L'automate à la trompette
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Si notre littérature populaire fut foisonnante, elle ne cessa, pour combler l'avidité des lecteurs, de plonger dans ses consœurs anglo-saxonnes, allemandes, hollandaises... pour y chercher des personnages et faire traduire certaines de leurs aventures pour les proposer au public.
Bien évidemment, Sherlock Holmes est le plus célèbre de ses héros importés, mais très bientôt suivirent des Nick Carter, Nat Pinkerton, Buffalo Bill, Harry Dickson... jusqu'à des Ethel King et, le héros du jour : John C. Raffles, alias Lord Lister, alias le Mystérieux Inconnu.
J'ai très peu à dire sur cette série.
Elle semble avoir été créée par deux auteurs allemands, Kurt Matull et Theo Blankesee en 1908.
Elle fut publiée par l'éditeur Eichler (celui qui publia les aventures de Nick Carter en Europe) puis par les éditions Sobelli, qui rachetèrent le catalogue d'Eichler.
En France, au moins 90 titres sont parus (probablement au début des années 1920) sur les 110 de la série allemande, mais bien plus sont parus en Belgique, au Danemark ou en Hollande (où de nouvelles aventures furent écrites pour alimenter la série).
Bref, Lord Lister, du moins par son véritable nom et sa profession, est indéniablement inspiré par Arthur J. Raffles, le personnage de cambrioleur créé par Ernest William Hornung (beau-frère de Conan Doyle), celui-là même qui inspira Arsène Lupin à Maurice Leblanc.
Le titre du jour « L'automate à la trompette » est le n° 71 de la série rééditée par Sobelli.
L'automate à la trompette :
John C. Raffles, gentleman cambrioleur et lord désargenté, conçoit un plan d'une audace folle pour renflouer ses finances. Son coup de maître : infiltrer la prochaine Exposition Internationale d'instruments de Musique automatiques.
Sous le déguisement de l'inventeur John Selfar, Raffles présente l'« automate à la trompette », une prétendue merveille capable de s'accorder au « courant magnétique » des personnes.
Mais l'exposition est dirigée par son plus grand adversaire, l'Inspecteur James Baxter, chef de Scotland Yard. Raffles et son secrétaire Charly réussiront-ils à berner la police londonienne tout en exécutant leur complexe supercherie ?
Entre génie mécanique et danger permanent, l'aventure ne fait que commencer.
Lord Lister s'ennuie chez lui. En plus, les finances sont au plus bas. Du coup, il décide d'allier l'utile à l'agréable afin de s'amuser et renflouer les caisses en montant une arnaque et humilier une nouvelle fois son ennemi juré l'inspecteur Baxter. Son projet, faire croire à l'invention d'un automate joueur de trompette pour participer à une exposition...
Autant le dire tout de suite, si ce genre de série ne navigue pas dans les hautes sphères de la littérature, les aventures de Lord Lister (du moins cet épisode-ci), sont encore en dessous, qualitativement, de cette paralittérature.
En effet, il faut avouer tout de suite que l'intrigue même de cet épisode souffre du siècle qui est passé depuis son écriture.
Le sujet même de l'automate qui pouvait sembler révolutionnaire pour l'époque et donc a minima crédible, devient désormais risible...
Risible, c'est bien le mot, car tout prête à rire dans cet épisode.
Depuis l'intrigue, à l'écriture en passant par les dialogues... notamment ceux entre Baxter et son adjoint qui se fout ouvertement de sa...
Et c'est principalement cette relation qui est mise en avant dans l'épisode, rendant l'ensemble encore plus simplet, peut-être drôle (même s'il m'en faut un peu plus), mais certainement pas réellement plaisant.
Car l'humour dans ce genre de récit peut être indéniablement un plus (je pense, par exemple, aux aventures de Jack Desly) à condition que celui-ci (l'humour) soit dosé et non omniprésent. À condition, également, qu'il ne soit pas toujours empreint de sarcasmes et de railleries...
Bon, bref.
Avec une intrigue qui est devenue ridicule aux yeux des lecteurs d'aujourd'hui, une plume plate, un humour railleur et trop présent au détriment de l'histoire, des personnages manichéens et peu développés... « L'automate à la trompette » ne fera pas partie des pépites de la littérature populaire que l'on peut découvrir en nombre en plongeant dans les méandres de la paralittérature de l'époque.
Au final, un épisode (une série ?) qui mise plus sur l'humour et la moquerie que sur son intrigue, son style ou ses personnages.
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