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27 juillet 2025

Le Club des Trois - L'or du Barima

En littérature populaire, il est un auteur dont je vous ai déjà parlé à de nombreuses reprises : José Moselli.

Si je vous en ai tant parlé, c'est déjà que sa production fut immense. À tel point que je ne sais même pas si j'arriverai un jour à lire tout ce qu'il a écrit... d'autant que sa production a tendance à lentement disparaître du fait qu'elle date (entre 1909 et 1940) et qu'elle fut destinée uniquement à des magazines et que, pour lire les séries et les romans-feuilletons de l'auteur, il faut réunir des dizaines, des centaines de magazines dont le support papier peine à résister aux affres du temps.

Ensuite, c'est aussi parce qu'au moins une partie de sa production est très agréable à lire (je parle en priorité des feuilletons policiers d'aventures, ceux sur lesquels je me suis concentré jusqu'à présent.).

Enfin, parce qu'il est l'auteur d'un de mes romans policiers préférés : « La momie rouge » un excellent roman policier d'aventures qui rivalise en termes de suspens, de rebondissements, avec les meilleurs thrillers récents.

Bref, l'inspiration de José Moselli (1882-1941) fut nourrie par sa jeunesse mouvementée puisqu'à 16 ans, il fugue de chez lui pour s'engager comme mousse sur un navire. Il bourlingua à travers le globe, mais son esprit indépendant le fit déserter.

C'est en rentrant au pays qu'il est traduit en conseil de discipline durant lequel les juges feront preuve de clémence, ce qui permettra à José Moselli, par la suite, de devenir Officier de la Marine marchande.

Au bout d'un moment, José Moselli se lasse de naviguer et accepte un boulot de journaliste à la rubrique " actualité maritime ".

Écrivant en parallèle des contes et des nouvelles, il entrera en contact avec les éditions Offenstadt qu'il ne quittera plus, réservant l'entièreté de son immense production aux différents magazines de l'éditeur.

Si c'est généralement pour ses récits d'anticipations que José Moselli est encore connu de certains lecteurs, c'est pourtant bien dans les genres policiers et aventures que l'auteur œuvra principalement.

On retiendra, bien évidemment, sa série sur " John Strobbins ", un cambrioleur qui se situe entre Arthur J. Raffles et Arsène Lupin (pour grossir le trait), mais l'auteur développa un grand nombre de personnages dont les détectives Iko Terouka, Browning et Rascasse, M. Dupont...

Ce dernier personnage partage trois caractéristiques avec ceux dont je suis venu vous parler aujourd'hui.

1) C'est un personnage développé en fin de carrière.

2) C'est un personnage qui eut une courte carrière (seulement 6 épisodes)

3) C'est un personnage qui disparut avec le magazine qui publiait ses aventures (Le Cri-Cri).

En effet, « Le Club des Trois », composé de Charles Montfort, Jack Spring et Ah-Mao, apparut et disparut à peu près à la même époque que M. Dupont (1935-1937).

« Le Club des Trois » ne vécut que trois aventures.

« Le Club des Trois » disparut avec le magazine qui publiait ses aventures (Le Petit Illustré).

Bref, " L'or du Barima " est le premier épisode de la série, il nous présente les personnages et nous conte leur première enquête.

L'or du Barima :

Charles Montfort, un rentier londonien à la vie insouciante, voit son existence basculer lorsqu'il apprend qu'il est soudainement et complètement ruiné. Pour regagner sa fortune et assouvir sa passion pour les enquêtes policières, il accepte une mission que la police et les agences de détectives privées les plus renommées ont désertée : retrouver quatre millions de livres sterling en lingots d'or mystérieusement disparus du vapeur britannique Barima.

Aidé de son fidèle valet Ah-Mao et de son dévoué chauffeur Jack Spring, Montfort se lance dans une course contre la montre. Il découvre rapidement que les voleurs de l'or ne sont pas de simples malfrats, mais une organisation puissante, rusée et d'une férocité implacable, prête à tout pour garder son secret. Entre filatures, menaces voilées et tentatives d'assassinat, Charles Montfort parviendra-t-il à déjouer leurs plans et à retrouver l'or du Barima avant l'échéance fatale de la compagnie d'assurances ?

Plongez dans un thriller haletant où le courage et l'ingéniosité d'un amateur éclairé se mesurent au crime organisé, au cœur des bas-fonds de Londres.

Charles Montfort mène une vie heureuse de rentier, en compagnie de son fidèle valet de chambre chinois Ah-Mao et son chauffeur aborigène australien Jack Spring... quand il apprend que toute sa fortune qu'il avait placée auprès d'un banquier a été dilapidée par ce dernier qui s'est ensuite suicidé.

Désormais pauvre, il reçoit la visite d'un ami agent d'assurance qui vient lui demander de plaider sa cause auprès d'un célèbre détective qu'il connaît pour retrouver la cargaison d'or qui a été volée à bord du vapeur le « Barima ». Il n'a que quelques jours avant de devoir rembourser la cargaison que son entreprise avait assurée.

Le célèbre détective venant de décéder brutalement, Charles Montfort propose de s'occuper de l'enquête, lui qui a toujours été attiré par les choses de police.

Aidé par son valet et son chauffeur, il va se lancer sur la piste des voleurs au péril de leurs vies.

On retrouve dans cette première aventure tout ce qui fait le sel des récits écrits par José Moselli.

Déjà, un certain dépaysement (même si cette aventure se déroule en Angleterre).

Ensuite, des personnages cosmopolites (ici un Anglais fait équipe avec un Chinois et un Aborigène australien).

Enfin, de l'action, du suspens, de multiples rebondissements, du danger... du rythme.

Car, de ce dernier point de vue, " L'or du Barima " est à rapprocher de ce que je considère comme son chef-d'œuvre : " La momie rouge ".

Après une brève introduction pour présenter les personnages et les plonger dans le bain, Moselli ne laisse aucun répit à ses héros ni à ses lecteurs.

Les événements s'enchaînent, l'auteur alterne les récits des actions de chaque membre du trio, n'hésitant pas à en laisser un dans une situation périlleuse pour aller s'occuper d'un autre, laissant et ledit personnage et le lecteur dans une certaine attente frustrante, ou bien terminant chaque livraison (la part du récit destiné à un numéro de magazine, obligeant le lecteur de l'époque à attendre la semaine suivante pour connaître la suite) sur un cliffhanger (une situation dramatique, dangereuse, en pleine action).

José Moselli maîtrise à la perfection le découpage de ses séries, à tel point que, dans certains cas (" La momie rouge ", par exemple) cela frise le machiavélisme voire le sadisme de laisser le lecteur dans une telle attente.

J'ai apprécié que, pour une fois, l'un des personnages principaux soit un Aborigène australien (même s'il est traité comme les noirs africains de la littérature de l'époque) et, surtout, que l'auteur nous propose un trio là où d'habitude, il se contentait d'un héros solitaire (Iko Terouka) ou d'un duo (M. Dupont et Koufo ; Browning et Rascasse...)

Au final, un récit mosellien mettant en scène des personnages moselliens, un récit d'aventures policières agréable, rythmé, plein de rebondissements. Un très bon moment de lecture.

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