Les aventures de Philo Gubb
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Dans ma recherche continuelle de personnages récurrents de la littérature populaire policière du début du siècle dernier et de la fin du précédent, j'hésite de moins en moins à me plonger dans les textes d'auteurs anglophones...
Non pas que j'ai fait le tour de ce que les auteurs francophones ont pu produire (j'ai probablement encore de nombreuses découvertes à faire), mais il faut bien avouer que les littératures américaine et anglaise abritent de très très nombreux personnages tous plus intéressants les uns que les autres.
Le second atout de nos amis anglophones, c'était leur propension à se plonger dans les récits très courts.
Chez nous, exceptés les contes pour les magazines, le format le plus court usuel était le fascicule de 32 pages contenant un texte d'environ 10 000 mots (une heure de lecture environ).
Mais nos amis américains et anglais, pour abreuver les magazines (dont le Strand en Angleterre), écrivaient souvent des textes d'environ 5 000 mots (soit une demi-heure de lecture).
Dans cette catégorie, on peut retrouver par exemple, Lady Molly d'Emma Orczy, en Angleterre ou La Machine à Penser, de Jacques Futrelle, aux États-Unis.
Dans notre paralittérature, cependant, un détective récurrent eut du succès à travers des textes courts, voire très courts : Loufock Holmes, une parodie déjantée du célèbre Sherlock Holmes, un personnage né de la folle imagination de Cami (Pierre Henry Cami).
Mais les Américains ne furent pas en reste en la matière puisqu'en 1910, Ellis Parker Butler (1869-1937), créa principalement pour le magazine " The Red Book ", le personnage de Philo Gubb, un peintre, poseur de papier peint qui se forma au métier de détective grâce à des cours par correspondance.
Philo Gubb, qui se dit alors " Détektif ", voue un culte sans borne à ses manuels et applique leurs règles sans réfléchir.
Cette application à la lettre, doublée d'un esprit simple, font de Philo Gubb un personnage comique, antithèse parfaite du célèbre Sherlock Holmes et en fait en cela le maillon manquant entre le détective anglais et l'enquêteur loufoque du français Cami.
Mais si Philo Gubb a une logique toute personnelle, des conclusions bancales, des conclusions extravagantes, sa bonne étoile fait qu'il arrive toujours ou presque à triompher... dans l'enquête qu'il mène ou dans une autre qu'il ignorait totalement.
Bref, Philo Gubb est un enquêteur gaffeur fort sympathique qu'il est bon de découvrir ou redécouvrir, car il provoque toujours le sourire.
Dire combien d'aventures vécut Philo Gubb est bien difficile.
Cependant, j'en ai décompté une cinquantaine dont 16 ou 17 furent rééditées dans un recueil, « Philo Gubb, Correspondence School Detective » en 1918.
On trouve ensuite trace d'épisodes dans divers magazines jusqu'en 1933.
Les aventures de Philo Gubb :
Philo Gubb n’est pas un détective comme les autres. Diplômé par correspondance et tapissier le reste du temps, il aborde chaque énigme, armé d’une logique improbable, d’un sérieux inébranlable et d’un manuel d’enquête aussi approximatif que sacré.
À Riverbank, Iowa, ses concitoyens oscillent entre scepticisme, tendresse et franche perplexité, tandis que Philo avance, trébuche, déduit… et finit, malgré tout, par résoudre les affaires les plus incongrues.
Ellis Parker Butler signe ici une parodie brillante du roman policier naissant, où l’humour, l’absurde et la naïveté se mêlent avec une élégance réjouissante.
Philo Gubb est le chaînon manquant entre le Sherlock Holmes de Conan Doyle et le Loufock Holmes de Pierre Henri Cami : un détective à la fois sérieux et loufoque, méthodique et désarmant, dont les enquêtes sont aussi savoureuses que surprenantes.
Une redécouverte savoureuse d’une pépite de l’humour américain du début du XXᵉ siècle.
Philo Gubb est donc un poseur de papiers peints qui aspire à devenir détective et, pour cela, il va suivre des cours par correspondance.
Dès lors, il va suivre à la lettre et bêtement les leçons et de ses manuels, ce qui va provoquer toute une série de quiproquos.
Honnête, droit, mais un peu limité dans ses réflexions, Philo Gubb va donc provoquer divers sentiments chez les autres.
Entre ceux qui ne vont se laisser influencer que par ses succès et le consulter et ceux qui vont tenter de se moquer ou se jouer de lui, Philo Gubb va sans cesse naviguer sur un fil tel un funambule... sans jamais pour autant tomber... sauf sur la bonne solution à son enquête... ou la bonne solution à une autre enquête.
Si les intrigues loufoques sont indépendantes les unes des autres, l'auteur donne tout de même une continuité dans la série, une sorte de fil rouge, qui va relier les épisodes entre eux.
Très vite, ce fil rouge se nommera Syrilla, la Femme Obèse d'un cirque ambulant dont le jeune détective va tomber éperdument amoureux.
Syrilla reviendra donc d'épisode en épisode, soit en présentiel soit de manière épistolaire à travers de courts télégrammes...
Bref, les aventures de Philo Gubb sont à la fois plaisantes à lire et amusantes, l'auteur ne cessant de mettre son personnage dans les situations les plus cocasses possible.
C'est léger, c'est drôle, la naïveté du héros est à la fois amusante et touchante et l'auteur sait alterner entre comique de situation et comique de dialogue. C'est court, cela se lit sans se prendre la tête et on prend plaisir à suivre les aventures de ce personnage à la fois original et très positif.
Au final, une lecture fort agréable qui donnera le sourire aux lecteurs grâce à un personnage dont tout le monde (sauf le lecteur) se moque alors qu'il finit toujours par réussir.
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