LC10

Paul Dargens, de son vrai nom Paul Salmon (1884-1965), est un auteur de littérature populaire qui œuvra beaucoup dans le monde du fascicule jeunesse, aventures et policier, sous divers pseudonymes (Paul Dargens, Paul Darcy, Robert Navailles).

Il participe grandement à l’une des toutes premières collections fasciculaires policières, « Le Roman Policier » des éditions Ferenczi, une collection de fascicules de 32 pages née en 1916.

À partir de 1920 et pendant trois années, il proposera près de 25 titres dans cette collection, tous mettant en scène un même personnage, celui du millionnaire Luc Hardy, devenu détective par goût de l’aventure et de la Justice…

La plupart de ces titres seront réédités, dans les années 1930, dans la collection de fascicules de 64 pages « Police et Mystère » des mêmes éditions Ferenczi.

« La fontaine de Neptune » est la dixième enquête de Luc Hardy. Elle est parue en 1922 et a été rééditée en 1934.

LA FONTAINE DE NEPTUNE

Employé dans une bijouterie, Henri Malet est chargé, par son patron, de se rendre à Trouville avec une mallette contenant des joyaux de prix afin de les proposer à un richissime Hollandais qui doit prochainement quitter le pays.

Le jeune homme compte effectuer l’aller-retour en train dans la journée, comme il l’a confié à Suzette, sa bien-aimée.

Mais le lendemain, le commis a disparu sans donner de nouvelles et le Batave assure ne pas avoir reçu la visite de celui-ci. Il est alors activement recherché par la police.

Persuadée de l’innocence de son fiancé, Suzette fait appel au célèbre détective Luc HARDY pour retrouver son promis et arrêter le véritable coupable…

Un employé d’une bijouterie est envoyé par son patron dans la villa d’un riche Hollandais à Trouville avec des joyaux à lui montrer. Celui-ci désire acheter de belles pièces pour offrir à un mariage auquel il doit très prochainement se rendre en Angleterre.

Mais l’employé disparaît, avec les bijoux et le Hollandais assure au bijoutier et à la police qu’il n’a pas vu le jeune homme…

La fiancée de celui-ci, persuadée qu’il est arrivé quelque chose à son grand amour, fait appel au détective Luc Hardy pour enquêter…

On retrouve donc le détective Luc Hardy dans une dixième aventure.

On le retrouve même plutôt tardivement puisqu’il n’apparaît qu’à la moitié du récit pour mener une enquête relativement (très) concise.

La première partie du texte est donc consacrée aux pérégrinations de l’employé de bijouterie avant qu’il ne disparaisse.

À partir du moment où Luc Hardy intervient, on pourrait penser alors que le style se dirigera plus vers le genre policier, mais, comme tout texte du format et de l’époque, le lecteur et les personnages seront plutôt confrontés à un récit policier d’aventures, la part enquête étant quasi inexistante pour laisser la place à la poursuite du ou des coupables.

Pas grave ; les amateurs de ce format savent à quoi s’attendre.

Pour autant, l’intrigue est d’autant moins passionnante que j’ai l’impression de l’avoir rencontré de nombreuses fois.

Effectivement, l’employé de bijouterie chargé de voyager avec des joyaux pour les présenter à un riche acheteur et qui se fait cambrioler en cours de route, voilà qui n’est pas une idée nouvelle dans le monde du fascicule policier.

Cependant, il ne faudrait pas oublier que, publié en 1922, « La fontaine de Neptune » pourrait faire figure de précurseur, mais ce serait oublié les aventures de Martin Numa qui, dès 1907, démarrent sur une intrigue un peu ressemblante.

Pas grave, encore une fois, car on ne s’intéresse pas à ce format de textes dans l’espoir de rencontrer des histoires incroyables et originales.

Paul Dargens se contente alors de proposer une lecture agréable en continuant à décrire plus les personnages subalternes que son héros qui, lui, demeure dans le flou.

Pour le reste, un texte qui s’inscrit dans le genre et le format de son époque.

Au final, une petite enquête qui se lit sans déplaisir, mais sans pour autant passionner.