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À force de vous parler de l’écrivain Henry Musnik (c’est la 88e fois), peut-être allez vous enfin savoir qui était cet auteur de littérature fasciculaire du siècle dernier qui, bien que né au Chili en 1895, fut l’un des principaux pourvoyeurs de la littérature populaire entre 1930 et sa mort en 1957 (je sais, je me répète, mais, 88 présentations d’un même auteur…)

Henry Musnik, sous de nombreux pseudonymes (Pierre Olasso, Pierre Dennys, Alain Martial, Claude Ascain, Gérard Dixe, Jean Day… et bien d’autres), fut l’auteur de très très nombreux fascicules de 32 ou 64 pages (mais aussi de contes, de nouvelles, de romans, d’articles) principalement orientés vers les genres policiers et aventures (bien qu’il écrivit aussi pour la jeunesse)…

On ne compte plus les titres de l’auteur pas plus que ses pseudonymes et, comme pour Frédéric Dard, nombre de pseudonymes lui sont souvent accordés d’un premier élan…

Pour développer autant de récits, Henry Musnik n’hésita pas à faire vivre énormément de personnages récurrents souvent inspirés de héros de la littérature populaire tels Arsène Lupin, Maigret ou Fantômas…

Son clone de Fantômas se nomme le Grand Maître, j’en ai déjà parlé (une fois pour chaque titre de la série). Ce dernier avait pour ennemi l’agent du Deuxième Bureau Daniel Marsant.

Mais, Daniel Marsant ne fut pas le seul membre du 2e Bureau à naître sous la plume de Henry Musnik.

Non, Michel Vaudreuil est un autre agent du même service à devoir sa carrière à l’auteur.

Effectivement entre 1937 et 1940, dans la collection policière de fascicules de 64 pages « Police » des éditions Ferenczi, on retrouve, parmi les près de 400 titres de la collection, 28 titres signés Alain Martial et mettant en scène ce personnage.

Une partie de ces titres seront réédités dans les années 50 dans une autre collection de fascicules de 64 pages du même éditeur : « Police et Mystère - 2e série ».

« La Brigade Noire » est la 4e aventure de Michel Vaudreuil.

LA BRIGADE NOIRE

Michel VAUDREUIL, le meilleur agent secret du Deuxième Bureau, est envoyé en Hongrie afin de mettre un terme aux activités d’une cellule terroriste nommée la « Brigade Noire ».

Celle-ci désire s’attaquer à un souverain étranger lors de sa visite en France.

Mais, au bout de quelques jours, Michel VAUDREUIL prévient l’ambassadeur de France qu’il retourne à Paris toutes affaires cessantes…

Comment Michel VAUDREUIL baisserait-il les bras devant l’énormité de sa tâche ? Ce serait mal le connaître.

Parfois, pour avancer, il faut savoir reculer pour mieux sauter…

Michel Vaudreuil, agent du Deuxième Bureau, est en Hongrie pour démanteler une cellule terroriste : La Brigade Noire. Celle-ci a des affiliés partout en Europe et envisage de commettre un attentat en France lors de la visite officielle d’un souverain étranger.

Mais, après quelques jours, Vaudreuil prévient l’ambassadeur de France à Budapest qu’il retourne à Paris où d’autres affaires l’attendent.

Étrange, Michel Vaudreuil n’est pas du genre à abandonner facilement et, quand il accepte une mission, il fait tout pour la remplir du mieux possible.

Et si son départ n’était qu’un prétexte pour mieux revenir ???

On retrouve donc Michel Vaudreuil pour une nouvelle mission faite d’action, d’aventures, de maquillages, de faux semblants, de vols, d’espionnage, de documents, d’espions étrangers et j’en passe et des meilleurs.

Bref, autant dire que ce récit s’inscrit dans la droite ligne des précédents et ne se démarque pas beaucoup de ceux de la série « Daniel Marsant contre le Grand Maître », ce qui est logique puisque même genre littéraire, même format et même auteur. Juste, le Grand Méchant est moins charismatique et insaisissable que celui de cette série.

Si je ne semble pas spécialement emballé, c’est juste que je préfère les récits policiers à ceux d’espionnage, question de goût. Ce qui ne m’empêche pas, parfois, de me plonger dans ce genre comme en attestent mes chroniques sur les deux séries de l’auteur citées ou bien sur « Thérèse Arnaud, espionne Française » de Pierre Yrondy…

On retrouve ici la construction narrative chère à l’auteur (et à d’autres dans ce format) qui consiste, principalement, à expliquer toute la résolution de la mission (ou de l’enquête pour le genre policier) dans un ultime chapitre, par le biais d’une conversation-explication entre le héros et son chef ou un ami, ou un quelconque protagoniste de l’histoire.

Cette méthode permet de gagner de la place en ne révélant pas tout au fur et à mesure et en ne le faisant qu’à la fin d’une manière bien plus concise.

La révélation finale est malheureusement prévisible et le lecteur avait depuis longtemps compris le subterfuge. En même temps, le héros est forcément le héros et il gagne toujours à la fin donc, pas de surprise…

Au final, un petit récit d’espionnage et d’aventures dans la lignée des précédents de la série et dans le style, plumitif et narratif de son auteur.