a pas d’aspérités auxquelles s’accrocher. Dommage.

Pas de note d’humour, non plus, comme pouvait en apporter toujours Nan-Dhuoc.

Du coup, le récit est à l’image de son héros, sympathique, mais manquant cruellement si ce n’est d’originalité, du moins d’un petit quelque chose pour le démarquer un peu.

Dommage.

Pour ce qui est de l’intrigue, on ne s’étonnera pas qu’elle soit linéaire (époque et format obligent) et qu’elle se compose principalement d’action et d’aventures.

Pour le reste, on se retrouve face aux défauts inhérents à ce genre de littérature : des méchants trop bavards, la chance comme principale alliée du héros, le gentil qui gagne toujours à la fin…

Au final, un récit plaisant à lire, mais loin d’être original, on ne peut pas tout avoir dans le monde du fascicule…