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Je vous ai déjà tant parlé de José Moselli (1882-1941) que je trouve aberrant de devoir encore vous le présenter, si tant est que ce n’était pas déjà incroyable d’avoir à vous en parler tant cet écrivain mérite, par l’immensité de sa production et les générations de jeunes lecteurs qu’il a envoûtés par ses récits, d’être connu de tous de nos jours comme il le fut au début du siècle dernier…

José Moselli, sous son nom ou différents pseudonymes, dont Jack Mahan, écrivit un nombre incroyable de récits d’aventures (fantastiques ou policiers) tous destinés aux magazines jeunesse des éditions Offenstadt à partir de 1909.

La plupart de ces textes étaient développés sous forme de feuilleton s’étalant, bien souvent accompagné d’illustrations, sur une page ou deux par magazine hebdomadaire. Ainsi, pour lire la totalité des aventures de son héros préféré, il fallait parfois patienter plus d’une dizaine d’années.

José Moselli s’est inspiré de sa jeunesse mouvementée (il s’engagea comme mousse sur un bateau dès l’âge de 13 ans) pour nourrir sa plume et proposer à ses lecteurs des aventures rocambolesques à travers le globe leur permettant ainsi de découvrir des contrées lointaines et exotiques et leurs populations…

José Moselli a développé de nombreux personnages de policiers ou de détectives.

Depuis le très jeune Jean Flair jusqu’à Ralph Gorse (dans l’excellent roman « La Momie Rouge », en passant par M. Dupont, Iko Terouka ou encore le duo formé par Césaire Rabascasse et Tom Browning.

C’est bien évidemment de ces derniers dont il est question aujourd’hui à travers l’affaire de « Le fou de la cellule 22 » la 12e enquête du gascon et de l’américain, une fable non pas de Jean de la Fontaine, mais de José Moselli.

Pour rappel, la série « Browning et C° » est parue entre 1922 et 1935 dans le magazine « Cri-Cri ».

LE FOU DE LA CELLULE 22

Deux cent mille livres sterling d’or ont été mystérieusement dérobées à l’usine de la South Egyptian Trading C° à Assiout, Haute-Égypte.

M. Wilson, le directeur de l’établissement lésé, fait appel aux célèbres détectives Tom BROWNING et Césaire RABASCASSE pour retrouver son bien.

Après une courte enquête, les partenaires en arrivent à soupçonner John Morrell, un ingénieur américain.

Cependant, RABASCASSE commence à douter de la culpabilité de celui-ci quand les preuves contre le suspect s’accumulent un peu trop facilement…

La South Egyptian Trading C° d’Assiout en Haute-Égypte a été cambriolée. Un gros tas d’or a disparu, sans que les coffres n’aient été forcés. À part M. Wilson, le propriétaire des lieux, seul M. Benatar avait les clés. Mais celui-ci a été assommé durant le cambriolage et, sous la force du coup reçu, est devenu fou et interné dans un asile psychiatrique.

M. Wilson, après l’échec des différentes enquêtes, fait appel à Rabascasse et Browning dans l’espoir de retrouver son or…

On retrouve donc le duo en Égypte pour résoudre un étrange cambriolage.

Dans cette petite enquête de 16 500 mots, José Moselli reprend les ingrédients usuels de sa série, avec une enquête propice à faire découvrir un peu un pays exotique tout en offrant quelques aventures pittoresques à ses personnages.

Cependant, ici, l’intrigue n’offre pas beaucoup de rebondissements ni d’action, les deux enquêteurs se contentant de mener leurs investigations chacun de son côté [comme d’habitude].

Pour une fois, les détectives vont traverser presque tranquillement leur enquête, sans trop risquer leurs vies [quoique] et, surtout, sans que Tom Browning ne se jette bêtement dans la gueule du loup en attendant que Rabascasse vienne le sauver [bien au contraire].

Une petite enquête plaisante à lire bien que manquant un peu d’épices, mais la courte taille du texte permet à l’ensemble de ne pas souffrir de temps morts.

Au final, une petite enquête quelque peu dénuée d’actions et de dangers, mais qui se lit plaisamment tout de même.