Quimper sur le Gril
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Pour ceux qui ne me connaissent pas (ils sont beaucoup trop nombreux), je dois préciser que je ne lis que du roman policier et que je privilégie les romans mettant en scène des personnages récurrents, des auteurs francophones et que je ne boude jamais des textes du début du siècle dernier (bien au contraire).
Enfin, ma plus grande passion est de découvrir des auteurs, des plumes, des personnages. Aussi, même quand je découvre un triptyque (auteur, plume, personnage) qui m'enthousiasme, j'évite de trop m'étendre dessus (deux ou trois épisodes, au plus) avant de partir à la recherche d'une nouvelle pépite.
Mais, cette quête est souvent jalonnée de déception.
Ce fut le cas de ma précédente lecture, un roman auquel je reprochais, entre autres, une plume un peu fade, un héros cliché de vieux bourru accompagné d'une partenaire forcément jeune, sexy et attirante, des dialogues plats...
Je refermais assez rapidement le bouquin, car j'en ai tant d'autres à découvrir que je n'ai pas de temps à perdre.
Je jetais alors mon dévolu sur le titre du jour : « Quimper sur le gril » un roman qui alliait, sur le papier, plusieurs de mes critères : un auteur que je ne connaissais pas : Bernard Larhant ; la première aventure d'un personnage récurrent : le capitaine Paul Capitaine ; et, ce qui ne gâche rien, un polar terroir issu de feu les éditions Alain Bargain...
Bernard Larhant, né en 1955, est, entre autres, créateur de jeux de mots (mots croisés, mots fléchés...) qui s'est reconverti après la cinquantaine dans l'écriture de romans.
« Quimper sur le Gril », sorti en 2009, est son deuxième roman, mais son premier roman policier, premier d'une série qui a vu son 24e épisode sortir cette année...
Quimper sur le Gril :
Suite à une sanction disciplinaire, le capitaine Paul Capitaine, membre de la Cellule-Élysée, est expédié à Quimper, sa ville natale. Le retour aux sources n'est pas de tout repos. Il se heurte aussitôt à son supérieur qui lui ordonne de bâcler une enquête sur la mort de squatters dans un incendie... Seulement, Paul Capitaine est breton et, plus on veut lui cacher une vérité, plus il met d'énergie à la révéler ! Ses investigations lui attirent beaucoup d'ennuis et d'inimitiés, mais aussi des soutiens, parfois inattendus. De moments dramatiques en instants cocasses, son expérience et son humour lui permettent de se tirer de mauvais pas, parfois sur le fil du rasoir. Plus l'enquête avance, plus un étau mystérieux se resserre sur lui et ceux qui l'ont aidé...
Le capitaine Paul Capitaine, suite à des problèmes avec sa hiérarchie, est muté temporairement à Quimper, sa ville natale qu'il a quittée 30 ans auparavant.
Sur place, il devra œuvrer sous les ordres d'un sale con et faire équipe avec une jeune stagiaire d'origine polonaise.
Sa première mission est de clore rapidement un incendie involontaire d'un squat dans lequel sont morts trois SDF. Rapidement, Paul Capitaine émet des doutes quant à l'aspect involontaire de l'incendie. Il va devoir mener son enquête en douce pour ne pas froisser son supérieur ainsi que des personnalités de la région...
Bon, le hasard n'étant pas toujours un bienfaiteur, voilà que je retrouve dans ce roman beaucoup d'éléments qui m'avaient poussé à abandonner ma précédente lecture...
Le héros mature et bourru qui va devoir faire équipe avec une jeune partenaire sexy... bon, c'est un cliché de la littérature policière, je pouvais passer dessus si le reste était à la hauteur...
Avec une narration à la première personne, l'auteur pouvait me séduire, car c'est une narration que j'apprécie tout particulièrement et qui permet à la fois de manier l'humour, la poésie, et qui incite à des passages plus intimistes permettant de s'attacher au narrateur...
Encore faut-il que la plume soit à la hauteur...
Et c'est là que le bât blesse avec ce début de roman (je dis " début ", car j'ai abandonné ma lecture au premier tiers du bouquin).
En effet, si la plume narrative n'est pas extraordinaire, elle n'aurait pas été rébarbative à elle seule...
Malheureusement, les dialogues... houla !... sont assez pathétiques (le mot est peut-être, sûrement, trop fort).
Tant dans le fond que dans la forme, ces instants de dialogues sont lourds, indigestes et m'ont fait sortir de mes gonds.
Car non seulement, en tant que tels, ils sonnent faux, mais en plus, les réactions et les propos, dans ces dialogues, des divers protagonistes, sont du grand n'importe quoi.
Entre un stagiaire en extase devant son partenaire, mais qui change d'attitude à la moindre occasion, ledit partenaire qui, lui aussi, varie...
Et personne n'est épargné par ce cataclysme. Je vous passe sur le chef de Paul Capitaine qui est un gros con machiste et xénophobe totalement cliché, de son adjoint lèche-cul qui rit à toutes ses blagues salaces (encore un cliché), des autres membres de l'équipe qui s'écrasent tous pour des raisons différentes (qui offrent un bon panel de clichés là encore)...
De plus, ce qui m'a gêné, c'est que le type, cela fait trente ans qu'il n'a pas mis les pieds à Quimper, qu'il n'a revu aucune de ses connaissances de l'époque, mais tout le monde se reconnaît... De l'amour de jeunesse - à la rigueur - en passant par le SDF avec barbe et tignasse que Paul Capitaine reconnaît de loin alors qu'il avait quitté un jeune homme imberbe... tout cela alors que, moi, je serais totalement infoutu de reconnaître qui que ce soit de ma jeunesse... cela m'a fait un peu l'effet d'être dans un roman de Science Fiction.
Bref, on évitera de parler de l'intrigue (du début d'intrigue, tout du moins) à base d'incendie volontaire d'un immeuble pour pouvoir le racheter dans un but immobilier (encore un cliché) et donc une affaire mêlant à la fois le petit banditisme et les notables (clichés).
Je passerai également sur le fait que le type débarque 30 ans plus tard et, bien sûr, retombe sur son amour de jeunesse qui, bien sûr, est divorcée et avec laquelle, bien sûr, il va recoucher...
Et j'en ai sûrement loupé encore plein dans les autres deux tiers du roman, mais, que voulez-vous, un autre bouquin m'attend qui, je l'espère, sera meilleur que ceux de mes deux précédentes lectures.
Au final, un roman qui ne séduit ni par les personnages, ni par l'intrigue, ni par la plume et encore moins par les dialogues...
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