Échec à l'aventure
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Je sais, je me répète, mais il est important, voire vital, que vous sachiez, que vous compreniez, que vous enregistriez, que j'adore la plume de J.A. Flanigham.
Mais qui est ce J.A. Flanigham, me demanderont ceux qui ne suivent pas mes critiques de livres ? (les autres ne pouvant l'ignorer puisque j'ai évoqué cet auteur plus d'une cinquantaine de fois déjà.)
Eh bien, je ne sais pas qui est J.A. Flanigham. En effet, J.A. Flanigham n'est désormais plus qu'un pseudonyme derrière lequel on ne sait et on ne saura probablement jamais qui se cache.
On sait que la période d'activité de ce pseudonyme s'étale entre 1945 et 1959, qu'il était doué d'une belle plume, qu'il affectionnait tout particulièrement le roman noir à l'américaine (du moins celui-ci l'inspira-t-il fortement) et que, éventuellement, il aurait d'autres pseudonymes (mais cette assertion vient du fait que d'autres pseudonymes mystérieux partageaient la même collection que lui aux éditions du Moulin Vert).
Ce que l'on sait surtout, c'est qu'il mit en scène plusieurs personnages récurrents dont, les membres de l'Agence de détectives Garnier, Dick et Betty Reutel, un couple d'aventuriers anglais et, surtout, Bill Disley, un journaliste anglais, et son garde du corps, cuisinière, etc. Jeff, un ancien boxeur pro et pickpocket.
Ce duo (qui se transforme souvent en trio quand intervient l'inspecteur Martin de Scotland Yard), apparaît plus d'une cinquantaine de fois, tout d'abord dans des fascicules de 16 pages, dès 1946, fascicules réédités par la suite sous la forme de fascicules de 32 pages, puis, à travers deux séries dédiées, « Les aventures de Bill Disley », comprenant 12 titres de 128 pages et « Les nouvelles aventures de Bill Disley », comprenant 12 ou 13 titres de 128 pages également.
« Échec à l'aventure » est le 6e titre de la collection « Les aventures de Bill Disley », paru en 1952, et comme plusieurs titres de cette collection, il est une réécriture allongée d'une des aventures de Bill Disley publiée en fascicules de 32 pages.
Ici, c'est « L'insaisissable M. John », la 26e et avant-dernière aventure courte de Bill Disley, qui sert de base à ce roman.
ÉCHEC À L’AVENTURE
Depuis quelque temps, l'Angleterre est bouleversée – et amusée – par les exploits sensationnels d’un moderne aventurier.
John-le-Balafré, malgré les efforts de la police et de la presse – en l'occurrence Bill DISLEY – reste mystérieux et inconnu.
Jusqu'au jour où le ponctuel, méticuleux et un peu ridicule Herbert Meurisse, fondé de pouvoir de la plus grande joaillerie londonienne, est compromis dans une bien étrange histoire.
Sur un rythme hallucinant se déroule alors une série d'aventures invraisemblables, et les modernes gangsters sont aux prises avec l'implacable, ancestrale et solennelle magie des Indes, sous la forme d'une secte de fanatiques qui sont venus se mêler à la vie européenne pour déjouer un plan politique.
Deux visages de femmes, aussi dissemblables que possible, prêtent leur grâce et leur mystère à cette étrange aventure.
Dans la trame sombre d'une aventure sourde, Dolly Matthews apporte la luminosité d'une âme fraîche et confiante, alors que Sheila, perfide, insaisissable, mais néanmoins émouvante, s'efforcera de gagner une bien étrange partie...
Tranquille fondé de pouvoir dans une importante bijouterie, Herbert Meurisse ne rêve que d'aventures, lui qui mène une vie si rangée et si calme.
Aussi, quand il s'éprend de sa jeune et nouvelle secrétaire, après un repas où elle lui avoue avoir toujours rêvé de faste et de luxe, lui propose-t-il d'aller dans son bureau pour voler les bijoux de son employeur.
Sur place, alors qu'il ouvre le coffre-fort, un rire retentit.
La secrétaire est retrouvée chloroformée dans le bureau, le fondé de pouvoir a disparu, du sang est retrouvé.
La police ne tarde pas à mettre les faits sur le dos de John-le-Balafré, un mystérieux cambrioleur qui sévit à Londres depuis quelque temps.
Bill Disley, le célèbre reporter qui vient tout juste de faire publier un article sur l'insaisissable John, va s'intéresser à l'affaire et, surtout, à la secrétaire...
Tout comme je viens de mettre le résumé que j'avais mis pour " L'insaisissable Monsieur John ", je pourrai reprendre ma critique de l'époque presque point pour point si ce n'est qu'au lieu d'avoir du plaisir sur une dizaine de milliers de mots, cette fois-ci, celui-ci s'étend sur plus de 30 000 mots.
L'intrigue est donc un peu plus étoffée, rendant ce récit d'autant plus intéressant.
En effet, on y retrouve les points forts du petit fascicule (les personnages, la plume de l'auteur, l'humour) en y ajoutant une intrigue un peu plus construite et qui maintient l'intérêt du lecteur beaucoup plus longtemps.
De toute façon, ne cherchez pas, je n'ai, jusqu'à présent, jamais lu un mauvais texte de J.A. Flanigham (et je ne pense pas en lire) alors que j'ai déjà dévoré plus 70 récits de l'auteur à ce jour (et il m'en reste encore à découvrir).
Au final, un récit dans la veine des aventures de Bill Disley, de l'humour, une plume savoureuse, des personnages attachants (surtout Jeff). Que demander de mieux ?
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