Les martiens de Marseille
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Voilà bien longtemps que j'ai quitté le chemin balisé des romans policiers à succès pour découvrir des auteurs oubliés de jadis...
Mais parfois, le jadis n'est pas si lointain et les auteurs oubliés ne sont pas si oubliés que cela.
Bref, mon but principal dans mes lectures, en plus du plaisir, est de découvrir des auteurs, des plumes, des personnages.
Aussi, même si j'aime un auteur, son style et ses personnages (je peux en citer beaucoup), je finis toujours par les délaisser pour en découvrir d'autres (je ne peux pas tout lire, il me faut choisir).
Et dans cette quête permanente de découverte, je saute de roman en roman, telle une puce, de chien en chien.
Bref, la découverte du jour ne date pas du siècle dernier (mais pas loin) puisqu'il s'agit de Maurice Gouiran, un auteur autour duquel je tournais déjà depuis un certain temps, attendant de tomber sur le bon livre pour le découvrir.
C'est chose faite avec " Les martiens de Marseille ", un roman publié en 2003.
Pourquoi celui-ci et pas un autre ?
Parce qu'il s'agit d'un des premiers romans écrits par l'auteur.
Parce qu'il s'agit d'un roman mettant en scène un personnage récurrent : Clovis Narigou.
Parce qu'il s'agit de la première aventure de ce Clovis Narigou.
Parce que Marseille.
Parce que le titre.
Parce que les OVNIs...
Les martiens de Marseille:
Des Ovnis peints sur des tableaux de la Renaissance italienne... ? Des soucoupes volantes gravées sur des fresques égyptiennes...
Quand Clovis Narigou, quadra désenchanté en rupture de ban, reconverti éleveur de chèvres dans les collines de Marseille, se retrouve insidieusement embarqué dans cette histoire, il est loin d'imaginer que les " Martiens " sont peut-être la clé de cette épidémie de macchabées qui jalonnent sa route. Du lycée Thiers, aux fouilles d'Abydos en Égypte, de Venise au World Trade Center, du Caire à l'île de Batz, Clovis, délaisse le " Beau Bar " et ses philosophes de comptoir, pour se lancer aveuglément à la poursuite de... mais de qui au fait ?
Clovis Narigou est un ancien journaliste qui, pour se mettre à l'écart du monde, a décidé de s'exiler sur une colline de Marseille pour y élever une vieille race de chèvres...
Mais, quand le père de la petite amie de son fils, un commandant des sapeurs-pompiers, est retrouvé mort dans un incendie... deux balles dans le corps... des balles provenant d'un pistolet expérimental des agents du FBI... il promet à la jeune fille de découvrir pourquoi son père est mort et qui l'a tué...
Bon, Maurice Gouiran, né en 1946, est un pur marseillais.
Il fut un informaticien qui s'occupait de la gestion des feux de forêt...
Aussi, rien d'étonnant que ce roman se déroule à Marseille et qu'il débute par de forts incendies autour de la ville.
Un homme qu'il connaissait, et qui est le père de la petite amie de son fils, est retrouvé mort dans un incendie, tué de deux balles... provenant d'un pistolet expérimental d'un agent du FBI.
Et tout cela va le mener vers un groupe d'amateurs d'OVNIS (les fameux " Martiens de Marseille ")...
Voilà un bon mélange promettant de belles surprises d'autant que les personnages vont se promener un peu partout en France et dans le monde...
L'intrigue cherche à s'inscrire dans son époque en abordant divers sujets que je ne dévoilerai pas ici.
Gouiran met en scène un personnage en apparence loin des archétypes du genre. Je dis en apparence, car, si on se penche un peu plus sur le personnage, on découvre un " détective " plutôt classique : appréciant les femmes et l'alcool.
Mais on peut au moins apprécier le fait que les femmes, ici (enfin, la femme) n'est pas une bimbo, mais plus une quinquagénaire, si charmante soit-elle.
Il faut reconnaître que le style de l'auteur est déjà affirmé, et, surtout, qu'il entre dans un cadre que j'apprécie tout particulièrement : une narration à la première personne de la part du héros, un langage parlé et plutôt populaire...
On y retrouve des expressions marseillaises, ce qui renforce le côté terroir.
Si l'auteur est dit " engagé " dans ses romans, ici, cet engagement passe au second plan même si l'auteur ne s'empêche pas quelques réflexions sur la Société...
Quant à l'intrigue, si elle peine à tenir la route quand on la considère dans son ensemble, elle permet tout de même de proposer une histoire rythmée, avec des révélations, même si on devine assez rapidement la raison de cette vague de meurtres.
Si ce premier opus de la saga n'est pas totalement convaincant, il s'avère suffisamment intéressant et abouti pour donner envie de découvrir plus en profondeur le personnage de Clovis Narigou, en lisant " La porte des Orients perdus ", ce que je vais m'empresser de faire.
Au final, un roman plaisant qui augure d'une bonne série, avec un personnage qui pourrait devenir attachant...
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