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« L’esprit d’Hoëdic » ou l’histoire d’un flic dépaysé deux fois !

Rémi Devallière est un auteur parisien né en 1951 déraciné dès sa jeunesse pour se retrouver en Bretagne où il mènera une carrière de médecin.

À la retraite, il se lance dans l’écriture et, en 2015 paraît son premier roman : « L’esprit d’Hoëdic », l’histoire d’un flic marseillais en poste à Paris et qui va se rendre sur l’île d’Hoëdic, au sud de Vannes, pour enquêter sur la mort d’un ancien supérieur parti depuis longtemps à la retraite, sur l’île, et qui l’avait appelé quelques jours auparavant pour lui demander de passer quelques jours près de lui et évoquant une ancienne affaire non résolue.

M’intéressant, ces derniers mois, aux polars bretons et aux catalogues de feues les éditions Alain Bargain et des éditions du Palémon, je tente de découvrir des auteurs à travers des séries policières.

Mon choix s’est donc tout naturellement porté sur « L’esprit d’Hoëdic », premier épisode des aventures du commissaire Anconi (il en existe une dizaine).

L’esprit d’Hoëdic :

Rien ne destinait Anconi, un commissaire parisien, à découvrir Hoëdic. Nous sommes en 1976 et il reçoit un appel téléphonique étrange de son ancien directeur, en retraite dans cette île isolée du Morbihan. Quelques jours plus tard, il en apprend le décès par noyade. Suicide ? Accident ? Meurtre ? Il décide de s’y rendre avec son fidèle inspecteur Lefebvre. Des disparitions déconcertantes, une enquête difficile l’attendent dans un monde insulaire un peu rude.

Ce policier humaniste à l’accent marseillais, parfois un peu effronté, saura-t-il comprendre l’esprit d’Hoëdic et dénouer les fils de l’histoire ? Découvrez la première enquête du commissaire Anconi !

Le commissaire Anconi, marseillais, pure souche, avec la verve, l’accent et les expressions du cru, est en poste à Paris. Il vit avec sa femme peintre sur une péniche arrimée en bord de Seine.

Un jour, il reçoit un coup de fil de son ancien directeur parti à la retraite dix ans auparavant, qui lui propose de venir passer quelques jours sur l’île d’Hoëdic où il s’est installé après l’arrêt de sa carrière.

Celui-ci évoque également une ancienne affaire irrésolue, vieille de dix ans, la mystérieuse disparition d’un couple et de son enfant…

Bizarre, Anconi n’avait pas gardé de liens avec son supérieur. Le fait qu’il l’appelle, ainsi, au bout de dix ans, pour lui parler d’un vieux dossier, le perturbe.

Mais la vie continue… jusqu’à ce qu’Anconi apprenne la mort de son ancien directeur, apparemment tombé de sa barque lors d’une pêche en mer.

Intrigué, mais aussi un peu honteux de ne pas avoir répondu à l’invitation de la victime, il décide de partir sur Hoëdic pour en savoir plus. Il demande à son bras droit, l’inspecteur Lefebvre, qui était chargé de la vieille affaire et qui continue régulièrement à y penser, de le suivre officieusement.

Mais les habitants de Hoëdic ne sont pas très bavards. Difficile d’enquêter quand personne n’ose parler…

On découvre donc dans ce premier épisode le personnage du commissaire Anconi, un Marseillais avec l’accent, la bonhomie, et les expressions de chez lui…

La première chose qui surprend, à la lecture de ce roman, c’est la volonté de l’auteur de placer son intrigue quatre décennies dans le passé (l’histoire se déroule en 1975-1976).

Je suis toujours étonné d’un tel choix (sauf quand il est justifié par quelque chose) d’autant qu’à chaque fois je ne peux m’empêcher de penser aux écueils des anachronismes auxquels l’auteur va être confronté.

Généralement, en cours de lecture, je bloque souvent sur des détails (objets, expressions, chansons, livres, films) cités, me demandant s’ils existaient déjà à l’époque.

Pas ici. Probablement parce que l’auteur a la bonne idée de ne pas trop faire de références datées et que, de toute façon, l’île de Hoëdic, dans le roman, est un peu un monde à part...

La seconde chose qui frappe le lecteur (frapper est un mot fort) est le style de l’auteur qui n’hésite pas, fait étonnant pour un premier roman, à instiller une véritable ambiance en imposant le climat, les éléments géographiques ou météorologiques, comme un personnage à part entière.

Toute proportion gardée, on retrouve un peu de Simenon, dans la plume de Rémi Devallière, notamment dans sa capacité à mettre en place une atmosphère particulière et à tenir le lecteur en prenant son temps.

Le personnage du commissaire Anconi est plutôt attachant même s’il n’est pas super original. Sa bonhomie, ses expressions, son accent, amplifient l’empathie que le lecteur ressent pour lui.

Sa relation avec son subordonné Lefèbvre le rend également sympathique.

Reste alors l’intrigue.

Qu’en est-il ?

Hé bien, sans être une intrigue de haute voltige, l’histoire du roman n’est pas inintéressante même si on se demande la raison pour laquelle l’ancien directeur d’Anconi fait tant de mystère autour de ce qui l’intrigue et parle par énigmes (au téléphone, via une vidéo) à son ancien subordonné plutôt que de lui annoncer clairement ses doutes.

Malgré cela, l’histoire, en reliant l’une des faces les plus sombres de notre passé à l’enquête en cours, est plutôt agréable à suivre et nous réserve quelques rebondissements bien sentis…

Au final, ce premier épisode des enquêtes du commissaire Anconi est une bonne surprise. La preuve, je plonge immédiatement dans la seconde enquête du personnage.